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 Louve [en construction totale]

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MessageSujet: Louve [en construction totale]   Mer 30 Mar - 20:22

Mon passé, c'est ce qui m'a forgée.






■■■ J'aurais pu avoir une enfance idéale. Née dans une famille aisée, dans une jolie villa avec jardin de Rome, mes parents, ma soeur jumelle Stella et moi-même possédions un chien que j'adorais. Je passais mon temps à courir et jouer avec lui. A cette époque, je n'étais pas consciente des pouvoirs que j'avais. J'étais une enfant tout à fait comme les autres, joyeuse et innocente, sociable, qui parlait avec tout le monde. J'étais très liée avec ma mère de qui j'étais la petite protégée, tandis que Stella allait vers mon père quand on se taquinait, mais c'était jamais rien de bien méchant. On s'entendais tous bien et j'ai découvert l'école avec plaisir. J'ai très vite apprit à lire et à écrire et je pouvais passer des heures entières à la bibliothèque pour enfants. Stella était plus coquine que moi mais on se séparait rarement malgré tout. Elle me suivait dans mes histoires, je la suivais dans les siennes. On était complémentaires. Maman quant à elle était une femme très douce, câline et patiente, qui parlait beaucoup avec nous et allait jusqu'à nous fabriquer nos vêtements qu'on aurait pourtant eu largement les moyens de s'acheter. Je m'en souviens très bien. Elle était exceptionnelle. Protectrice, courageuse, forte. Une des femmes les plus connues et respectées du village. Papa (bon dieu que ça fait mal de dire ce mot là...) lui était droit et sévère mais toujours très juste. Il était moins câlin et moins présent et m'impressionnait plus que ma soeur, mais c'est lui qui m'a apprit à lire.

Maman était malade. Je n'ai jamais réellement su de quoi. Elle n'a jamais voulu nous le dire. Ils voulaient nous épargner, Stella et moi, c'était sans compter sur mon amour pour elle et ma curiosité maladive à l'époque. Un jour que je passais devant leur chambre je les ai écouté parler. Maman disait qu'elle n'en n'avait sûrement plus que pour quelques mois. J'étais très jeune mais je savais que ça voulait dire qu'elle allait mourir. J'ai toujours compris plus de choses que les gamines de mon âge. C'était ce qui faisait la fierté de maman d'ailleurs. Le temps a passé et j'ai gardé cette conversation dans ma tête. La vie battait son train. Jusqu'au jour de notre anniversaire, à Stella et à moi. Maman ne descendait pas pour couper le gâteau. Je suis allée la chercher. Je l'ai trouvée morte dans sa chambre. C'est là que j'ai récupéré le pendentif qu'elle comptait m'offrir. Elle l'avait dans les mains... Les médecins ont dit que quelque chose s'était brisé dans son cerveau et qu'elle n'avait pas du souffrir. J'espère que c'était vrai. Maman ne méritait pas de souffrir. Elle était tellement gentille...



■■■ C'est à ce moment là que les ennuis ont commencé. Stella s'est rapprochée de papa. Moi, je me suis éloignée de lui. Je me suis éloignée de tout le monde. A l'école, la maîtresse disait à mon père qu'il fallait qu'il réagisse. Je n'écoutais ni n'écrivais plus, perdue dans le monde plus doux que je m'étais inventée. Je fuyais les gens et le monde, je fuyais ma propre famille qui n'en n'était plus une. Stella ne me cherchait plus, je ne la cherchais plus non plus. De petite fille bout-en-train et rigolote, j'étais devenue fantômatique et muette. Mon père ne l'a pas supporté longtemps. Un jour que je regardais une photo de maman, il m'a attrapée par le bras et il m'a frappée. Longtemps. Jusqu'au sang. J'ai mis des heures à me relever tellement j'avais mal. Je n'ai pas compris. Stella a eu peur. Elle ne m'a plus jamais adressé la parole. S'il me frappait, c'est que je le méritais sont les derniers mots qu'elle a prononcé. Mon père est devenu violent, mais uniquement avec moi. Avec Stella et en dehors de la maison, il était normal. Respecté, calme, sérieux et lorsqu'il rentrait à la maison je prenais le stress de la journée sur la figure. Les coups pleuvaient. Je réussissais pourtant à les masquer aux yeux des autres. Stella devait avoir raison, je devais mériter tout ça.


■■■ Ca a duré des années. Jusqu'à mon adolescence. J'ai commencé à prendre des formes féminines que je cachais, contrairement à Stella qui avait plein de succès au collège tant elle était belle, je passais pour le garçon manqué, la peureuse, l'associale. C'était vrai. Je ne parlais plus à personne depuis longtemps. Certains professeurs ont fait de moi leur souffre douleur. D'autres au contraire ont essayé de m'aider. Je me souviens même d'une Angélique, une professeur de Français, qui m'avait sauvé la mise lors d'une bagarre au collège. Elle m'a aidée pendant toute cette période, me donnant l'astuce de me tourner vers les animaux. J'ai alors commencé à traîner dehors, le plus longtemps possible, revenant souvent très tard dans la nuit quand tout le monde dormait. C'est là que j'ai rencontré Fedele. C'était un jeune loup dans la force de l'âge. J'avais 13 ans. Avec lui, je parcourais la forêt de long en large, grimpant dans les arbres, le distançant à la course. Je devenais aussi agile qu'un chat, chassant même parfois avec lui et sa meute de loups. Mes pouvoirs commençaient à se déclarer. J'étais différente. Plus animale que les autres.
Quand je suis rentrée seconde année de collège, mes notes ont dégringolé. Je séchais les cours, mon père n'en n'avait que faire, tout ce qui l'intéressait c'était que je rentre le plus vite possible pour terminer mes corvées à la maison. Aucun professeur ne se souciait plus de moi, comment auraient-ils pu, j'étais insolente et violente, refusant que quiconque m'approche ou m'adresse la parole. Seule Angélique a tenté de me sortir la tête de l'eau. Elle est devenue ma confidente mais ne pouvait m'empêcher d'avoir un sale comportement. Je me suis faite virer du collège cette année là. J'ai donc passé plus de temps à la maison. Mon père a commencé à me regarder bizarrement. Il me disait que j'étais belle, mais ça n'était pas un compliment. Son regard changeait. Il me désirait. C'était dégoûtant, répugnant, et je l'évitais au maximum, fuyant la maison avec les loups. Une nuit, il a fait la pire chose qu'un père pouvait faire à sa fille. Alors que je rentrais d'une de mes escapades nocturnes, il m'a attrapée dans le salon pour me parler. Il s'est fait plus doux, plus tendre et je me suis laissée avoir. Il a commencé à me caresser les cheveux et j'ai compris qu'il fallait que je fuie le plus vite possible. Malheureusement, dans la peur et l'affolement, je n'ai pas su me servir de la force dont je me servais habituellement avec Fedele. J'ai voulu monter m'enfermer dans ma chambre et il m'a faite tomber dans les escaliers. Il avait prévu son coup et pour ne pas que je me défende, il m'a envoyé un coup de couteau dans le bras. Et puis il est passé à l'acte. Il m'a violée. Ca a duré des années, régulièrement, parfois plusieurs fois par jour, je finissais par ne même plus me débattre, j'étais juste une poupée de chiffon qui lui était utile. Quand il avait fini ses horreurs, il me jetait dehors.



■■■ Je me rapprochais d'autant plus de Fedele et de la meute de loups, ma soeur était morte maintenant pour moi, elle ne me défendait pas, ne me regardait même plus, soit-disant j'étais immonde de faire des choses pareilles, c'est moi qui poussais mon père à coucher avec moi et je m'enfermais volontairement dans sa chambre avec lui pour y prendre du plaisir tandis que cette pauvre petite élève modèle se démenait pour avoir un seul regard aimant de sa part. J'aurais voulu la frapper, la glisser dans le lit à ma place. Une haine se formait en moi, une colère contre l'humanité entière. Un soir, alors que je rentrais de promenade, mon père m'attendais déjà devant la porte. Mais cette fois-ci je n'étais pas décidée à me laisser faire. A peine eut-il fermé la porte derrière lui que je lui crachais à la figure. La riposte ne se fit pas attendre, il m'attrapa le bras droit, ouvert au couteau quelques mois plus tôt, pour me jeter dans l'escalier comme il le faisait souvent. C'était son endroit préféré, parce que c'est celui où je pouvais le moins me défendre. J'attendis qu'il se mette sur moi puis je lui envoyais violemment mon genou dans le ventre. Il plia sous la douleur et je continuais de le frapper tandis qu'il tentait de riposter. Il me fit un croche-pied pour me faire tomber et reprit le contrôle, fou de rage. Fedele, arrivant de nulle part, traversa alors la vitre de la cuisine et me sauva. Je m'enfuis avec lui. J'avais 17 ans, et je ne suis plus jamais revenue dans cette maison. Fedele m'a élevée, j'ai grandit à ses côtés. Il est mort lorsque j'avais une vingtaine d'années (j'ai perdu la notion du temps avec lui), tué par mon père qui finit par nous retrouver, lequel a eu pour dernière vision de moi une mutante lui pointa une arme sur la poitrine. Je ne sais pas s'il est toujours vivant suite à cette balle et je m'en moque, je veux l'oublier, oublier ce monstre responsable de la mort de ma moitié. La suite, vous la connaissez, je me suis enfuie d'Italie, j'ai atterri à New York parce que c'est le bateau dans lequel j'ai voyagé clandestinement qui m'y a conduit, j'ai rencontré Kyana, l'ait perdue, morte elle aussi, et survis comme je peux à présent, pour elle, pour Fedele, et pour ma mère...
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Louve [en construction totale]

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