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 Argumenter autour d'un idéal [PV Cassidy]

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Anthony E. Stark
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MessageSujet: Argumenter autour d'un idéal [PV Cassidy]   Jeu 20 Juin - 22:06

Face à la porte de Cassidy McKey, le trentenaire non-voyant hésita. Son costume en lin d'un blanc nacré jurait quelque-peu avec les teintes plus chaudes et sombres des alentours, mais il ne s'en souciait pas vraiment. En revanche, le fait qu'il soit en train d'abattre son dernier atout dans l'affaire McKey père et fils lui mettait un rien la pression. Son cœur pulsait des dizaines de litres de sang à la minute, battant si fort que l'on devait l'entendre dans tout le quartier. Le col de sa chemise d'un bleu azur lui serrait le cou, sous la veste de son costume, comme si elle tentait de le stranguler pour l'empêcher de toquer à la porte de la fille de son client.

* Enfin... Client... *

Brian McKey n'avait jamais expressément demandé à Mathew de le représenter devant une cour de justice. Lors de la double arrestation de son fils et lui, près d'un an auparavant, ce mutant capable de générer des éclairs avait usé de son appel téléphonique pour jeter une bouteille à la mer. Se fondant sur la réputation du juriste roux, connu pour avoir défendu plusieurs super-héros new-yorkais dans des dossiers fortement médiatisés, Brian avait pressé Matt de faire remonter son cas à l'institut Xavier, le havre de tranquillité offert aux jeunes mutants refusant d'avoir à choisir un camp dans la guerre civile. L'aveugle, lucide quant aux limites de l'influence des X-men, promit de faire son possible. À cette époque, il n'officiait qu'en tant qu'avocat, son alter-égo ayant disparu de la circulation. Tenant parole, il se tourna d'abord vers l'école fondée par Charles Xavier, où, sans surprise, on lui rétorqua que des mutants infortunés comme les McKey, l'institut en découvrait chaque jour des dizaines dans le journal, et bataillait pour obtenir la libération de chacune et chacune d'entre eux. Naturellement, le processus était long, rempli d'obstacles et nécessitait une approche au cas par cas. En d'autres termes : ce qui arrivait aux mutants arrêtés par le SHIELD était dommage, on condamnait la ligne suivie par le gouvernement dans cette histoire, mais rien ne pourrait être fait avant des mois, voire des années.

Prenant fait et cause pour ceux qui croyaient tant en l'institut, maître Murdock profita de son statut d'homme de loi pour récupérer une copie du dossier, et en étudier l'intégralité. Les premiers mois, son temps libre servit à traquer le moindre petit manquement à la procédure juridique, la moindre incartade pouvant permettre d'obtenir une libération fusse-t-elle conditionnelle. Après plusieurs relectures infructueuses, le garçon de Hell's Kitchen abdiqua, reconnaissant que le SHIELD n'avait commis aucune erreur lors de l'arrestation. Ne se décourageant pas, il explora alors toutes les pistes possibles, tel l'avocat du Diable, déversant son ressentiment à l'égard de la loi sur le recensement dans ses heures supplémentaires. C'est en creusant dans toutes les directions qu'il constata le lien de parenté évident entre les deux suspects appréhendés et l'un des agents présent lors de l'opération. Cassidy McKey. La propre fille de Brian McKey. Certes, rien dans le code pénal n'interdisait à un agent d'arrêter l'un des membres de sa famille, mais s'il y avait bien un des responsables de l'emprisonnement des deux mutants que l'on pourrait faire changer d'avis, c'était clairement Cassidy. Partagé par la reprise des activité du diable rouge et son travail de jour, le non-voyant fut contraint de reporter à plus tard sa rencontre avec celle sur laquelle reposait l'intégralité des espoirs de l'acrobate sans peurs.


* Et nous y voici... Il va falloir se montrer convaincant. Je n'ai quasiment rien appris sur elle lors de mes recherches, si ce n'est une médaille d'argent en compétition durant ses années de lycée... *

Sa canne ramenée contre lui, le trentenaire ferma un poing et frappa plusieurs fois à la porte. Les ondes sonores lui dévoilèrent fugacement l'intérieur de l'habitation, confirmant au juriste que l'ex-agent du SHIELD se trouvait bien chez elle actuellement. Afin de ne pas la prendre au dépourvu, il préféra se présenter tout de suite, déclarant d'une voix forte, pour être entendu depuis l'intérieur :

« Mademoiselle McKey ? Mathew Murdock, avocat au barreau de New-York. J'aurais quelques questions à vous poser. »
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MessageSujet: Re: Argumenter autour d'un idéal [PV Cassidy]   Ven 21 Juin - 10:45

Mon appartement se trouvait dans le haut d'un immeuble d'un quartier aisé de New York. Ce n'était pas un de ses luxueux lofts de Central Park, mais quelque chose de tout à fait correct. J'y étais parfaitement à mon aise en tous cas. L'ensemble du salon, cuisine et salle de bain était décoré très sobrement. Les couleurs dominantes étaient blanc, noir et le gris de l'acier de petits objets de décorations et de la majorité de l'équipement ménager. Le salon était couvert d'un carrelage sombre, figurant quelques nervures pour imiter le marbre. Un canapé et un fauteuil faisaient face à l'écran plat fixé au mur, une petite table basse en acier et verre les séparaient. Un tapis blanc s'étendait aux pieds du mobilier. L'endroit me plaisait, c'était mon nid et je m'y sentais bien. Au contraire du peu d'invités que j'avais. Les gens se sentaitent mal à l'aise en général. Ils trouvaient l'endroit trop froid et oppressant. Les couleurs étaient pour eux déprimantes.

Je me trouvais dans la cuisine au moment où l'on frappa à ma porte. Un verre était posé devant moi et je venais de sortir une bouteille de vin que j'allais déguster. C'était mon jour de repos, je ne portais donc qu'un simple Jean, et un débardeur blanc. Je n'avais pas pris la peine de me maquiller et mes cheveux étaient simplement tirés en arrière. Je fronçais les sourcils et déposait la bouteille sur le comptoir qui séparait ma cuisine de mon salon. Je ne recevais jamais de visites habituellement. Les gens ne venaient me voir que quand ils avaient besoin de moi. Je m'approchais d'un pas léger de la porte quand une voix retentie de l'autre côté. J'observais curieuse à travers l'oeilleton et aperçus un homme brun-roux avec des lunettes de soleil.
Joli visage pour un avocat!

Je me regardait rapidement dans un miroir proche pour voir si j'étais un minimum présentable et je me décidais enfin à ouvrir la porte. Je fus quelque peu prise au dépourvu par l'allure de ce trentenaire. Je n'avais pas remarqué la canne au premier coup d'oeil. Comment ce type a pu trouver mon domicile sans être accompagné? Il a due tourner pendant des heures...Je me permis de prendre un instant pour le détailler. Il avait une certaine allure dans son costume et il était plutôt mignon. Il me dépassait également d'une bonne dizaine de centimètres, c'était assez rare de trouver des gens plus grands que moi. Je m'accordais un sourire:
"Bonjour! heum...oui, oui bien sûr entrez..."

Alors que je m'écartais pour le laisser passer quelque chose tritura mon esprit. Son visage m'était familié. Je pensais l'avoir déjà vue quelque part mais où? Impossible de m'en souvenir. Je le laissais faire quelques pas puis je refermais la porte derrière lui. Je fis le dépassais et je vins me placer près de mon fauteuil. Je ne savais trop que faire ou dire, je ne souhaitais surtout pas froisser cet homme. Une certaine nervosité imbécile me gagna:
"Monsieur Murdock venez vous assoire je vous en prie!"
Je m'installais moi-même dans mon canapé, me frottant les mains l'une contre l'autre, penchée en avant. S'il avait pu me voir, il aurait pu lire ma curiosité sur mon visage. Je gardais mon sourire:
"J'ai l'impression de vous avoir déjà vue quelque part? On s'est déjà rencontrés? Vous êtes passé à la télé? Ho et puis ce n'est pas très important! Vous disiez avoir des questions, que puis-je faire pour vous?"
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Anthony E. Stark
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MessageSujet: Re: Argumenter autour d'un idéal [PV Cassidy]   Mar 25 Juin - 16:21

Pour Matt, l'ouverture de la porte de l'appartement de Cassidy fut un véritable festival sensoriel. Des effluves de propreté, de pierre froide et de cuir l'assaillirent, de même que les odeurs de l'actuelle occupante, ainsi que le parfum plus discret du raisin fermenté, agrémenté d'alcool. Les sons se propageant plus facilement une fois la voie libérée, son sens radar pu lui rendre une représentation plus précise de l'intérieur de ce logement rarement visité, le mobilier se détachant en négatif dans son cerveau. Revenant à son interlocutrice, Mathew distingua le son feutré de lèvres qui s'étiraient pour afficher un sourire, ainsi que celui d'un cœur battant légèrement plus vite. De l'attirance... Ou de l'embarras.

* Sans doute de l'embarras. * Choisit-il de croire, réagissant à l'invitation formulée par la jeune femme en faisant doucement glisser sa canne sur le sol pour se guider dans un environnement inconnu.


« Merci bien. » Déclara l'avocat non-voyant en souriant dans le vide, entrant d'un pas hésitant en produisant un cliquetis régulier sur le sol carrelé.

« Est-ce que vous voudriez bien m'indiquer où m'asseoir ? J'ai voulu faire le malin en ne prenant pas l'ascenseur pour monter jusque chez vous, mais il faut bien avouer que... Je me suis légèrement surestimé. »

Demeurant sagement à sa place, le visiteur roux devina que Cassidy poussait la porte, le battant propulsant un courant d'air plus frais sur sa nuque. Le claquement de la chambranle confirma son impression. La maîtresse des lieux, conformément à la prière de Matt, le précéda dans l'appartement, le son de ses pas décroissant traçant comme une ligne imaginaire pour le trentenaire en costume, qui mémorisa approximativement par où passer pour n'entrer en collision avec aucun obstacle. Prévenante, Cassidy eut même la bonne idée de l'appeler depuis l'endroit où se trouvait un siège, telle une balise sonore dans l'obscurité. Se fiant à son ouïe, Mathew s'élança franchement, confiant dans sa capacité à reproduire l'itinéraire de la jeune femme. Parvenu sans encombre à destination, ses mains délimitèrent le fauteuil, vérifiant que rien ne se trouvait déjà dessus, puis il s'y laissa couler, repliant en une série de petits mouvements secs sa canne. Face à lui, l'ex-agent du SHIELD s'installait dans un canapé, son attitude générale trahissant de la nervosité ainsi que de la curiosité à l'égard de son surprenant interlocuteur.

Le son de la voix de Cassidy vibrait encore d'un franc sourire lorsqu'elle ouvrit la discussion, cherchant bien évidemment à savoir ce que lui voulait un avocat de New-york.


* Elle dit me reconnaître... Peut-être a-t-elle vu ma photo sur une coupure de presse... À moins que les journaux télévisés n'aient réalisé des reportages sur moi sans m'en avertir ? Possible.... Mais j'en aurais entendu parler... * Considéra froidement le Rebelle derrière ses lunettes teintées, avant de réitérer son sourire offert à la cantonade.

« Avant toute chose, je dois vous remercier d'avoir bien voulu me recevoir, Mlle McKey. Je suis venu directement ici, sans même un appel de courtoisie pour prévenir de mon passage... Quand un homme se présente de but en blanc comme avocat sur le seuil de votre porte, vous êtes en droit de vous demander ce qui se passe. De vous sentir un peu... Nerveuse. » Glissa-t-il en insistant sur le dernier mot, feignant de n'émettre qu'une supposition hasardeuse.

Son regard voilé pointé vers le tapis couvrant le dallage sombre sur lequel reposait la table en verre du salon, le juriste enchaîna d'un ton devenu plus sérieux :


« Si je suis ici, c'est parce que je crois savoir pourquoi vous avez cessé de travailler pour le SHIELD. » Lança-t-il, ses mains caressant lentement les reliefs les plus subtils des bras de son fauteuil, explorant chaque vallon microscopique, que minuscule bosselure, repérant des zones de chaleur résiduel là où une main avait été posée quelques heures plus tôt.

Anticipant sur la réaction de l'athlétique blonde, Mathew confirma sans détours :


« Oui, j'ai lu votre dossier. N'y voyez pas d'indiscrétions de ma part, je ne l'ai pas lu en entier ; juste la partie qui m'intéressait, car se trouvant en relation avec une affaire sur laquelle je travaille. »

Après avoir longuement étudié le dossier des McKey, Matt s'était plus spécifiquement penché sur la chronologie précise des événements, en tirant finalement une conclusion. La seule qui lui paraissait logique, de son point de vue, mais qui allait malheureusement s'avérer fausse et excessivement naïve. Appuyant ses coudes sur les supports prévus à cet effets, il croisa les doigts devant lui.

« Il n'a pas été très difficile de faire le lien : vous participez à l'arrestation de votre propre frère et de votre père, puis, quelques temps après, rendez votre insigne. Même l'aveugle que je suis a su y voir la marque de la culpabilité. Comment vous en vouloir ? Vous vous êtes engagée au sein du SHIELD en pensant servir et protéger autrui, et cet engagement vous obligea à vous retourner contre votre propre famille, à jeter vos proches en prison. Qui supporterait de conserver l'uniforme après pareille épreuve ? Vous avez dû vivre un calvaire : devoir affronter chaque jour votre reflet, dans le miroir, et n'y trouver que le visage de la femme qui condamna votre famille à la captivité... »

Pris au dépourvu, l'homme de loi s'interrompit net, inclinant la tête sur le côté et fronçant les sourcils.

* Ce n'est pas de la culpabilité, qu'elle ressent... * Comprit-il trop tard, en sentant sa bouche devenir très sèche.

En rendant visite à la jeune femme, Mathew s'était figuré tomber sur une fille amputée de son père et de son frère, en perte de repères, mal dans sa peau et au cœur rongé par la culpabilité. Il avait prévu de lui gentiment offrir une chance inespérée de se repentir en l'aidant à faire libérer les McKey, afin de pouvoir être à nouveau en paix avec elle-même. De quoi résoudre deux problème en un coup, tout en réunissant une famille déchirée. Sauf que, tandis qu'il exposait calmement le fruit de ses brillantes déductions, le diable de Hell's Kitchen avait perçu la réaction physiologique de son auditrice. Ses battements cardiaques pulsatiles, de fugaces et infinitésimaux sons produits par son corps, son changement d'expression et de stature, l'odeur qu'elle émettait par les pores de sa peau, même la manière dont la chaleur irradiait de son visage en tâches informes... Une collection de signes et de voyants que l'homme frappé de cécité avait appris au fil du temps à décoder en émotions... Et ce qu'il détectait auprès de Cassidy ne ressemblait pas du tout à de la culpabilité.


* Je sens mon dernier atout s'effilocher entre mes doigts. * Songea maître Murdock tandis qu'une boule de plomb lui descendait le long de l'estomac.

La partie, qu'il savait déjà mal engagée, venait de prendre un tournant auquel il ne s'était pas vraiment préparé.
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MessageSujet: Re: Argumenter autour d'un idéal [PV Cassidy]   Mar 2 Juil - 16:32

J'écoutais avec attention cet avocat à l'air plutôt sympathique. Il est vrai qu'en général les gens ont plutôt tendance à fuir les avocats. Mais pourquoi pas moi? Parce que moi je n'avais strictement rien à me reprocher. Rien du tout. Si je lui avais ouvert ma porte en grand c'était surtout parce qu'il était plutôt gosse et m'attirait un peu. Mais il me fallait rester sérieuse, il avait dit avoir des questions a me poser. Mais je n'avais tremper dans aucune affaire judiciaire que ce soit de près comme dans de loin de puis un bon moment. Pour ne pas ainsi dire jamais. Je revenais sur sa remarque quand aux usages et à la courtoise:
"Je vous en prie ce n'est rien. Je n'ai rien a me reprocher et je sais que je ne suis impliquée dans aucun tord monsieur Murdock. Mais j'avoue encore une fois être curieuse de ce que vous pourriez bien me demander?"

J'étais prête à l'écouter, à aborder n'importe quel sujet. Enfin n'importe lequel. Celui qu'il me déballa me fit l'effet d'une gifle. Comme une main venue de nul part frappant de toute ses forces mon visage pour faire disparaître mon sourire et ma bonne humeur comme neige au soleil. Je me demandais bien ce qu'il voulait vraiment savoir. Pourquoi suis-je partie du SHIELD? Cette question me rendait effectivement nerveuse. Mon pouls s'accéléra et ma respiration se faisait plus forte. Je n'avais pas que des bons souvenirs du SHIELD. Mon départ s'était effectué sur la fin de la Civil War. Des flashs me revenaient en tête, des affrontements, la terreur, l'inconnue du lendemain, des mauvais souvenirs comme on peut en accumuler dans une guerre. Pire dans une guerre civile, où l'on poignarde avec rage son frère d'arme. Je pris une profonde inspiration et je tâchais d'expirer lentement, très lentement, c'est çaaaa en douceur on ne s'énerve pas. Je m'apprêtais à répondre quelque chose quand il prit les devants. Il avait lu mon dossier. S'il effectuait des recherches en rapport avec une affaire quelconque il n'y avait jusque là pas de quoi s'offusquer. Je pinçais mes lèvres et gardait le silence en le laissant continuer.
Ha le voilà le vrai sujet! Voilà ce pourquoi tu es venu toi! Pour mes parents, pour...tu défends mon père et mon frère espèce de salaud?! Est-ce que je ressens de la culpabilité? Ho mon pauvre si tu savais!

Mon visage s'était durci à mesure qu'il parlait. Heureusement d'un certain côtés qu'il ne pouvait me voir. Ma bouche se crispa pour exprimer un certain dégoût alors que je repensais au jour où j'avais arrêté moi même mon père et mon frère. Ma respiration s'accentua à nouveau et mon cœur se remit à battre rapidement à mesure que la colère montait en moi. Cette colère je n'avais nullement envie de l’apaiser. Je me recroquevillais dans le canapé comme pour m'éloigner de lui, prendre une posture plus en retrait et sortant de la conversation. Je serrais les dents et c'est avec un calme à peine contrôlé que je me décidais à lui répondre. Mon regard froid comme l'acier se posa sur lui:
"Dites moi, vous êtes venus pour quoi exactement? Non attendez laissez moi devinez!"
Je me crispais et imitait un sourire par habitude en prenant un ton sec et cassant:
"Vous êtes là parce que vous défendez mon père et mon frère? Ce sont eux qui vous ont demandé de me voir? Où cette idée vous est venu tout seul? Mmmh? Dites-moi."
Je me penchais en avant à nouveau, à mesure que je parlais mon débit se faisait plus agressif, de vieilles blessures se rouvraient et la douleur me faisait perdre le contrôle:
"Vous savez comment on les a trouvé au SHIELD? Non? J'ai cherché leur nom sur les registres, oh oui je les ai cherché et vous savez quoi? C'est moi qui les ai vendus au SHIELD, je suis allez moi-même les extirper de notre maison pour qu'ils fassent face à la justice! Et vous savez quoi? Si je devais le refaire je le referais avec plaisir. Je ne sais pas ce que vous êtes venu chercher mais je n'ai pas quitté le SHIELD parce que j'ai arrêté ma famille."
Un nouveau sourire mauvais vint illuminer mon visage:
"Quand je l'ai fait j'y ai pris plaisir monsieur Murdock, et je n'ai eu aucun regrets. Pas même un début, c'était même un soulagement. Soyons clair monsieur. Je ne ferais rien qui puisse les sortir du pétrin dans lequel ils sont!"
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Anthony E. Stark
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MessageSujet: Re: Argumenter autour d'un idéal [PV Cassidy]   Mer 17 Juil - 9:03

Entrebâillant la bouche, le juriste roux se garda bien de couper son interlocutrice lorsqu'elle se proposa de deviner les motifs réels de sa venue. D'abord prise d'une pulsion de colère très perceptible, Cassidy avait su ralentir son rythme cardiaque au prix d'un effort retranscrit par le son de ses dents se serrant. Désormais, son myocarde battait un tempo froid, glacé et mécanique : la mélodie du moteur d'une créature androïde. Comprenant que la conversation quittait définitivement les sentiers de la convivialité, Mathew adopta une attitude respectueuse et docile d'écoute, pour ne plus froisser davantage la jeune femme.

Interpellé de façon direct, l'avocat aveugle répondit sans se faire prier, d'une voix plate et professionnelle.


« Je suis effectivement chargé de représenter votre père et votre frère devant la Justice. Quant à l'idée de venir chez vous, elle vient exclusivement de moi, Mlle McKey. Je vous en donne ma parole. »

Négligeant de préciser qu'à aucun moment la famille McKey n'avait formulé le désir d'être représentée par maître Murdock, le trentenaire non-voyant sentit les émotions tourbillonant de sa vis-à-vis reprendre les rênes. S'obligeant à conserver la même position pour prouver qu'il ne voyait rien, Matt laissa l'ex-agent du SHIELD glisser vers lui, soudain carnassière et ouvertement agressive.

* Elle ne sait pas que tu es Daredevil. Elle n'a aucune raison de t'attaquer maintenant. *  Se répéta-t-il tel un mantra pour ne pas céder à la stupide pulsion de s'éloigner de la blonde.

Vitupérante et aigre, plus acide que jamais elle ne l'avait montré, Cassidy McKey exposa avec une jouissance malsaine, perverse, la chronologie de l’arrestation de son géniteur et de son frère, savourant les mots renvoyant à sa délation. Exaltée, le souffle court et sans doute en train de rougir discrètement sous la peau de ses joue, la femme d'action se rengorgeait d'évoquer ce triste épisode de son passé et, au grand dam du diable de Hell's Kitchen, ne manifesta pas l'once d'un regret. La personne qui se tenait dans la même pièce que le juriste de New York haïssait du plus profond de son âme ou les mutants, ou sa propre famille, pour ressentir d'aussi intenses émotions rien qu'en racontant un fait passé.


* Dire qu'elle me paraissait sympathique, au début... C'est une extrémiste, qui ne vaut pas mieux que les membres de la nouvelle Confrérie. Étonnant d'ailleurs, qu'elle ait quitté l'Initiative, vu son "implication" dans la traque aux surhommes. Peut-être un excès de zèle lui a-t-il valu une discrète mise à pied ? *  Songea durant un fugace instant de réflexion le trentenaire en costume clair, qui parcourut de mémoire le dossier de l'agent en feignant de réajuster la position de ses lunettes.

De son aveu même, Cassidy mettrait tout son cœur à s'assurer que les McKey pourriraient en cellule. Le mince espoir caressé par Mathew de la faire changer d'avis sombra dans les profondeurs abyssales de l'impossibilité, et c'est avec l'éternel même poids sur les épaules qu'il résolut de changer de stratégie. Habitué à jouer le rôle de maître Murdock, le justicier de Hell's Kitchen connaissait le prix de son anonymat : le mensonge. Prétendre, imiter une idéologie et des mouvements ne lui appartenant pas, pour préserver son secret. Parfois, cela voulait dire ne pas esquiver un obstacle qu'il avait pourtant perçu de longes secondes à l'avance, et parfois, cela signifiait d'adopter une idéologie le révulsant. Pour amener une anti-mutante à lui fournir de plus amples détails, éventuellement des arguments à opposer au dossier des McKey, l'orphelin fils de boxeur ne pouvait faire autrement que de laisser Cassidy entendre qu'il partageait ses opinions. Un exercice difficile, désagréable, et humiliant, pour le Rebelle convaincu qu'était Daredevil.


« Il me semble qu'une précision s'impose... Mlle McKey, je suis avocat.  Entama l'intéressé avec un sourire contrit. Il m'incombe de défendre, de mon mieux, et de la façon la plus optimale, n'importe lequel de mes clients. Je gagne ma vie en envoyant des coupables derrière les barreaux, ou en évitant la peine capitale aux innocents. Parfois, hélas, c'est l'inverse qui se produit. On me demande de défendre une crapule que je sais coupable, ou de faire condamner un homme qui, pourtant, n'a rien fait de mal. Chaque métier a ses avantages et ses inconvénients. Pour le mien, il s'agit de savoir faire abstraction de mon point de vue à chaque nouveau dossier.

Vous n'êtes pas sans savoir qu'on peut trouver des centaines d'avocats rien qu'à New York. La concurrence est rude, dans la profession que j'exerce. Pour m'assurer une clientèle constante, je dois entretenir ma réputation, gagner un maximum d'affaire, et donc travailler avec tout le sérieux attendu. Pourquoi croyez-vous que je me sois déjà chargé de défendre Charles Xavier ?
»

S'insérant vaille que vaille dans son personnage d'avocat carriériste, ambitieux et sans scrupules, Mathew déployait toute la rhétorique dont il se sentit capable pour laisser entendre qu'il n'aimait pas se charger du dossier de deux mutants, mais qu'il comptait malgré tout ne négliger aucun élément. Mû par une intuition, il reprit, de son intonation la plus convaincante :

« Je suis comme vous, Mlle McKey : un simple humain. Savoir de quoi sont capables les mutants m'inquiète, m'effraie. Et, en ma qualité de non-voyant, je serais presque en droit de me sentir encore plus vulnérable que vous, qui avez au moins bénéficié d'un entraînement du SHIELD. Je suis devenu l'avocat attitré des super-héros pour acquérir une réputation, parce que personne d'autre ne voulait s'en charger et que le défi promettait de me propulser au sommet de ma carrière. Qui plus est, je m'étais dit à l'époque qu'avoir tiré des ennuis certains de ces individus me vaudrait plus ou moins leur sympathie à l'avenir, que j'y gagnerais une forme d'immunité diplomatique à leur égard. »

Incapable de continuer à déballer son tissus de mensonge sans faire une pause, il se tut, jouant distraitement avec sa canne pendant qu'intérieurement, ses pensées ne cessaient de lui renvoyer les pires insultes existantes. Devoir défendre l'opinion radicalement opposé à la sienne constituait un exercice d'école, en fac de droit, un moyen d'apprendre à conserver son objectivité. Mais dans le cas présent, il s'agissait d'une situation comparable à celle d'un afro-américain militant en faveur de la traite des noirs... Un afro-américain que l'on aurait grimé en blanc le temps de son plaidoyer. Pressé d'en revenir au motif de sa visite, l'avocat aveugle s'efforça de ne rien laisser paraître de son dégout, et, joignant le geste à la parole, ajouta donc :

« Ceci étant dit, il y a plusieurs points que je voudrais examiner avec vous. Je sais que vous ne tenez pas à ce que mon action en justice réussisse, Cassidy. Seulement, je ferais des recherches dans les deux camps. Si vous refusez de me donner votre point de vue, il me faudra composer uniquement avec celui de la défense, et ça ne fera que jouer en la faveur de votre père, ainsi que de votre frère. Je comprends à présent pourquoi ni l'un ni l'autre n'ont mentionné votre existence ou émis l'hypothèse que je devrais aller vous trouver. Qu'en est-il de votre mère ? Et de vos autres frères ? Comment ont-ils vécu ce clivage entre la portion normale et la portion mutante de votre famille ? »

Ce faisant, l'avocat passa la main dans l'une des poches intérieurs de sa veste, en extirpant un petit dictaphone noire, qu'il alluma pour conserver une archive de la discussion.

« Il y a un point qui va gêner, malheureusement, et que je ne peux pas ignorer. Les jurés sont facilement influençables, surtout par les histoires tire-larmes... S'ils entendent parler de deux mutants arrêtés par une femme telle que vous alors que rien, absolument rien dans leurs antécédents, ne témoignait d'une quelconque dangerosité, ils seront plus qu'enclins à voter en faveur d'une remise de peine. Voire d'une relaxe. Avez-vous souvenir d'un accident, d'un événement qui pourrait contrebalancer la première impression favorable du jury ? »
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Terra Justice
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MessageSujet: Re: Argumenter autour d'un idéal [PV Cassidy]   Mer 2 Avr - 8:21

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Argumenter autour d'un idéal [PV Cassidy]

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