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 La bombe S

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MessageSujet: La bombe S   Mar 26 Juil - 15:57

Quand une gamine survoltée (et totalement inconsciente du danger) était retirée de sa cambrousse natale pour être relâchée dans la jungle de New York, il y avait quelques consignes rudimentaires à respecter pour une période de transition saine, simple et sûre (appelons cette garantie « triple S »). Tout d’abord, il fallait assurer un accompagnement psychologique de tout instant, pour lui laisser l’occasion d’harmoniser son comportement social à celui de la population autochtone.

Check1 : FAILED. Son chaperon avait le téléphone collé à l’oreille depuis une bonne demi-heure au moins. Une sombre histoire de coup d’enfer croisé en night la veille au soir. Elle avait fini par décrocher pour épargner à ses prudes oreilles les détails les plus croustillants.

Ensuite une grande attention devait être apportée à la balise des repères géographiques, qui lui permettraient en temps voulu de pister seule sa nourriture.

Check2 : FAILED. Le guide lui avait filé quelques dollars en lui indiquant par de grands gestes où trouver le marchand de hot-dog le plus proche. L’explication, ponctuée de « Non, mais c’est pas à toi que je parle ! », avait la clarté d’un bidon d’essence mal vidangé.

Surtout, surtout, il y avait une règle d’une importance primordiale qu’il ne fallait enfreindre en aucun cas, sans quoi elle annulerait toute autre mesure de sécurité : ne jamais, oh grand jamais permettre à cette dégénérée du bulbe dopée aux hormones pubertéennes de dépasser l’allure du pas.

Check3 : EPIC FAIL. Le gars avait laissé son skateboard en plan pour s’affaler sur un banc et étaler ses exploits nocturnes par ondes interposées. Central Park c’était grand, le skate c’était cool et elle avait bien envie de se débarrasser de ce boulet et qui refusait de bouger son cul de là. Le choix était donc vite fait.

Avertissement : Shanique Ltd. décline toute responsabilité en cas de non-respect des consignes de sécurité. C’était pas faute d’avoir prévenu.

Voilà comment la jeune mutante du Tennessee s’était retrouvée à dévaler à vitesse folle un chemin en pente de Central Park, sur un engin de mort qu’elle contrôlait à peine. Qu’elle ne contrôlait même plus du tout, en fait, puisque l’adrénaline avait mis son cerveau en veille dans les premières secondes de la descente. Son corps, faute de meilleure indication, tentait vaille que vaille de se maintenir en équilibre sur la planche par de grands gestes un peu mou, quand une grosse pierre se mit traîtreusement sur son chemin. La planche vola en l’air, et elle aussi, pour atterrir avec fracas à quelques pas d’un banc. La planche eut même l’audace de rouler encore quelques centimètres pour heurter la jambe d’un pauvre vieillard qui n’avait rien demandé.

[Owen, je crois que c'est tombé sur toi Rolling Eyes ]
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mar 26 Juil - 21:15

Encore une journée d'été caniculaire comme seul New York sait en régaler ses habitants. Quoi que dans les souvenirs d'Owen la température ne dépassait que rarement les 40°. Mais c'était il y a plus de 42 ans, et maintenant grâce à la saine pollution dont l'homme avait arrosé sa planète, on pouvait se croire en plein équateur en pleine city, la jungle et l'humidité en moins dieu merci.
C'était donc assis sur un banc de central park, à l'ombre des arbres et d'un vieux chapeau informe que le vieil homme tentait de reposer ses articulations douloureuses. Il faut dire qu'il avait fait le pied de grue toute la matinée devant sa banque habituelle pour pas grand chose, et qu'à son âge ce n'était plus très raisonnable. Du coup perdu dans ses pensées il ne faisait même pas la manche, vu que le chapeau dont il se servait habituellement pour récolter les généreuses donations de ses concitoyens était vissé sur son crane.

*Foutue chaleur. J'ai l'impression de cuire de l'intérieur. Faut vraiment que j'aille à la fontaine boire quelque chose avant de finir complètement déshydraté.*

Owen allait se lever afin d'aller vers la fontaine publique la plus proche quant un bruit étrange lui fit lever la tête. Tournant son regard dans la direction d'où il provenait, Owen aperçu une jeune fille afro américaine de type skate-bordeuse à équilibre instable foncer dans sa direction. Heureusement pour le vieux SDF, une pierre traitreusement installée là depuis pas mal d'années mit aussitôt fin à la course effrénée de l'inconnue qui finit par vérifier elle même la théorie de la gravité de Newton. Mais comme il est toujours mal de se moquer du malheur des autres, Dieu, dans son infinie générosité, décida de faire partager un peu de la souffrance de cette pauvre jeune fille à notre infortuné Owen en envoyant valdinguer la planche de skateboard dans l'un de ses tibias.
Le choc ne fut pas bien violent, du genre de celui que l'on ressent quant on se cogne le gros orteil au coin du lit en se levant au milieu de la nuit. Owen n'eut même pas la force de crier tant la douleur fut vive et sournoise. Seule une larme coulant le long de sa joue fut l'unique témoin de la douleur du vieil homme. Dans la rage causée par la douleur, Owen aurait bien foutu un grand coup de pied dans cette fichue planche à roulettes pour se venger, mais elle était finalement tombée un peu loin, et vu sa maladresse, il risquait de se faire plus mal à lui même qu'au skateboard.
Aussi Owen se décidât il d'aller un peu se plaindre au propriétaire de l'engin de mort qui venait de tenter de lui sectionner un membre. Aussi vite que le lui permit sa cane, ses articulations douloureuses et sa jambe meurtrie, Owen s'avança vers la jeune fille étendue au sol. Mais finalement, arrivé à sa hauteur, sa colère était déjà retombée quelque peu, et il ne put se résoudre à l’engueuler.

"Hola, mademoiselle, vous allez bien ? Vous savez qu'avec votre engin de mort, vous avez faillit me casser la jambe ? Et vous, vous n'avez rien de cassé, vous m'entendez ???"



Dernière édition par Owen Reece le Jeu 11 Aoû - 23:08, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 27 Juil - 15:38

La jeune Afro-américaine ne répondit pas. Ses coudes tâtaient le sol par à-coup maladroit, jusqu’à trouver un point d’appuis pour redresser son buste en toussant. La poussière soulevée par la chute obstruait sa respiration, il fallait bien qu’elle s’en débarrasse. Elle cracha d’ailleurs un peu de sable, parce que ça lui piquait la langue. Aucun de ces gestes ne dépassait le simple réflexe, petite réaction à un stimulus irritant, et son regard, à mi-chemin du sol, restait désespérément vide. Il fallut attendre qu’elle batte trois ou quatre fois des paupières pour qu’une moue déforme son visage placide, marquant le début de son réveil.

Ses yeux, qui avaient retrouvé leur mobilité naturelle, se baladèrent d’un coin à l’autre pour identifier ce sol inconnu, avant qu’elle ne lève la tête en fronçant les sourcils. Elle aperçut sur sa gauche la planche de la discorde s’arrêter doucement au bord d’une fontaine. Sur sa droite, il y avait une vieille godasse toute crasseuse. Dedans, il y avait même un pied. En forçant la torsion de son cou jusqu’au bord du torticolis, elle finit même par tomber sur la tête d’un vieil homme qui la regardait bizarrement. Genre à mi-chemin entre l’inquiétude et l’exaspération. La tête de ceux qui l’avaient vu faire une belle connerie, en gros.

« Bonjour M’sieur, tenta-t-elle avec un grand sourire gêné. Belle journée, hein ? »

Qu’est-ce qu’elle avait encore foutu entre le début de la descente et sa conclusion dans les graviers ? C’était la question du jour, mais elle n’était pas sûre de vouloir en connaître la réponse. Elle pouvait utiliser un joker, au moins ? Non ? Bah zut.
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 27 Juil - 20:47

Ce qu'Owen avait tout d'abord pris pour de l’indifférence ou un manque certain de politesse de la part de la jeune fille était en fait dû à la violence de la chute. En effet, la jeune afro-américaine avait frôlé l'inconscience, et sans doute la difficulté qu'elle avait à reprendre son souffle tout en crachant le sable du chemin l'avait empêché de répondre immédiatement au vieil homme.
La question d'Owen sur l'état de santé de la jeune fille passa avant une probable engueulade pour sa jambe blessée. Après tout elle semblait plutôt mal en point. La seule chose qui rassura Owen fut une quinte de toux et quelques crachats, signe que la jeune fille n'était pas morte.... Du moins pas encore.
Elle sembla tout d'abord quelque peu désorientée, roulant des yeux avant d'arriver à relever la tête pour enfin planter son regard dans celui d'Owen. Ce qui finit pas déstabiliser le vieil homme, ce fut la désinvolture avec laquelle sa tortionnaire lui répondit:

« Bonjour M’sieur. Belle journée, hein ? »

Après une telle réponse, Owen aurait surement dû finir sur le cul, mais heureusement sa cane le maintint en position verticale. Il ne pût s'empêcher de lever un sourcil en guise d’étonnement avant de secouer la tête négativement comme s'il regrettait l’immaturité de cette nouvelle génération.

"Tss tss tss... Décidément j'aurais tout vu ici. Vous allez bien mademoiselle ? Parce que si j'avais fait la moitié du vol plané que vous vous êtes payé, j'aurais tous les os du coprs en miettes. Alors rassurez moi une bonne fois pour toutes sur votre état que je puisse vous passer un savon pour le coup de skateboard que j'ai reçu en plein tibias."

Owen baissa la tête vers sa jambe comme pour montrer où il avait été frappé, et il remarqua que son pantalon était déchiré à l'endroit où le skate l'avait touché. En plus une vilaine entaille avec un peu de sang apparaissait sous l'accroc du vieux pantalon. Le vêtement était loin d'être neuf, et il avait de nombreuses autres marques et déchirures diverses, mais aucune ne semblait cacher de blessure.

"Bon sang, vous avez fait un trou dans mon plus beau pantalon, et en plus j'ai saigné dessus. Vous savez comme c'est difficile de ravoir les taches de sang ?"

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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 27 Juil - 21:44

Le grand sourire gêné s’évapora d’un seul coup devant l’air sidéré du vieil homme, pour laisser place à une moue de circonstance : elle se mordilla les lèvres en baissant légèrement la tête. La posture du suspect, même si elle savait pas encore de quoi. Elle voulait bien plaider coupable, toute façon, elle était bien encore capable d’avoir fait tout ce qu’il racontait. Coupable de raconter des bêtises, déjà (n’empêche que c’était une belle journée quand même). Coupable d’un vol plané, ensuite (elle se mit sur le flanc pour jeter un œil là d’où elle venait, se demandant à partir de quand avait commencé le vol plané de la mort qui tue). Coupable, enfin, de coups et blessures involontaires pour n’avoir pas tenu sa planche en laisse (la vache, alors ça mordait vraiment ces bêtes-là ?).

… ah bah oui, apparemment ça mordait même à sang. La bourde, et sur le plus beau pantalon du monsieur en plus ! Si le vieux devait se rabattre sur le plus moche, vu l’état du plus beau, ça allait barder pour ses fesses.

« Oui je sais, ma mère me le dit régulièrement, se ratatina-t-elle avec une toute petite voix, la tête bien enfoncée dans les épaules. Enfin, pas dans le même contexte. Je veux dire, je me pète pas la gueule si souvent que ça, je vous jure ! C’est plutôt… enfin laissez tomber. »

Elle allait tout de même pas parler de ses problèmes de puberté féminine devant un vieil homme dans un parc, non plus. Quoique, un moment, elle avait vraiment cru qu’elle allait le faire. C’était sans doute son éclair de bon sens du jour qui l’en avait empêché. Tant qu’elle était sur sa lancée, elle se paya même le luxe d’une parole sensée :

« On pourrait peut-être nettoyer ça avant que ça sèche ? proposa-t-elle en désignant du pouce la fontaine dans son dos. C’est plus facile quand c’est encore frais. »
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 27 Juil - 22:23

La surprise passée, la douleur sourde et lancinante se rappela à Owen. Le jeune fille semblait vraiment aussi insouciante qu'il l'avait présumé au premier regard. Elle semblait pourtant se remettre assez vite de sa chute et de ses émotions, ce qui rassura un peu le vieil homme. Elle lui débita une sorte d'excuse étrange, à moins que ce ne soit autres chose, à propos de sa mère, qu'Owen comprit à peine, voire pas du tout. Et elle semble prétendre que ce genre de mésaventure ne lui arrivait pas si souvent, ce dont Owen doutait fort.

«...Je veux dire, je me pète pas la gueule si souvent que ça, je vous jure ! C’est plutôt… enfin laissez tomber. »

Heureusement le vieil homme ne semblait pas avoir comprit ce qu'avait commencé à lui dire la jeune fille. Pourtant contre toute attente, elle eut enfin une parole censée.

« On pourrait peut-être nettoyer ça avant que ça sèche ? C’est plus facile quand c’est encore frais. »

Owen ne comprit pas tout de suite qu'elle parlait de son pantalon, puis comme s'il revenait d'un autre monde, il regarda le trou taché de sang et sembla réagir.

"Oui, c'est sans doute le mieux à faire. Il faut que je nettoie cette fichue plaie. Quant au pantalon c'est malheureusement mon plus beau, car c'est le seul que je possède. Si ça continue comme ça je vais me retrouver à poil en plein Central Park et les flics pourront m’arrêter pour attentat à la pudeur."

La jeune fille devait se demander si Owen plaisantait ou non, tant le vieil homme resta stoïque pendant qu'il parlait. Il fit demi tour vers la fontaine et commença à faire un pas quant une grimace de douleur apparut sur son visage.

"Bon sang, que ça fait mal. Vous êtes sure que c'était pas une voiture qui m'est rentré dedans ? Saleté, j'ai l'impression que ma jambe va se briser à chaque fois que je m'appuie dessus. Hey mademoiselle brisefer, vous pourriez au moins m'aider à aller jusqu’à la fontaine pour vous faire pardonner de vouloir mutiler les personnes âgées dans les parcs."

Owen fit signe à Shanique de venir l'aider. Ce que le vieil homme ignorait c'était si l'odorat délicat de la jeune fille supporterait l'odeur de crasse et de vieille sueur qui entourait le vieux SDF. Il faut dire que sa dernière vraie douche remontait à plus de deux semaines si l'on ne comptait pas la dernière fois où il avait pris la pluie...

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MessageSujet: Re: La bombe S   Ven 29 Juil - 21:46

Comme s’il venait de s’en rappeler (alors que c’était l’objet du savon qu’il était en train de lui passer, fallait retenir à la fin !), le vieil homme baissa les yeux sur son tibia et examina la coupure. Elle aussi d’ailleurs, par la même occasion. Elle avait pas l’air bien grave, vue de là, mais mieux valait nettoyer vite fait si on voulait sauver le froc – d’ailleurs le vieux était d’accord, ce qui était plutôt bon signe. Bon, lui il se lamentait plutôt sur plus-beau-car-unique pantalon et la pudibonderie des agents de l’ordre. Une blague de troisième âge, peut-être, à laquelle elle répondit de la plus prosaïque des répliques de djeunz :

« J’vous aurais bien proposé de recoudre ça, mais sans vêtements de rechange ça va être dur. Vous devriez demander à un ami, y’en a aucun de vot’ taille ? »

Bah oui, pour ceux qui en douteraient encore, c’était pas parce qu’on aimait les nouvelles choses qu’on ne savait pas repriser les anciennes. Enfin en théorie, parce qu’en pratique la couture servait surtout à designer sa couette et à fournir la famille en cadeaux de Noël et d’anniversaire personnalisés et pas chers. Si ça pouvait aussi réparer les gaffes, elle demanderait pas mieux, mais le vieux avait une autre idée en tête : non content de l’enfoncer un peu plus en comparant son bolide à une voiture (il allait finir par la flatter, ma parole), il la pria à peine subtilement de lui donner le bras.

Ouais, bon, pourquoi pas hein ? Sauf qu’à l’allure où il allait, ils en auraient pour la nuit. Puis en plus après il allait falloir l’aider à se pencher, à se rincer, peut-être même à se déchausser (beûrk) et il allait foutre plein de sang partout dans l’eau. C’était peut-être son idée mais elle avait plus trop envie de s’en mêler, tout d’un coup. Sauf qu’elle avait plus trop le choix non plus. Elle pouvait s’enfuir, certes, et le pauvre gars serait sans doute bien en mal de la rattraper pour lui tirer les oreilles, mais moralement ça craignait. Comme elle était gentille (mais pas trop), elle fit appel à la ressource des paresseux : le système D.

« J’ai mieux, M’sieur, attendez-moi plutôt sur le banc. »

Elle se mit en tailleur, puis fit glisser son sac-à-dos de son épaule pour trifouiller dedans. Elle en sortir une bouteille de soda vide, avec laquelle elle se rendit à la fontaine. Quelques glouglous plus tard, elle revenait, triomphante, brandir d’un « Tadam » sonore une flasque d’eau sacrée (et surtout poisseuse) sous le nez du grand blessé.

« De quoi sauver Mr. Pants des vilaines taches », crut-elle bon de préciser, comme dans une pub de poudre à lessiver.
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MessageSujet: Re: La bombe S   Ven 29 Juil - 23:31

Décidément Owen ne se sentait jamais aussi vieux que lorsqu’il côtoyait la nouvelle génération. Mais avec cette jeune fille il avait carrément l'impression de venir d'une autre planète, à moins que ce ne soit elle. Décidément, la journée s’annonçait bien. Remarquez après ça, ce serait difficile de faire pire à moins d'une guerre thermo-nucléaire imminente. Tandis qu'il regardait les dégâts sur sa jambe et son pantalon, la jeune fille fit de même et eut un commentaire navrant.

« J’vous aurais bien proposé de recoudre ça, mais sans vêtements de rechange ça va être dur. Vous devriez demander à un ami, y’en a aucun de vot’ taille ? »

Owen ne prit même pas la peine de répondre. Il doutait qu'une fille de cette génération sache coudre, et de toute façon les seuls amis qu'il avait étaient eux aussi des SDF et n'avaient pas plus de pantalon à lui prêter que lui même n'en avait de rechange. A moins que voir un clochard en caleçon au milieu de Central Pack ne fasse partie de ses fantasmes, ce dont Owen doutait...
Finalement alors qu'il lui demandait de l'aide afin de rejoindre la fontaine pour pouvoir nettoyer sa blessure elle sembla réticente à le soutenir sans qu'il en comprenne la raison. Elle eut toute fois une idée assez judicieuse ce qui rassura Owen sur l'évolution de la race humaine.

« J’ai mieux, M’sieur, attendez-moi plutôt sur le banc. »

Elle l'aida à s'asseoir sur le banc tout proche, puis le laissant en plan, elle se mit à fouiller dans son sac. Elle en sortit une bouteille en plastique vide qu'elle alla remplir à la fontaine avant de revenir triomphante. Devant sa mine réjouie Owen se dit que finalement le monde courait peut être à sa perte. Néanmoins il remercia la jeune fille pour son attention.

« De quoi sauver Mr. Pants des vilaines taches »
"Merci mademoiselle, donnez moi cette fichue bouteille que je nettoie cette plaie. Le pantalon peut attendre. Si je me vide de mon sang, ça me fera une belle jambe de crever dans un pantalon propre."

Owen prit la bouteille des mains de la jeune fille et enleva sa chaussure et sa chaussette trouée avant de remonter le bas de son pantalon pour faciliter l'accès à la blessure. La chaussure et la chaussette étaient dans le même état que le pantalon, l'odeur en plus. La balafre était large, mais semblait peu profonde, pourtant elle avait pas mal saigné. La jambe du vieux SDF était d'une maigreur effrayante, comme sans doute le reste de son corps, ce qu'avaient surement dissimulé les vêtements en loques qu'il portait.
Versant de l'eau au dessus de sa plaie, Owen ne put réprimer une grimace et un petit grognement de douleur lorsque le liquide froid toucha sa blessure.

"Bon sang, ça fait un mal de chien."

Il vida l'intégralité de la bouteille afin de nettoyer la plaie qui une fois propre sembla bien moins grave qu'il n'y paraissait. Puis il la tendit à Shanique avant de lui demander.

"Vous pourriez me la remplir à nouveau que je finisse mademoiselle, vous seriez bien aimable ? Au fait, je m'appelle Owen. Ce n'est pas le genre de rencontre que l'on fait tous les jours, mais avouez que ça reste original. Et vous comment vous appelle t'on à part la fille qui tombe à pic ??"
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MessageSujet: Re: La bombe S   Sam 30 Juil - 22:34

Pff, ces vieux, toujours à exagérer ! Ok c’était impressionnant, mais c’était tout : à moins qu’il soit hémophile, c’était pas deux-trois goutes qui allaient le tuer. Et même s’il était hémophile, c’était pas un peu d’eau qui allait changer quoi que ce soit. Mais bon c’était un vieux monsieur, et ça valait rien de bon de contredire les vieux monsieurs. Ils réussissaient juste à se vexer et à camper sur leurs positions. Un privilège de l’âge, pour compenser l’arthrite et la perte de cheveux. Ça finissait même en retour en enfance, d’après ce qu’on disait par chez elle, alors fallait s’en occuper comme des enfants. Ça tombait bien : les enfants, elle en connaissait un rayon dessus.

Comme pour un petit bobo, elle fit preuve de sollicitude en grimaçant avec lui (elle lui épargna malgré tout le coup du « bisou magique », il n’était tout de même pas encore gâteux). Maintenant c’était vrai que, sur une jambe d’anorexique, la plaie paraissait tout de suite plus grave. On le nourrissait pas ce vieux, ou quoi ? Après c’était peut-être tout simplement le manque d’exercice, qui devenait plus difficile avec l’âge. Une jambe sans muscles était une jambe maigrelette – et elle avait de grosses cuisses parce qu’elle était musclée, pas grosse. Enfin pas trop.

Le sang parti, le vieux sembla soulagé – et donc de meilleure disposition. Il commença bien sûr par donner ses instructions, mais le ton avait eu le temps de s’adoucir. Il s’était même présenté, et invitait sa jeune interlocutrice à faire de même. Comment résister ? C’était tout mignon.

« Ça vous pouvez le dire ! acquiesça-t-elle en reprenant la bouteille. Promis, je renverse pas d’vieux tous les jours – ni d’jeune, d’ailleurs. Moi c’est Shanique, et je tombe plus souvent à plat qu’à pic. J’viens du Tennessee. »

Sur ce, elle partit au pas de course à la fontaine pour recharger les munitions.
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MessageSujet: Re: La bombe S   Dim 31 Juil - 22:52

La jeune fille sembla se détendre un peu, et souriant à Owen, elle dit:

« Ça vous pouvez le dire ! Promis, je renverse pas d’vieux tous les jours – ni d’jeune, d’ailleurs. Moi c’est Shanique, et je tombe plus souvent à plat qu’à pic. J’viens du Tennessee. »

Elle prit la bouteille des mains d'Owen alla la remplir à la fontaine et la lui rendit. Le vieux SDF le prit et après l'avoir débouchée, la but entièrement presque d'un trait. Ce qu'il avait soif. La chaleur de cette journée d'été avait été rude, sans compter son accident avec cette jeune fille. Il soupira de plaisir après avoir fini de boire et rendit la bouteille à Shanique.

"Enchanté, Shanique, et merci pour l'eau, j'étais assoiffé. J'allais me désaltérer à cette fontaine quant ton arrivée impromptue à légèrement changé mes plans. Tennessee ? Je me disais bien que ton accent ne venait pas de New-York. Si tu veux mon avis, ta carrière de professionnelle de la planche à roulette s'arrête là. Je ne sais pas si c'était la première fois que tu en faisait, mais ça en avait tout l'air. Pour le bien de l'humanité, s'il te plait jeune fille, reste sur tes deux pieds et marche comme les gens civilisés."

Le ton d'Owen était beaucoup plus enjoué et les petites plaisanteries qu'il s’autorisait indiquait clairement qu'il n'en voulait pas vraiment à Shanique. Après tout elle aurait très bien pu rire de lui et reprendre son chemin comme si rien ne s'était passé.

"Tu semble être une brave fille. alors qu'es ce qu'une gamine du tennessee vient faire ici à New-York ?"
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MessageSujet: Re: La bombe S   Lun 1 Aoû - 11:31

Ah bah tiens elle était potable, l’eau des fontaines à New York ? Apparemment oui, sinon le vieux n’en boirait pas comme ça sans broncher. Après tout le vieux connaissait sûrement mieux la ville qu’elle… c’était bon à retenir, si elle avait un jour envie de faire l’économie d’une boisson sucrée. Après tout, y’avait plein d’autres moyens de dépenser son argent ici, alors autant ne pas cracher sur les bouts de chandelle. On ne savait jamais à quoi ça pouvait servir.

« Y’a pas de quoi, M’sieur Owen : faut s’hydrater. C’est important », eut-elle le temps de placer avant qu’il n’évoque son accent et sa virtuosité au skate.

Elle haussa les épaules jusqu’aux oreilles et sourit d’un air contrit. Ouais, elle savait bien ça, mais c’était le genre d’expérience qu’il fallait au moins vivre une fois dans sa vie, non ? Elle avait jamais pu tenter le coup dans son patelin, vu que les routes étaient réservées aux voitures et uniquement aux voitures. Question de mœurs, en gros : la vie était toujours plus cool en ville qu’à la campagne. Alors elle en profitait, puis zut ! que sa particularité lui serve au moins à quelque chose.

« Elle vient essayer d’avoir une vie normale, expliqua-t-elle en s’installant à son tour sur le banc. Paraît que je suis un danger public, et le Tennessee tient à ses p’tits vieux. Ils ont préféré refiler la bombe S comme Shanique à l’État de New York. Pas de bol, hein ? »

Elle ponctua la remarque par un clin d’œil complice qui disait tout. Comme danger public on repassera (quoique…), mais c’était bien le genre de discours que véhiculait le Registration Act. Elle se sentait pas super concernée, mais ils en parlaient pas mal à l’Institut. Genre parce qu’ils étaient mutants, fallait absolument qu’ils aient une opinion là-dessus. Si elle devait en avoir une, elle trouvait que c’était pas une trop mauvaise idée parce que sans ça, elle aurait peut-être jamais entendu parler de cet établissement.

« Blague à part, ça se voit pas spécialement mais j’ai une maladie génétique, avoua-t-elle enfin. Une pas très courante, super chiante et avec un nom bien barbare comme il faut. Y’a pas beaucoup de centre pour s’occuper des gens comme moi, donc j’ai pas fait la difficile… mais j’ai de la chance, celui de New York est chouette ! Ils ont même pas fait d’histoire pour la bourse, et ils sont tous très très gentils. C’est dur de partir de la maison, mais j’suis quand même mieux ici que là-bas. »
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MessageSujet: Re: La bombe S   Lun 1 Aoû - 21:27

Owen pensait que tous les jeunes étaient ennuyeux et malpolis, mais la petite Shanique lui paraissait bien sympathique. Enfin autant que peut l'être une jeune fille qui vient d'essayer de vous péter un tibia avec une planche à roulettes. Bien qu'il ait fini de boire depuis quelques secondes Owen faillit s'étrangler en entendant la remarque de Shanique sur la bombe S. Y avait pas à dire, cette petite avait de l'humour et avait fait mouche. Le vieil homme n'avait pas rit d'aussi bon cœur depuis bien longtemps... Sans doute plus de quarante ans....
Mais même les meilleures choses ont une fin. Le sourire d'Owen s’effaça lorsque la jeune fille pleine de vie qui discutait volontiers avec un vieil SDF qu'elle connaissait à peine lui apprit qu'elle souffrait d'une maladie génétique rare. Owen sentit comme une boule se former dans son estomac, une sensation étrange, comme refoulée depuis longtemps et une grande tristesse l'envahit.
*Bon sang, je dois me faire vraiment vieux. Voila que j'ai de la peine pour une fille que je connais à peine et qui en plus vient d'essayer de me casser une jambe y a pas cinq minutes.*

Owen se ressaisit et sourit à Shanique, comme pour masquer un peu le malaise qui venait de s’installer entre eux à l'évocation de cette étrange maladie.

"Je suis Désolé Shanique. C'est terrible d'apprendre ce genre de nouvelle. Comment fais tu pour être aussi joyeuse et vivante avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête ? et de quel genre de maladie génétique rarissime souffre-tu ? Tu as de la chance d'avoir trouvé un centre qui puisse te traiter ici, les maladies orphelines sont souvent incurables et comme elles sont très rares, en général elles n'intéressent pas les chercheurs ou les médecins."

Owen ne savait pas vraiment ce que voulait Shanique, mais si c'était quelqu'un à qui se confier, il n'avait rien de mieux à faire en ce moment.....
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MessageSujet: Re: La bombe S   Lun 1 Aoû - 23:13

Les gens avaient raison, tout compte fait : le troisième âge n’était pas si différent de l’enfance ! Il suffisait de prendre le bobo à la rigolade pour que tout soit oublié et que les zygomatiques se remettent en marche. Il avait un bon gros rire de grand-père, assez communicatif et « bon-enfant ». Il n’en fallait pas plus pour qu’elle profite à son tour de sa cure de rire, aussi bénéfique pour la santé que pour la bonne humeur.

Peut-être aurait-elle mieux fait de s’abstenir de donner la véritable raison (même déguisée), car immédiatement la figure du vieux s’assombrit. Bon d’accord, elle exagérait peut-être un peu en parlant de « maladie génétique »… mais juste un peu : ça sortait de ses gènes comme ça, sans prévenir, alors que personne dans sa famille avait jamais eu ça. Bon certes, elle ne connaissait pas toute sa famille (juste celle de sa mère), mais c’était tout de même une drôle de loterie. Et en plus, ça chamboulait tous ses plans de vie.

« En fait, j’vais p’têt vous surprendre, mais j’suis surtout soulagée de savoir ce que j’ai. Vous pouvez pas savoir comme c’est stressant de se faire balader d’un spécialiste à l’autre ! et chacun y va de sa petite théorie bidon plus zarb que la précédente. Alors c’est vrai, quand le trente-deuxième bouffon en blouse blanche a enfin trouvé quelque chose qui s’est vérifié dans mon ADN, je vous cache pas que ça m’a fait un choc. Sauf qu’après avoir entendu tous les diagnostiques possibles et imaginables, j’ai envie de dire que c’est « que » ça. »

Il y en avait même un qui s’était demandé si ses crises n’étaient pas le signe avant-coureur d’une tumeur maligne. C’était qu’ils avaient beaucoup d’imagination, les spécialistes du cerveau humain.

« Déjà la bonne nouvelle, c’est que ça va pas me tuer, expliqua-t-elle en regardant la fontaine d’un air rêveur. Y’en a certains que ça rend plus fort, paraît-il, mais je compte pas trop là-dessus. Y’en a aussi que ça rend fou, et ça a bien failli m’arriver avant que j’arrive ici. Maintenant, j’dois surtout apprendre à vivre avec et à contrôler les effets secondaires… prévenir les crises, tout ça. Ça c’est la partie la plus chiante. Je gère pas terrible, mais ils disent que ça va venir. Je peux que les croire, vu que l’Institut est bourré d’anciens pensionnaires qui sont devenus des gens très bien. C’est juste que… »

Elle eut un moment d’hésitation, avant de lever vers le vieil homme un regard plein de mélancolie.

« C’est juste que je sais que ce sera plus jamais comme avant. Je croyais avoir des projets d’avenir, et maintenant je suis plus sûre de rien. »
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 3 Aoû - 1:27

Plus la jeune fille se confiait à Owen et plus il trouvait que la conversation devenait intéressante. Non pas que la vie privée de Shanique l'intéressait au plus haut point, mais au fil de la conversation elle montrait une certaine complicité très attachante. Il ne put acquiescer lorsque Shanique lui confia qu'elle était plutôt rassurée de connaitre enfin l'origine de son "mal" après avoir été baladée de spécialistes en spécialistes.

"Je comprends Shanique. Quant quelque chose va mal, il est parfois bon de savoir pourquoi, même si parfois la réponse peut décevoir."

Au début Owen se sentait désolé pour elle. Mais au fur et à mesure qu'elle lui en confiait plus sur sa "maladie", il eut l'impression de comprendre le sens caché réel de son "mal". Ce fut d'abord un certain soulagement lorsqu'elle dit que cela n'allait pas la tuer. Puis elle dit que cela en rendait certains plus forts ou fous et qu'il lui fallait apprendre à en maitriser les effets secondaires. Shanique semblait en fait en train de lui dire qu'elle était une mutante. Lorsque Owen comprit ce sens caché, il ne put empêcher une légère expression de surprise passer sur son vieux visage. Puis il se ressaisit, comprenant que la jeune fille lui confiait naïvement sans vraiment le vouloir les choses qu'elle avait sur le cœur.

"Shanique, j'ai peur de comprendre ce que vous semblez vouloir me dire sans vraiment le faire. En fait votre maladie génétique n'en est pas vraiment une, sauf du point de vue de certains. Vous devriez faire attention à ce que vous révélez sur vous à des gens que vous connaissez à peine. Vous ne savez pas qui je suis réellement et ce que je peux penser des mutants. Parce que c'est ce que vous venez de m'avouer, Shanique, que vous êtes en fait une mutante ?"

Owen marqua une courte pause afin d'étudier la réaction de la jeune fille. Il ne voulait pas vraiment l'effrayer, mais au moins lui mettre un peu de plomb dans la cervelle afin qu'elle se méfie un peu plus des inconnus.

"Heureusement vous avez de la chance, je n'ai rien contre les mutants, sauf s'ils essayent de me griller à coup d'éclairs ou de rayons d'énergie. Il vous faut faire attention aux personnes à qui vous confiez ce genre de secret, qu'auriez vous fait si j'avais été un de ces imbéciles de racistes anti-mutants pour qui la mutation représente la dernière abomination de ce monde ?"

Owen essayait de faire comprendre le danger que pouvait représenter son secret s'il était confié à n'importe qui. Il ne voulait pas non plus effrayer plus que nécessaire la jeune fille.

"Après tout vous ne savez rien de moi. Que diriez vous si je vous apprenait que j'ai fait de la prison? Que si je vis dans la rue aujourd'hui, c'est parce qu'il est difficile pour quelqu'un de mon âge avec un casier de trouver du travail? Bha... Vous êtes quelqu'un de bien Shanique, vous avez voulu me rassurer sur votre sort, et ça vous a échappé. Faites un peu plus attention à l'avenir, tout le monde n'est pas aussi bien disposé envers les mutants malheureusement. Je suis tout de même heureux que vous ayez trouvé votre voie. Je ne connais pas cet "institut" dont vous parlez, mais s'ils s'occupent bien de vous et de votre "souci de santé" c'est l’essentiel. J'espère juste qu'ils font ça uniquement pour vous venir en aide et pas pour se servir de vos capacités à des fins peu avouables."

Owen ignorait tout ou presque de l'institut. Il savait juste que nombreux étaient les mutants ou humains qui aimaient à manipuler et utiliser les autres à leurs seuls profits. Et penser que Shanique puisse être trompée par ce genre d'individu l'inquiétait.

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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 3 Aoû - 17:31

Si la jeune mutante avait eu la pigmentation pour, elle aurait rougi comme une tomate quand le vieil homme la démasqua d’un revers de main. Y’avait si peu de maladie que ça qui ne tuait pas et qui rendait plus fort ? Pourtant c’était pas ce que disait le proverbe. Ni le médecin qui avait commandé l’analyse génétique – lui il croyait dur comme fer qu’elle avait une maladie orpheline (un nom idiot, d’ailleurs, puisqu’elle avait aucun décès dans sa famille). Ce qui était pas totalement faux, si elle avait bien compris le blabla. Une histoire de moitié de mutation de papa qui rencontre la moitié de mutation de maman, et voilà un mutant complet de plus sur cette pauvre planète. Parfois la mutation te refilait une méchante maladie méconnue, parfois des superpouvoirs de la mort qui tue. Pas de bol : elle était entre les deux.

« J’ai vraiment dit tout ça ? » l’interrogea-t-elle, inquiète de sa propre indiscrétion.

La reine des boulettes, sans aucun doute. Ça l’apprendrait à essayer de rassurer les p’tits vieux sur son sort, tiens. Si tous les New-Yorkais étaient aussi bien informés que lui sur le gène X et ses effets, elle était pas dans la merde. Ça l’épatait, quand même, parce que tout ce qu’elle savait là-dessus avant de débarquer ici, c’était que des jeunes gens devenaient du jour au lendemain des gens très très spéciaux, avec des capacités plus ou moins impressionnantes. Elle avait bien sûr pris quelques cours de rattrapage, entretemps, mais c’était juste parce qu’elle était le nez dans le caca.

« Si vous m’aviez traitée de monstre, j’vous aurais dit que c’était pas gentil de se moquer des malades, et que les seules abominations c’était mes imbéciles d’ancêtre qui ont r’filé une bombe à retardement à leurs gosses (si j’ai bien compris). J’aurais rajouté que s’ils continuaient j’allais faire une crise, et que c’était pas bon pour mon cœur… mais quand j’y réfléchis, j’aurais sans doute même pas eu l’temps : les crises, ça vient tout seul quand on me fout la pression. En général, ça calme même les plus hystériques de me voir comme ça. »

Elle n’osa pas dire qu’elle avait vérifié l’hypothèse à l’instant : en temps normal, les gens n’étaient pas aussi conciliants quand on avait manqué de les écraser. Et si finalement, son pouvoir servait vraiment à susciter la pitié ? Ouais, c’était une idée. Pouvoir de merde, mais pouvoir quand même.

« J’suis pas dangereuse, vous savez, crut-elle bon de préciser, à part quand je suis sur un planche de skate bien sûr. Je veux dire, ça fait même plutôt pitié quand ça se déclenche sans prévenir… alors à moins d’en profiter pour me faire faire la manche, je vois pas beaucoup de fins peu avouables. »

Tellement que même l’Initiative n’avait pas insisté pour la recruter dans son camp de boyscouts. Était-ce une bonne nouvelle ?


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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 3 Aoû - 20:45

Owen sourit intérieurement à la réaction de la jeune fille quant à son secret éventé. Il est vrai que pour le commun des New-Yorkais ces quelques allusions n'auraient pas voulu dire grand chose. Mais quant on passe plus de quarante ans enfermé dans une prison pour supers criminels, on s’aperçoit bien vite que leur nombre est en constante évolution. La faut à l'évolution justement, la race mutante, le prochain maillon de l'évolution humaine. Bha, même si Owen n'en faisait pas vraiment partie, il n'était pas non plus dans l'autre camp.

« Si vous m’aviez traitée de monstre, j’vous aurais dit que c’était pas gentil de se moquer des malades, et que les seules abominations c’était mes imbéciles d’ancêtre qui ont r’filé une bombe à retardement à leurs gosses (si j’ai bien compris). J’aurais rajouté que s’ils continuaient j’allais faire une crise, et que c’était pas bon pour mon cœur… mais quand j’y réfléchis, j’aurais sans doute même pas eu l’temps : les crises, ça vient tout seul quand on me fout la pression. En général, ça calme même les plus hystériques de me voir comme ça. »
"Bha les seuls monstres que je connais, sont ceux qui battent leur femme ou leurs gosses, qui haïssent leurs voisins à cause de la couleur de leur peau ou qui sont prêts à tout pour faire fortune, même si cela implique de vendre leur propre mère."

Owen essayait de faire un peu d'humour pour détendre l'atmosphère. Shanique pouvait se sentir oppressée en sachant son petit secret découvert, mais elle semblait tenir le coup.

"Il semblerai que votre mutation ne soit pas de tout repos. Sans doute parce que vous êtes encore jeune. J'ai cru comprendre que lorsque cela apparaissait au grand jour, c'était assez chaotique au début et que ça pouvait même être dangereux pour soi même, les autres, ou les deux. Mais après avec le temps il semblerait possible de maitriser le phénomène. Vous m'avez parlé d'un institut. Une sorte d'école ou de centre pour apprendre justement à maitriser vos "dons" ?? Si c'est cela, vous avez de la chance de l'avoir trouvé..."

Owen essayait de la rassurer tout en essayant d'en savoir plus. Il était tout de même méfiant. Depuis sa sortie de prison, il se sentait épié, surveillé. Se pourrait-il que cette apparente jeune fille naïve soit en fait ici pour l'espionner et l'interroger ?? Leur rencontre n'aurait alors pas été le fruit du hasard. Finalement Owen ota ces pensées de son esprit. Avec l'âge, il devenait surement parano...
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 3 Aoû - 22:28

Pour un gars qui avait autant roulé sa bosse dans une ville de super-héros et autres super-malfrats, le gars avait une drôle vision du « monstre ». D’habitude on parlait plutôt de ce fou-furieux qui avait fait un carnage pas possible, juste avant la guerre. Ou alors des terroristes, tueurs en série, etc., mais pas de racisme ou de violence ménagère dans tout ça. Et encore moins des financiers véreux… à quand un Registration Act des boursicoteurs, hein ? Eux aussi ils savaient faire des carnages, pour une action en plus ou en moins. Du moins c’était ce que racontait son beau-père, quand l’usine avait failli se payer un plan de restructuration. Cette pensée lui arracha un pâle sourire.

« Vous avez raison, c’est pas bien de blâmer les anciens. Ma mère m’aurait tiré les oreilles si elle m’avait entendue ! »

Même s’ils auraient pu s’abstenir de muter de moitié, ceux-là. Limite qu’ils mutent en entier, histoire de prévenir la génération suivante, mais pas laisser un cadeau empoisonné pourrir trois siècles et demi avant de faire « bouh ». Pour être honnête, elle s’en serait bien passée si elle avait pu. Pas de bol : on ne laissait que rarement ce genre de choix au commun des mortels. Ni aux élus, d’ailleurs : elle aurait préféré être élue pour quelque chose d’un peu plus cool. Comme casser une brique à la force du petit doigt, par exemple.

« Ouais, ça fait pas très longtemps, confirma-t-elle. Quelque chose comme cinq mois, si j’me fie aux premières crises, mais ça fait que quelques semaines que je sais ce que c’est. Grâce à un test génétique, en plus, vous y croyez vous ? »

Elle n’en était pas sûre elle-même – elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’ils avaient peut-être échangé son dossier avec un authentique mutant –, mais apparemment y’avait peu de doute. Sauf à supposer qu’un autre individu féminin de race noire porteur du gène X ait demandé une analyse ADN le même jour qu’elle. Elle avait probablement sa place ici, mais juste en tant que bouffon de service. C’était frustrant mais c’était ainsi.

« Comme je vous l’ai dit, y’a pas beaucoup d’institutions pour s’occuper de nous. Quand j’me suis fait recenser, ils m’en ont juste présenté deux : une sorte de super-camp d’entraînement surprotégé pour futurs super-héros gouvernementaux de l’élite suprême (du style que même si j’avais voulu d’eux, ils auraient sans doute pas voulu d’moi), et puis l’Institut Xavier ici à New York. Leur but c’est qu’on puisse vivre en société, comme tout l’monde en gros. Ça tombe bien parce que j’en demande pas plus. »


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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 3 Aoû - 22:50

Owen écoutait attentivement Shanique. Elle en disait finalement trop pour être envoyée par le gouvernement afin de le surveiller, et puis elle était trop jeune. Il semblait que la découverte de sa mutation soit toute récente, et Owen comprit alors le stress que devait éprouver la jeune fille. Il était toujours difficile de constater que l'on avait changé, et pas seulement vieillit comme tout le monde. Les mutations naturelles ou artificielles marquaient les êtres qui le subissaient aussi bien dans leur chair que dans leur esprit. Owen l'avait appris à ses dépends lorsque son pouvoir l'avait rendu fou.
Owen eut un petit sourire en coin quant Shanique évoqua le camp d'entrainement gouvernemental des Thunderbolts, le fameux Camp Hammond. Mais son sourire se transforma en surprise lorsqu'elle mentionna l'institut Xavier. Cette surprise dut se lire sur son visage car Shanique le regarda bizarrement.

"Le camp Hammond, j'en ai entendu parler. C'est là bas que le gouvernement entraine et forme les futurs supers héros sous licence. Par contre je n'avais jamais entendu parler d'un institut Xavier. Ce nom me dit quelque chose. Ça n'aurait pas un rapport avec un certain Charles Xavier ??"

Owen ne pensait pas entendre encore ce nom après tant d'années. A l'époque de son arrestation, le Clean et autres moyens électroniques pour neutraliser les pouvoirs mutants n'existaient pas. Aussi, face au terrifiant pouvoir de l'Homme Molécule, et afin que son procès puisse se dérouler dans le calme, ils avaient demandé à Charles Xavier de brider son pouvoir grâce à ses dons de télépathie. Et même si maintenant ce bridage s'était estompé avec le temps, Owen était loin d'avoir retrouvé la puissance qui était sienne à l'époque. Un bien pour un mal, ce pouvoir l'avait toujours terrifié de toute façon, et il n'aurait sans doute jamais été guéri s'il l'avait conservé intact. Cela lui avait servi d'ailleurs avec l'Initiative. Il leur avait fait croire qu'à cause de ce bridage, il ne pouvait plus utiliser son pouvoir. Et ils l'avaient laissé tranquille.

"Un précepte louable qu'essaye de véhiculer cet institut Xavier. Dommage que d'autres ne l'approuvent pas. Il suffit de voir le carnage de la commémoration de la mort de Cap pour comprendre que même chez les mutants, la division règne. Pensez vous vraiment que les mutants puissent vivre en paix avec les humains normaux ? Ils pensent sans doute à juste titre, que leur existence est vouée à l'extinction si les mutants sont effectivement l'avenir de l'humanité."
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MessageSujet: Re: La bombe S   Dim 7 Aoû - 21:59

Elle avait dit quelque chose qu’y fallait pas ?

Que le « super-camp d’entraînement surprotégé pour futurs super-héros gouvernementaux de l’élite suprême » (aka le camp Hammond, sur les ruines de Stamford) le fasse sourire, elle comprenait : elle-même trouvait que ça ressemblait à une grosse blague ! Comme si tous les mutants avaient des ambitions héroïques, bonjour le raccourci quoi. S’occuper de ses fesses (et de celles des enfants des autres) lui suffisait largement, pour ce qui la concernait.

Tout ça pour dire que ça n’avait rien de vraiment étonnant, jusque là, mais qu’est-ce qu’il avait à tirer cette drôle de tête à la mention de l’Institut Saint-Xavier de la Grande Naïveté ? C’était tout de même pas un crime de vouloir vivre sa vie comme tout le monde, zut à la fin… D’accord c’était pas gagné, mais il y en avait qui s’en sortaient très très bien aussi. Enfin, c’était ce qu’on lui disait. Il devait bien y avoir un fond de vérité. Les mutants ne pouvaient décemment pas être tous des super-héros (y’avait aussi des super-vilains, ok, mais c’était vraiment tout ?).

« Charles Xavier, vous dites ? réfléchit-elle tout haut. Ouais, possible. Un grand chauve, tiré à quatre épingles, avec un air un peu aristo ? J’crois que c’est not’ généreux donateur. Le fondateur, quoi. Avant, l’Institut, c’était sa maison – entre nous, j’comprendrai jamais comment on peut vivre tout seul dans une si grosse baraque. Il est mort maintenant, mais y’a quelques portraits qui traînent ici ou là. Pourquoi, il est connu ? En dehors de l’Institut, j’veux dire. »

Parce qu’à l’Institut, c’était sûr, tout le monde le connaissait sous une seule et même définition : c’était un grand homme. Point à la ligne. Un peu comme si on parlait de Jésus dans un collège jésuite – on n’en disait pas grand-chose, sinon que c’était un être exceptionnel à qui on devait beaucoup. Et comme Jésus, il aurait eu une philo d’amour et d’eau fraîche qui avait contaminé l’Institut qu’il avait créé. Le contraire aurait paru bizarre. Ou hypocrite, peut-être. Tant acculée, la naïveté contrattaquait quand même :

« J’suis noire, M’sieur Owen. Par définition, j’vous suis supérieure en cas d’attaque d’UV. Ça doit vous faire très peur, non – que je prenne la place de vos p’tits-fils parce que je résiste au soleil ? »

Elle secoua la tête et haussa les épaules. C’était très con comme raisonnement, mais c’était un peu ça. Elle savait pas très bien si le phénomène mutant représentait l’avenir ou pas, mais ce devait pas être si différent que d’être Afro-Américaine : fallait pas s’attendre à une grande mixité, hein, mais un peu de tolérance restait plus ou moins négociable. Tant qu’elle se rendait utile sans prendre la place d’un autre, elle pouvait même très bien s’entendre avec la race blanche.

« Faut pas leur répéter, chuchota-t-elle sur l’air de la confidence, mais j’y crois pas trop. Je serai jamais comme tout l’monde, c’est comme j’vous le disais : je dois juste apprendre à vivre avec. Essayer ça coûte rien, mais je me fais pas d’illusion… Les super-héros ils peuvent encore se permettre de les bichonner, au cas où ça leur sauverait les miches un d’ces jours, mais le reste… Allez savoir. Comme les Noirs, en gros : y’a les stars de la NBA, et puis y’a les autres. »

Comme tout n’était pas noir au royaume des surhommes, elle souligna malgré tout un avantage du gène X sur le pigment :

« Ils me feront peut-être pas de cadeaux, mais au moins ça se lit pas sur mon visage. Ça va pas leur faciliter la tâche, j’crois. »

On se consolait comme on pouvait. Et là elle y pouvait pas grand-chose.
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mar 9 Aoû - 23:55

Owen devait se méfier. La jovialité et la naiveté de cette jeune mutante risquait d'être communicative, et s'il n'y faisait pas attention, il pouvait se retrouver à lui faire des confidences qu'il aurait préféré garder pour lui. Sa description de Charles Xavier le fit rire jusqu’à ce quelle lui apprenne sa disparition.
Elle plaisanta ensuite sur l'éventualité de la disparition de la race humaine au profit des mutant, ce qui fit encore une fois sourire le vieil homme.
Et enfin elle prétendit ne pas vouloir jouer au super héros, ce qui rassura un peu Owen qui ne voyait pas la jeune fille en costume ridicule à arpenter les rues avec d'autres crétins costumés comme elle.
Finalement elle se félicita que sa mutation ne fut pas visible comme c'était malheureusement parfois le cas. Owen ne put s'empêcher de toucher les étranges cicatrices qui striaient son visage, bien que l'âge et les rides les rendent difficile à voir maintenant.

"J'ignorais que Charles Xavier était mort. Il est étonnant qu'un homme tel que lui ait pu mourir si jeune. J'ai peur de ne pas me sentir bien concerné par la disparition annoncée de la race humaine remplacée par les mutants. Je suis déjà trop vieux et je n'ai pas plus de petits enfants que d'enfants. Quant à votre décision de ne pas jouer au basket, je ne peux que l’approuver, vous n'êtes de toute façon pas assez grande pour vous risquer à ce sport. Vouloir être un héros n'apporte rien de bon de toute façon."

Tandis qu'Owen parlait il ne pouvait empêcher sa main de toucher les marques qui ornaient encore son visage, vestige des radiations qui l'avaient transformé il y a si longtemps.

"Oui, vous avez un peu de chance dans votre malheur. Certains ne peuvent cacher leur vraie nature afin d'espérer vivre une vie normale. Mais peut-on vivre normalement en cachant aux autres sa vraie nature ? Ce serait en fait renier un peu ce que l'on est vraiment."

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MessageSujet: Re: La bombe S   Jeu 11 Aoû - 20:45

Décidément, le sourire de « M’sieur Owen » avait des allures de valeur boursière : il montait et descendait au gré du flux d’information, avec un rythme plus ou moins imprévisible. Radieux quand elle décrivait un type qu’elle n’avait vu qu’en portrait, il s’effondrait quand elle rappela qu’il était mort, pour revenir en force à la faveur d’une prophétisation de la suprématie des Noirs face au réchauffement climatique. Enfin, une étrange démangeaison sembla le prendre quand elle se félicita de pouvoir se promener dans la rue sans attirer le regard (en tout cas pour ce point précis). Peut-être aurait-elle dû y voir un lien, mais elle était trop occupée à défendre l’honneur des idoles de son enfance pour ça :

« Ça apporte quand même la gloire et la reconnaissance. C’est pas rien, c’est juste pas mon trip. Toute façon, si comme vous dites on va remplacer les « Blancs », va y avoir saturation dans le métier. Parce que si tout l’monde devient basketteur, qui est-ce qui va remplir leurs stades ou acheter leurs boîtes de céréales ? C’est qu’en plus faut les nourrir, ces grandes bringues, alors si même le fermier est trop occupé à jouer à la baballe pour sauver les estomacs… On est mal, quoi. Un travail honnête, c’est p’têt moins glamour mais ça m’va pas plus mal. »

Quoiqu’elle aurait pas dit non, si on lui avait proposé le rôle d’une incroyable Hulkette. Le teint verdâtre en moins. Et une silhouette un peu plus féminine, aussi. Non en fait c’était pas une bonne idée, l’incroyable Hulkette. Le must ç’aurait été l’incroyable rien-du-tout, humaine jusqu’au bout des ongles : elle vivait très bien sans, et elle en avait jamais eu besoin pour savoir qui elle était.

« Tintin, objectait-elle d’ailleurs, imitant maladroitement le buzzeur d’un mauvais jeu télévisé. J’ai pas changé d’vrai nature en cours de route, enfin j’crois pas. J’suis pas juste ma différence, merde : elle a mis quinze ans à sortir d’son trou et j’me sens pas moins moi maintenant qu’avant. Alors pourquoi j’aurais pas l’droit de faire comme si de rien n’était, si j’veux ? »

Sur ces mots, elle jeta au vieux un regard de défi. Elle allait tout faire pour avoir une vie normale, et personne n’allait l’en empêcher [d’essayer en tout cas].
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MessageSujet: Re: La bombe S   Jeu 11 Aoû - 23:08

Décidément cette petite avait l'esprit vif et une envie de croquer la vie à pleine dents qui faisait chaud au cœur. Owen avait presque oublié tout ça depuis qu'il errait tel un fantôme dans Central Park. Pour lui la vie ne valait plus grand chose, et c'était surement plus par peur de la mort que par amour pour la vie qu'il restait. Elle avait une vision particulière et pourtant logique du monde qui l'entourait, et ses métaphores restaient étranges. Pourtant Owen la comprenait sans toutefois adhérer complètement à son discourt.

"De toute façon, ce n'est pas le costume ou les pouvoirs qui font le héros. C'est le courage et la volonté. Nombreux sont ceux qui possèdent le don de changer le monde mais qui n'en font rien. Tous les gars de plus de deux mètres ne jouent pas au Basket non plus. Alors je crois que même dans le futur il restera des personnes simples pour cultiver les champs, vendre des journaux ou conduire des taxis."

Owen ne croyait pas que ,même si le monde se retrouvait un jour avec une population composée uniquement de mutants, ce soit si différent d'aujourd'hui. Certains feraient respecter la loi en portant un uniforme, et d'autres l'enfreindraient. Tout serait comme aujourd'hui en fait, avec la majorité des gens qui essayent de vivre leur petite vie tranquille.

"Mais tu es libre de vivre la vie que tu veux. Rien ne t'oblige à vouloir jouer à la super héroïne, surtout si tu aspire à autre chose. J'ai presque plus de respect pour les héros du quotidien, pompiers, chirurgiens et autres, que pour les supers héros qui parfois se croient tout permit. Attention, je ne dis pas que la loi de recensement est une bonne chose. Après tout elle a conduit le pays au bord d'une guerre qui aurait pu couter très cher. Et la mort de Captain América est déjà à mon avis trop cher payé. Et pourtant aujourd'hui encore personne ne semble avoir retenu la leçon. Ya qu'à voir le bordel pendant l'anniversaire de la mort de Cap. C'est à se demander où va notre monde...."
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 17 Aoû - 17:40

Le discours du vieux avait quelque chose de rassurant. Il recoupait avec celui de Saint-Xavier, le plâtre de naïveté crasse en moins : il avait l’air de savoir de quoi il parlait, et il la jugeait pas. Pas que les gens de l’Institut soient moins informés ou plus sévères sur ses choix de vie, mais… ils vivaient un peu dans leur bulle, tout de même. Si elle avait bien compris les bruits de couloir, plus de la moitié des professeurs étaient d’anciens super-héros – quant à l’autre moitié, elle n’avait même pas encore décroché. Niveau crédibilité du « vivre ensemble », on avait vu mieux. En fait il n’y avait sans doute pas un seul non-mutant à un kilomètre à la ronde, pour des questions de sécurité. Du coup ça faisait du bien d’en discuter avec un être normalement constitué, pour une fois.

« C’est plutôt rassurant… ’fin, l’contraire serait plutôt malheureux. Manquerait plus qu’ils nous obligent à faire un service militaire. (Bref moment d’inquiétude.) Ils vont pas l’faire, au moins ? »

Parce que c’était pas dans ses projets. La mutation – et le séjour à New York qui allait avec – non plus, mais au moins elle s’amusait beaucoup, et rencontrait du beau monde, et apprenait plein, plein de trucs pas possibles. C’était mieux que de se terrer au fin fond du Tennessee en attendant que ça aille mieux, y’avait pas photo, mais bon c’était quand même pas tout. Elle avait besoin de vie, d’oxygène ! alors s’encroûter dans un ghetto doré entre gens pas normaux qui veulent sauver le monde, ça ne la tentait que moyennement.

« J’vais vous avouer, M’sieur Owen, je comprends pas trop toutes ces histoires. C’est que d’la politique, ça vaut pas l’coup de se déchirer comme ça. Surtout que bon… c’est fini depuis un bout, et on vit pas plus mal qu’avant. Moi ça m’a même permis de v’nir étudier ici, alors je vais pas me plaindre. Enfin pas trop. »

Elle se plaindrait bien de leur curiosité malsaine pour la nature des pouvoirs improbables, mais ça l’aurait obligé à dire ce qu’elle faisait. Si elle pouvait s’en passer, ce serait pas plus mal. En se montrant curieuse à son tour, par exemple :

« Z’avez l’air d’en connaître un rayon, pour que’qu’un qui est pas de l’Institut. Dites, vous en connaissez d’autres ? Des comme moi, j’veux dire ? »
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MessageSujet: Re: La bombe S   Mer 17 Aoû - 21:57

Owen se sentait gêné de cacher sa véritable nature à la jeune fille alors qu'elle lui avait confié ce qu'elle avait sur le cœur. C'était surtout sa méfiance naturelle et sans doute la peur d'être rejeté qui l'obligeaient à ne jamais tout dire de son passé. Après tout il n'était pas fier de ce qu'il avait fait pour mériter la prison pendant tant de temps. Mais il pouvait au moins essayer d'ouvrir les yeux naïfs de Shanique quant à ce qui risquait d'arriver à ce pays voire au monde entier s'il continuait dans cette voie. Même s'il avait passé la moitié de sa vie en prison, Owen avait une certaine expérience de ce genre de choses, et les évènements actuels n 'auguraient rien de bon.

"Je ne crois pas qu'il obligent qui que ce soit à s’enrôler chez les Thunderbolts et à suivre l'entrainement du camp Hammond. Mais cela peut bien sûr changer s'ils en décident ainsi. Le gouvernement à perdu beaucoup de crédibilité auprès de la population mutante au cours des dernières années. La guerre civile et la mort de Cap ne sont que les derniers évènements de cette descente aux enfers. Même si la guerre civile est officiellement terminée, elle est toujours présente, elle couve comme un feu que l'on croit éteint mais qui attend juste une étincelle pour reprendre de plus belle. Chaque camp à ses extrémistes, et ils ne peuvent vivre dans le même monde. Alors tous ceux qui veulent vivre normalement, les simples humains et ceux qui ne veulent pas prendre parti, tous ceux là sont les otages involontaires de cette guerre..."

Les paroles d'Owen faisaient froid dans le dos, et en même temps elles décrivaient une réalité qu'il était bon de ne pas oublier. Chaque guerre faisait ses victimes, et celle ci ne ferait pas exception, tout comme la précédente avait vu son lot d'horreurs. Owen comprenait le désir de Shanique de vivre normalement, mais il voulait qu'elle comprenne bien que parfois il était plus dur de rester neutre et de ne pas intervenir que le contraire.

"Je suis heureux d'entendre que vous souhaitez vivre une vie normale sans vous soucier de ces histoires politiques et idéologiques. Mais croyez en mon expérience, il est parfois plus dur de rester neutre que de prendre parti. Souvent les extrémistes des deux camps considèrent les indécis comme faisant parti à tord de l'autre camp et ils servent d'otage et de martyrs."

Enfin la jeune fille posa la seule question importante de la soirée. Comment Owen savait-il tout cela, lui un simple humain ?

"Shanique, je vous aime bien. Je ne voudrais pas qu'il vous arrive malheur. C'est pour ça que vous devriez plus vous méfier des inconnus et des gens à qui vous confiez vos secrets. Non pas que je vous veuille du mal, mais vous auriez pu plus mal tomber. Si j'en sais autant au sujet du problème mutant, c'est que j'ai passé pas mal d'années dans une prison de haute sécurité pour super vilains. Je ne suis pas moi même un mutant, enfin presque. J'ai eu un accident il y a longtemps qui m'a doté de certaines capacités dont je me suis très mal servi à l'époque. J'ai été arrêté et mis en prison pour ça, et j'ai maintenant été libéré sur parole. Voila en gros mon histoire. Vous comprenez maintenant pourquoi je vous dit de vous méfier de tout le monde. Même moi, je ne suis pas vraiment quelqu'un de fréquentable, même si j'ai purgé ma peine et que je me suis rangé."

Owen marqua une pause. Il lui était toujours difficile de parler de son passé et surtout de cette période sombre de sa vie. Il craignait toujours la réaction des autres en apprenant ça, surtout lorsqu'il commençait à les apprécier. Soit la Shanique affolée le fuirait, soit elle continuerait à écouter ses conseils tout en se méfiant de lui. Dans les deux cas, il lui aurait un peu ouvert les yeux sur le monde...

"J'ai côtoyé les pires malfrats que le pays ait connu, et maintenant certains font même partie des troupes du gouvernement en échange de leur liberté. J'ai moi même profité de la loi de recensement pour être libéré. Tout ça pour te dire que vouloir vivre aux cotés des humains est louable, mais reste à mon avis utopique. Trop d'extrémistes dans chaque camp voudraient que ça tourne mal, et ils ne reculent devant rien. Existe t-il une solution autre, peut être ... Certains veulent dominer les humains de par le droit de l'évolution, les autres, ton institut en première ligne, voudrait vivre avec eux alors que la plupart vous haïssent et les autres ont peur de vous... Que faire ??? Sans doute ni l'un ni l'autre... Ne pas les dominer, ni vivre avec eux... S'exiler ailleurs, se créer un havre de paix pour les mutants, un pays...."

Owen ne savait pas vraiment de quoi il parlait. Mais lorsqu'une population marginale et persécutée cherchait son identité, la solution de l'exil pouvait s'envisager... Pourquoi pas créer un Israël pour les mutants ???
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MessageSujet: Re: La bombe S   Lun 22 Aoû - 22:14

Shanique ne comprenait pas. Elle ne voulait même pas comprendre, en fait : ce n’était pas dans sa nature, ce n’était pas dans ses projets. Elle se fichait pas mal d’être la dernière des souillons – parce que même les petites mains méritaient le respect –, mais elle ne voulait pas choisir entre vivre en ermite ou en héroïne. Jamais ! c’était contre tout ce qu’on lui avait appris, comme renier ceux qui l’avaient élevée sous prétexte qu’elle était différente et pas eux. À ses yeux à elle, elle était comme tout le monde, avec le même droit aux conneries de jeunesse et à l’assagissement de maturité. Alors elle écoutait, oui, le vieux lui affirmer que ce qu’elle souhaitait frisait l’impossible, mais son regard têtu répondait de lui-même : « cause toujours, j’essaierai quand même ».

Sauf que les choses n’étaient pas si simples et les apparences pas si claires qu’elles en avaient l’air. C’était un peu sa faute, aussi, à toujours faire la sourde oreille aux avertissements successifs : le vieux avait déjà dû lui souffler deux ou trois fois de pas se confier comme ça à des inconnus (sa mère aussi, mais bon c’était sa mère), et elle l’avait à peine écouté. Alors voilà, il sortait l’artillerie lourde. Bam, prends ça dans le ventre : voyons ce qu’une bombe S savait faire face à la bombe MO comme M’sieur Owen.

Eh bien, à vrai dire… elle savait rire. Après une seconde de silence atterré, un petit rire nerveux lui chatouilla le fond de la gorge. Petit rire nerveux qui manqua bien de se muer en fou-rire franc quand elle croisa un regard on ne pouvait plus sérieux, et un peu triste aussi. L’hilarité resta donc bien coincée dans le fond de la gorge, et elle força son début de sourire à reprendre une tête d’enterrement pour écouter la seconde partie du sermon, qui ne faisait que taper le clou sur la ghettoïsation nécessaire des mutants. Ouais bon, elle était toujours pas d’accord mais c’était pas le plus important.

« Okay okay okay, s’avoua-t-elle vaincue par de grands gestes. D’accord, j’ai compris, j’vais me méfier des p’tits vieux et des p’tits jeunes de Central Park ou d’ailleurs, promis-juré-craché, mais, heu… ’scusez-moi, hein, mais z’étiez obligé d’me sortir une histoire pareille ? Pasque bon, là avec juste la moitié j’aurais compris la leçon j’crois ! C’est pas drôle de faire peur aux gens comme ça. »

Elle s’estimait déjà chanceuse que ça n’ait pas déclenché de crise. Déjà qu’il devait la prendre pour une conne pour y avoir cru une seconde…
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La bombe S

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