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 Virage [Libre]

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MessageSujet: Virage [Libre]   Mar 18 Oct - 19:09

Il était 20:14 quand Alexender passa la porte de sa maison. Les nerfs à vif, il se marmonnait des reproches à lui-même pendant qu’il fermait à double tour l’entrée de la villa. Ses parents y vivaient depuis presque 30 ans et lui avaient permis d’y loger pendant quelques mois après qu’il eut avoué ne pas se sentir en sécurité au dehors. Depuis, les choses avaient changés, on ne parlait plus autant de recensement, la guerre civile était révolue et il était temps pour lui de regagner le centre. Cela lui aurait en tous cas évité le désagrément qu’il sentait ce soir-là.
Alex travaillait en tant que stagiaire dans un petit hôpital de New York. En deuxième année de spécialisation dans les services d’urgence (pour ne suivre que les traces de son père), il venait de sortir d’une garde de 24 heures pendant lesquelles les cas médicaux s’étaient succédés. Cette soirée était censée lui donner du repos mais le simple fait de se rendre compte qu’il avait oublié son téléphone portable et son bipper dans son tablier l’esquintait rien qu’à l’idée de devoir rebrousser chemin.


Il descendit donc l’allée qui parcourait le jardin vers le garage pour y trouver sa voiture. C’était une vieille Ford des années 90’ gagnée à un concours télévisé par son père quand ce modèle était encore en vogue.
Assis au volant de l’auto, il mit le contact et entendit le moteur ronronner après un petit crachotement qui laissait deviner un vieillissement des voies d’échappement. La voiture quitta la propriété de la famille Marshall, phares allumés, dans une fin de crépuscule et gagna la voie publique dans un bruit de moteur agressif. Pendant que les lampadaires défilaient, l’attention d’Alex était davantage rivée sur ses pensées que sur la route. Il se demandait pourquoi il avait choisi de s’épuiser aux études au point d’en oublier ses affaires et commençait à douter de son choix. Bien qu’il aimait avoir un rôle dans le sauvetage des vies, toutes les connaissances qu’il avait acquise jusque-là lui semblaient futiles. « Pourquoi étudier quand le don est là ? ». Mais les gens n’étaient pas prêts à accepter une telle différence, une telle évolution. En tous cas, c’est ce qu’il pensait. Ou plutôt c’est ce qu’il avait pensé.


La voiture gris-métallisée d’Alex tourna à droite au carrefour qui rejoignait la 33e rue, celle où se trouvait l’hôpital dans lequel il travaillait. Elle s’arrêta à une vingtaine de mètres de l’entrée de l’hôpital au lieu de continuer vers le parking comme d’habitude. Alex descendit en claquant la portière avant de marcher quelques secondes qui précédèrent le bip de la fermeture centralisée. Il pensait toujours et ne s’était même presque pas rendu compte du trajet qu’il avait parcouru pour arriver là, ni du rétroviseur qu’il avait manqué de percuter ni même du feu orange qu’il avait brûlé. La fatigue était la pire de ses ennemies, et quand il la ressentait, il restait surtout plongé dans ses réflexions, dans l’attente que le sommeil le gagne pour qu’il puisse enfin s’allonger sur un lit douillet. Ses songes l’avaient soudainement stoppé dans sa démarche. Il était obsédé par une idée.


Il avait entendu parler des X-Men il y a longtemps, mais lors des histoires de recensement, son père avait trouvé dangereux de fréquenter de tels groupes. Qu’en était-il aujourd’hui ? Il ne le savait guère et avait ambition de savoir. Il était grand après tout, c’était à lui de décider de sa vie… Il reprit alors doucement la marche en pensant qu’il n’allait pas rentrer chez lui ce soir-là mais qu’il allait plutôt passer la nuit chez son frère qui avait un studio sur le campus de l’Université de New York.
Après avoir récupéré ses affaires, il sorti de l’hôpital d’un air pressé et n’avait pas vu une personne qu’il bouscula légèrement dans son élan. Il se retourna furtivement pour s’excuser avec un timide


« Désolé »
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Mer 19 Oct - 19:25

Une fois de plus Owen avait du quitter la relative tranquillité de Central Park pour s'aventurer dans les rues de New-York. Même s'il était né dans la grosse pomme, ici à Manhattan, il y a de ça maintenant plus de 72 ans, Owen s'y sentait comme un étranger. Outre le fait que tout avait bien changé pendant les 42 années qu'il avait passé à la prison de Ryker's Island, il se sentait désormais trop vieux pour s'adapter à ce nouveau mode de vie. En plus aujourd'hui il était sans emploi, sans logement et donc obligé de vivre, ou plutôt se survivre, dans la rue.
Coup dur de la vie quotidienne d'un SDF il avait une fois de plus été agressé dans la rue, devant l'une des banques où il avait l’habitude de faire la manche. La présence toute proche d'un vigile n'avait pas suffit à stopper deux voyous qui l'avaient bousculé puis frappé à la tète avant de lui dérober le peu qu'il avait ramassé, six malheureux dollars.
Le vigile avait toutefois appelé une ambulance qui avait à contre cœur emmené le vieil homme jusqu’à l’hôpital le plus proche. Owen n'aimait pas les hôpitaux. Sans doute à cause du fait que sans couverture sociale, il savait qu'il n'aurait pas droit a des soins décents et que cela lui rappelait trop bien sa situation actuelle. Même si depuis plus d'un an maintenant qu'il vivait dans la rue, il avait apprit à ravaler sa fierté et à mendier comme beaucoup.
Les choses se déroulèrent aussi mal que l'avait redouté Owen. Les ambulanciers roulèrent à tombeau ouvert jusqu'à l'hôpital, plus pour se débarrasser au plus vite de lui que dans un souci d'urgence, tout en se plaignant tout du long de l'odeur épouvantable qu'ils allaient avoir un mal fou à faire disparaitre. Le vieil homme se retrouva assis dans le hall des urgences, la tête enveloppé d'un pansement fait à la va vite, avec sur le visage des trainées de sang séché.
L'attente dura plusieurs heures et aurait sans doute duré plus longtemps si, fatigué, Owen n'avait pas finalement décidé de quitter les lieux.
* De toute façon il se fichent pas mal de moi. Ils se sont occupé de dizaines de personnes moins amochées sans même me jeter un coup d’œil. Si j'avais du crever de ce fichu coup à la tête ce serai déjà fait...*

Owen quitta les urgences à pied en s'appuyant lourdement su sa cane tout en maudissant les ambulanciers et leur foutu hôpital qui se trouvait si loin de Central Park.
* Bon sang, il va me falloir des heures pour retourner chez moi, à condition de ne pas me faire agresser une seconde fois...*

Owen n'eut même pas le temps de poursuivre ses pensées qu'au coin du bâtiment quelqu'un le bouscula.
Le choc ne fut pas violent. Une personne normale ne serait sans doute même pas tombée. Mais l'inconnu venait de heurter l'épaule droite d'Owen tout en envoyant sa cane valser d'un coup de pied. Déséquilibré, le vieil homme tourna sur lui même avant de tomber en arrière et de s'écrouler comme une masse sur le sol.
Le chapeau d'Owen avait roulé au sol et son bandage s'était à moitié défait. La plaie qu'il avait à la tête s'était soudainement remise à saigner et le vieil homme n'entendit sans doute même pas les excuses de l'inconnu qui venait de le faire tomber.

« Désolé »

Owen se retrouva au sol, et tenta de se relever sur un coude mais tout semblait tourner autour de lui. Il renonça à se relever et resta à moitié assis par terre...

"Bon sang, c'est quoi ça ???"

Les paroles du vieil homme étaient quelques peu vaseuses et inintelligibles tandis qu'il cherchait son équilibre...
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Jeu 20 Oct - 19:26

En se retournant, Alex fut surpris de trouver l’homme à terre. Il semblait mal en point, mais Alex ne pensait pas que c’était de sa faute. C’était juste une anodine collision après tout. Il se demandait pourquoi ce genre de rencontre devait lui arriver, surtout au moment où il voulait s’en dépêtrer. Après 24 heures de blessés graves, de clochards en coma éthylique, de tentatives de suicide, il fallait qu’il tombe sur un clochard qui ne devait surement pas avoir assez d’argent pour avoir droit à un soin digne de ce nom. Il marqua un léger soupir, la scène n’étant pas vraiment la bienvenue. Après tout, cette personne avait peut-être choisi de se retrouver là. Combien de clochards étaient alcooliques, et combien parmi eux se retrouvaient dans des états pareils faute de ne plus avoir d’équilibre. Il y avait beaucoup plus de chance pour Alex que ce soit un de ces nombreux cas car il peinait à se relever. Partagé, il répondit finalement à l’appel du devoir et de la compassion qui allaient l’arracher de sa direction pour quelque temps.

"Bon sang, c'est quoi ça ???"

Il dévisageait l’homme au sol, le sang qui semblait provenir du haut de son crâne avait coagulé sur son visage, ses cheveux décoiffés ne le rendaient pas plus présentable. Ses rides et des marques à l’aspect de cicatrices finissaient de décorer le tableau. Il était à la fois répugné et compatissant. Il voulait le soigner, l’emmener à l’intérieur de l’hôpital (car il n’avait même pas vu qu’il en sortait).


« Je suis vraiment désolé monsieur.., heu… »

Bredouillait-il en s’approchant de lui.

« Vous n’avez rien de cassé ? »

Son odorat lui donna une alerte soudaine lorsqu’il fut assez proche. Il empestait. Steal étouffa son dégout et ne se mit à respirer que par la bouche avant de se dire qu’il en avait senti d’autres. Il était vrai que sur le terrain, il était préparé à sentir des tas d’essences diverses. Mais là, il ne s’y attendait pas, même si rien qu’à la vue du type, il aurait dû. Passant outre les « plaisirs » de l’odorat, il se pencha vers l’homme avec une expression d‘ inquiétude loin d’être feintée. Même si ses ambitions à l’instant ne se résumaient qu’à l’emmener à l’intérieur du complexe hospitalier, son instinct lui disait tout autre chose. Seulement, les pensées tyranniques de son ego le poussaient à croire que ça allait s’arrêter là et qu’il allait pouvoir reprendre la route directement après.
C’est non sans effort qu’il engagea le premier contact physique, hésitant, avec le clochard en lui prenant le bras. Il oublia très vite tous les détails futiles qu’il avait remarqué plus tôt pour laisser place à son humilité et à son humanité car ce « clochard » était avant tout un être humain comme lui-même (ou presque).


« Venez, je vais vous aider… »
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Jeu 20 Oct - 21:32

Décidément rien n'allait pour le vieil homme ces temps ci. Déjà se faire agresser une fois c'est limite, mais en plus se faire mettre par terre après avoir poireauté pour rien pendant des heures aux urgences, y a de quoi se sentir poissard. Owen doutait fortement que le type qui venait de le mettre au sol ne se soucie plus de lui qu’une crotte de chien une fois qu'il aurait comprit qu'il venait de renverser un SDF. Après tout le vieil homme ne pouvait pas non plus le blâmer, il se doutait bien que ni son apparence, ni son odeur n'attirait les foules, hormis peut être quelques rats.
Owen avait toujours la tête qui tournait comme dans une fête foraine, et il n'arrivait pas à se redresser. Pourtant il n'avait pas bu d'alcool depuis très longtemps. Il aurait bien eu du mal à s'en acheter de toute façon, il n'arrivait déjà pas à manger à sa faim. L'inconnu bredouillait encore des excuses et allait surement finir par filer en douce en laissant Owen dans le caniveau.

« Je suis vraiment désolé monsieur.., heu… »

Mais étrangement il s'approcha d'Owen comme s'il se souciait vraiment de son état.

« Vous n’avez rien de cassé ? »

" Bon sang comment voulez vous que je le sache ? J'ai pas de rayons X à la place des yeux. J'ai juste la tête qui..."

Owen ne parvint pas à finir sa phrase qu'une violente nausée le secoua. Il vomit immédiatement dans le caniveau. Seule de la bile sortit de la gorge du vieil homme, il semblait ne rien avoir mangé depuis longtemps. Mais chose plus inquiétante, cette soudaine nausée indiquait clairement un traumatisme crânien plus sérieux qu'une simple chute avec une petite bosse à la tête.
Owen lui, se tenait maintenant à genoux et continuait de vomir de la bile qui devait horriblement lui bruler la gorge.

"Bon sang qu'es ce qui m'arrive...?"

Alexander se doutait bien lui que l'état du vieil SDF était plus préoccupant qu'il n'y paraissait. Pour l'instant il était encore conscient, mais s'il tombait dans le coma, ce serait une autre histoire...
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Dim 4 Déc - 10:44

Le vielle homme semblait contrarié voire presque furieux. Alexender s’imaginait déjà que tous les clochards étaient pareils, toujours râleurs jamais reconnaissant et insultant tout ce qui pouvait être à l’origine, de près ou de loin, de leurs déboires. C’est lorsqu’Alex entrepris de le soulever que ce dernier recrachât un liquide brunâtre et presque visqueux qui semblait venir de plus bas que son estomac. Avec les traces de sang sur son crâne, Alex n’avait pas besoin de plus d’indice pour évoquer l’urgence. Il y avait en effet de fortes chances que cette pauvre personne fut en train de subir un traumatisme crânien. Il fallait donc agir vite, même dans le doute. Il l’aida alors à se relever, prenant son bras sur son épaule et le fit s’allonger sur le premier banc qui était à quelques mètres de l’entrée de l’hopital.

« Restez là monsieur, restez calme je vais appeler de l’aide. Il y a de fortes fortes chances qu’on doive vous faire rentrer aux urgences. Je vais chercher de l’aide, j’arrive »

Il prit alors la direction du service d’urgences à la recherche d’un de ces collègues. Slalomant entre les nombreux patients tout en ne trouvant personne, il arriva bientôt dans la salle de pause dans laquelle il trouva une collègue qui d’habitude ne le laissait pas indifférent. Elle était en train de lire un livre quand elle s’aperçue de la présence inattendue d’Alex avant de lui sourire et débuter sa phrase qui allait commenter sa surprise. Seulement Alex était plutôt pressé et il la coupa net « vite, viens avec moi ». Elle ne comprenait pas et resta dubitative un instant avant qu’Alex poursuive :

« Il y a un homme de la cinquantaine devant l’hôpital, il est peut-être victime d’un hématome sous-dural… »

Alertée par la nouvelle, elle se leva et laissa son livre et son café sur la table avant de prendre la direction de la porte où se tenait Alex essoufflé.

« Comment est-ce arrivé ? » demandait-elle en se dirigeant vers le premier brancard parqué dans le couloir.

« Je ne sais pas, je l’ai légèrement bousculé mais il était déjà blessé à la tête, il a vomi ensuite de la bile à mon avis »

Il emboitait le pas de la jeune brune qui faisait rouler le lit à toute vitesse. En une poignée de seconde ils étaient arrivés à l’entrée de l’hôpital. Sophie, tel était son prénom, remarqua directement le vieil homme affalé sur le banc. Son bipper se mit à sonner. Ce n’était décidément pas son jour non plus puisqu’à son heure de pause elle était déjà demandé par une urgence en face du bâtiment ainsi qu’en bloc opératoire. Ils se dirigèrent vers le viel homme arrêtant le brancard de façon parallèle au banc où se trouvait ce dernier. Ils s’apprêtèrent à le soulever, Alex s’étant positionné du côté de sa tête et Sophie, du côté des jambes.

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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Dim 4 Déc - 13:21

Owen entendit à peine les voix autour de lui. Il se sentait s'enfoncer de plus en plus dans un état second, une sorte de léthargie nauséeuse salutaire mais contre laquelle il savait pourtant devoir lutter. Mais rien à faire, le sommeil et les ténèbres semblaient l'engloutir de plus en plus et il n'y pouvait rien.
Il ne sentit même pas son corps lorsque Alex et son amie le soulevèrent pour le mettre sur le brancard. Alex avait pris le coté le plus lourd d'instinct, mais vu la maigreur du vieil homme, ils n'eurent aucune difficulté à le soulever. L'infirmière se mit à pousser le brancard vers l'entrée des urgences réservée aux pompiers tout en essayant de faire un bilan.

"Alex, il perd connaissance. Si c'est bien un traumatisme crânien, il ne faut pas qu'il tombe dans le coma. Réveille le, et tient le éveillé. Profite en aussi pour fouiller ses poches pour voir s'il n'aurait pas des papiers d'identité. Vu sa tenue il m'a tout l'air d'être un SDF. Le directeur va encore nous piquer sa crise parce qu'il ne va pas arriver à se faire rembourser les frais d'hospitalisation."

Alex qui se tenait à la tête d'Owen, en profita pour mieux l'examiner. Maintenant qu'il étaient dans un endroit mieux éclairé, il put voir une vilaine plaie à la tête dont le sang était déjà bien coagulé. Aucune autre blessure ne semblait apparente. Visiblement le vieil homme n'était pas dans le coin par hasard, il devait être venu pour consulter à cause de cette blessure. Du coup, Alex se sentit soulagé, il ne semblait pas être responsable de l'état du vieil homme, du moins pas directement. Tout en parlant à Owen et en faisant tout pour qu'il ne sombre pas, il fouilla son manteau et trouva une carte d'identité neuve. C'était un de ces modèles biométrique au format carte de crédit. Elle avait été faite il y a un an à peine, et l'homme sur la photo, bien que ressemblant, n'avait plus rien à voir avec la loque qui était allongée ici. Owen Reece, né le 22 Avril 1937 à Brooklin, New York, signes particuliers: MUTANT.
La révélation fut un choc pour Alex. Le vieil homme était non seulement un mutant, mais il devait être recensé pour que cela figure sur sa carte d'identité. En plus il avait pas loin de 73 ans, ce qui n'arrangeait pas son diagnostic. Restait à savoir s'il allait pouvoir dire à quelqu'un d'autre ce qu'était en réalité ce vieil SDF. Même dans un hôpital, certaines personnes n'aimaient pas les mutants et ne s'en cachaient pas.
Alex fut sorti de sa torpeur pas sa collègue qui lui demandait.

"Alex, c'est bon, tu a trouvé qui c'était ??? Fais gaffe, le laisse pas s'endormir ou on va avoir du mal à le récupérer."

Sans attendre sa réponse, elle se dirigea vers les admissions pour remplir les papiers.

"Tu a trouvé son nom ??"
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Dim 4 Déc - 15:03

Alex aidé de Sophie, n’a pas eu trop de mal à placer le SDF sur le brancard. Il ne réagissait presque plus et était donc physiquement manipulable. Pendant que sa collègue lui donnait quelques directives, Alex, tirant le brancard de côté acquiesçait, il était conscient qu’elle avait beaucoup plus d’expérience et qu’il n’était pas l’heure pour lui de faire sa grande gueule quand bien même il approuvait vraiment ses positions. Après avoir tiré ses paupière pour vérifier sa pupille, et après avoir senti son pouls, il se mit alors à parler à la victime mais sans succès. Quelques secondes après, Sophie lui demanda de fouiller ses poches à la recherche d’une pièce d’identité.
Quand il lu sa carte, il fut surpris un instant, tout en essayant de cacher sa surprise à Sophie, il lui révélât son identité :


« Owen Owen Reece il s’appel, il a environ 73 ans, non 74… »

Il avait les yeux rivé sur cette carte. C’était un mutant, une possible réponse à ses questions sur lui-même. Ce vagabond était donc quelqu’un de sa race mais il était en piteux état. Alex réalisa sur le moment même qu’être mutant ne voulait pas dire être un super héros. Il donna donc les papiers d’Owen à Sophie pendant qu’elle remplissait le formulaire. Elle n’avait pas oublié qu’on avait besoin d’elle au bloc opératoire et annonça donc à Alex :

« Occupe-toi de l’emmener, on m’appel au bloc 5. » Il la regarda, l’air perdu. « Je te rejoins quand je pourrai »

Il obtempéra sans broncher et se mit à parler au SDF.

« Restez éveillé Owen… ouvrez les yeux. Quel âge avez-vous ?... Que s’est-il passé ? »

Owen semblait dans les vapes, bien qu’il bougea sensiblement encore. Alex semblait paniqué, l’occasion lui était venue sans qu’il s’en attende, il avait un mutant devant lui. Une personne neutre qui pouvait lui raconter ce qu’était la vie de mutant dehors, c’est-à-dire la vie d’un mutant reconnu, qui ne devait cacher ses capacités, mentir aux autres. Il se prenait progressivement d’amitié pour ce type qui était de son espèce. Il arriva enfin dans le bloc 3. Il n’y avait personne à part une infirmière qui venait d’arriver en même temps. Un médecin qu’il avait déjà vu était arrivé en quelques secondes plus tard accompagné de son ami de fac qui était aussi stagiaire. Il le salua d’une mimique qui exprimait le contentement de le revoir à celui de l’alerte. Quand le médecin lui posa la question

« Diagnostique ? »

Comme dans les mises en situations qu’il avait vécu au cours de l’année d’avant, il commença à rassembler les informations dans sa tête mais ne trouva pas de diagnostique sûr à 100%.

«Il s’appel Owen, On pense à un hématome sous-dural, discours peu précis avec perte de connaissance et vomissements. Il a l’air d’avoir plusieurs contusions, surement une bagarre qui s’est finie avec un coup sur la tête. Il était encore conscient quand je l’ai rencontré… »

« Très bien… »

Le médecin tâtonnât le crane d’Owen et contempla sa blessure. Elle était presque impressionnante et son crâne semblait être abimé. Le médecin passa une main devant le visage d’Owen et opéra les mêmes gestes qu’Alex un peu plus tôt.

« Il vit encore, appelez Docteur Hanson et son assistant, si c’est bien un hématome, il va falloir opérer très vite… »

Alex s’exécuta et revint une minute plus tard dans le bloc, suivi des deux autres, pendant que Owen se faisait placer des électrodes sur la poitrine. L’opération n’attendit pas longtemps pour commencer, car il y avait des risques de séquelles si l’on perdait une minute de plus. Alex fut invité à quitter la pièce puisqu’il n’était plus de service…
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Dim 4 Déc - 18:13

L'équipe médicale s'activait autour d'Owen. Il fut emmené en radio où l'on confirma le traumatisme crânien sévère avec une hémorragie. Il fut conduit au bloc où il subit une simple intervention consistant à forer un petit trou afin d'évacuer le sang qui menaçait de comprimer le cerveau en s'accumulant. Il fut ensuite admit en réanimation.
Le docteur Hanson se trouvait au chevet d'Owen lorsqu'il convoqua Alex. Le vieil homme était sous assistance respiratoire, sous moniteur cardiaque, une perfusion dans un bras, et la tête enveloppée d'un gros pansement. Tout ceci ne présageait rien de bon sur l'état du vieil homme, bien qu'à la sortie du bloc ce soit assez courant.
Le docteur Hanson, écrivait sur la feuille de soins du patient alors qu'Alexander arrivait sur place. Il reposa la fiche au pied du lit d'Owen et se tourna vers lui.

"On m'a dit que c'était vous qui aviez ramassé cet homme à coté des urgences. Avez vous lu sa carte d'identité ?"
Devant le signe de tête affirmatif d'Alex, il poursuivit. "Je suppose donc à juste titre que vous êtes au courant de ce qu'est monsieur Reece en réalité. Bien. Tout d'abord, je tenais à vous féliciter pour la justesse de votre diagnostic à l'arrivée de votre patient. Cet homme avait effectivement un hématome sous-dural qui à fortement comprimé le cerveau, et que nous avons du drainer. L'état de monsieur Reece reste toutefois préoccupant. Il a sombré dans un coma profond et nous sommes obligés de le maintenir sous assistance respiratoire afin de le maintenir en vie."

Le docteur Hanson marqua une pause visiblement gêné.

"Nous espérons qu'avec le temps il parviendra à se remettre, malheureusement je crains que ce temps ne nous manque. Étant donné que cet homme est SDF, sans couverture sociale, et mutant de surcroit, la direction refuse de le soigner plus longtemps que le minimum requis pas la loi: c'est à dire une semaine. Dans six jours si monsieur Reece ne s'est pas réveillé, nous serons obligés de le débrancher. Et bien sûr, si son cerveau n'est pas en mesure de faire fonctionner à nouveau ses poumons, il mourra."

Devant la mine horrifiée d'Alex, il ajouta.

"Je ne vous dit ça que pour que vous ne vous sentiez pas responsable de l'état de cet homme. Vous êtes encore jeune, et très doué. Je ne voudrais pas que ce genre de cas vous dégoute du système et du travail que nous faisons ici tous les jours. Trop de stagiaires prometteurs s'impliquent corps et âme dans leur travail et ils s'effondrent quant un patient meurt. Je tenais à vous dire de ne pas le prendre pour vous, vous avez fait tout ce que vous pouviez pour lui, mais ce cas embarrasse la direction et ils veulent le régler le plus rapidement possible."

Il était difficile de dire si le docteur Hanson faisait partie de ces personnes qui haïssaient les mutants, mais sa franchise et son embarra semblait prouver le contraire. Il avait tenu à en parler à Alex, non pas parce que c'était un mutant, vu qu'il l'ignorait, mais par crainte que la compassion du jeune homme ne le ronge si son patient venait à mourir. Par contre il était clair que le directeur et le conseil d'administration de l'hôpital voyait d'un très mauvais œil l'admission d'un mutant, même recensé, dans ses locaux, surtout s'il était dans l'incapacité de payer pour ses soins.



[HJ: le docteur Hanson parle en darkred.]
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Ven 9 Déc - 20:39

Alexender avait passé plusieurs heures dans la salle de pause à tourner en rond et à se reposer les questions sur lui-même ? Ces questions avaient refait surface parce qu’il était tombé nez à nez avec un mutant, parce qu’il s’était longtemps donné du mal à les éviter et à dissimuler ses pouvoirs. En effet, il était fatigué de cette fuite interminable initiée par son père. Après s’être endormi sur la table une poignée de minutes, il fut réveillé par Sophie qui lui avait conseillé de prendre du repos chez lui et de ne pas trop s’attacher aux patients dont il sauvait la vie. Alex comprenait très bien son message mais il ne pouvait faire autrement cette fois-ci et il se dirigea donc vers la chambre où se trouvait Owen.

Quand il franchi la porte de la chambre, il se trouva face au docteur Hanson qui le félicita brièvement. Alex détourna son regard vers l’homme allongé qui avait à présent un masque sur le visage, lequel était relié à une machine. Selon le médecin, le pronostic de ce dernier n’était pas très bon.
« Une semaine ! » tel était l’espérance de survie d’un SDF qui était mal en point et qui n’avait pas de quoi se payer des soins. N’avait-il vraiment personne pour le soutenir ? Pas même un cousin ? Alex était à la fois écœuré par le système actuel et attristé par la solitude que pouvait vivre un homme, un mutant qui plus était. Il ne pouvait pas le laisser mourir, non. Il s’était surpris à éprouver de la sympathie pour ce vieil homme qui, aux premiers abords, pouvait repousser 90% des New Yorkais.

Le chirurgien continuait de parler mais Alex ne l’écoutait pas, il l’entendait juste. Pour lui son discours était préfabriqué, destiné à conduire les moutons vers le troupeau. Même s’il le savait depuis longtemps, il trouvait cette organisation sociale très injuste. Il vint enfin à se demander si ce n’était pas un traitement de défaveur parce qu’il était mutant plus que parce qu’il était SDF… Alex se ressaisi et se dit qu’il devait être parano mais le discours du docteur le poussait à croire le contraire.


" Je peux juste … "
" Oui je comprends, mais ne vous y attachez pas trop mon garçon il a selon moi très peu de chance de continuer dans cette vie, quand bien même il survivrait…"
"Je sais ! "

Il avait deviné la suite, il resterait clochard et finirait par périr dans la rue. Mais Alex ne voulait pas cela. Le jour suivant et le jour d’après il venait lui rendre visite pour voir s’il allait mieux que la veille, son état s’était stabilisé mais pas amélioré et plus le temps passait, plus Alex perdait espoir de se confier à quelqu’un qui le comprendrait…
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Ven 9 Déc - 23:02

Certains prétendent que les gens dans le coma ne rêvent pas, d'autres disent le contraire. Il y en a aussi pour prétendre qu'ils peuvent entendre ce qu'on leur dit et même s'en rappeler instinctivement. Difficile en tout cas de vérifier telle ou telle théorie vu le peu de personnes qui se réveillent et le nombre encore moins grand qui se souviennent de quoi que ce soit.
Dans le cas d'Owen Reece, c'était exactement la même chose. Si ce n'était ce tuyau enfoncé dans sa gorge et relié à cette machine qui respirait pour lui, on aurait pu dire qu'il dormait paisiblement. Trop paisiblement peut être vous diraient certains. Il était immobile, branché à tant d'appareils, à tant de machines qu'on pouvait douter de son état, mais il était vivant, enfin pour l'instant.
Owen n'avait plus de famille, aucun travail, ni ami. Il vivait dans la rue et n'avait pas un sous en poche au moment de son admission ici. La loi obligeait l'hôpital à garder son patient en réanimation pendant au moins une semaine. Passé ce délai, ils pourraient le débrancher. Si les dommages cérébraux du vieil homme s'étaient suffisamment atténués et qu'il survivait, il serait transféré dans un hôpital public aux frais de l'état. Sinon, il descendrait au sous sol, à la morgue.
En certaines occasions, ce genre de décès n'aurait pas été qu'une fatalité. Malgré son âge avancé, il aurait été possible de prélever certains organes si d'aventure son cerveau avait refusé de faire fonctionner ses poumons. Mais dans ce cas particulier, personne ne voudrait d'un rein, d'un foie ou de la rétine d'un mutant. Au moins aucun risque que l'hôpital n'essaie de se rembourser de cette odieuse manière. Il faut dire que sans compter l'opération qui devait couter près de 3000 $, chaque journée en réanimation coutait plus de 500 $. Soit une facture de plus de 6500 $. Il était évident que le vieil homme n'avait pas les moyens de payer la note.

Cela faisait déjà 6 jours qu'Owen était arrivé dans cet hôpital. Son état semblait stable, mais sans réelle amélioration. Alex était venu voir le vieil homme tous les jours, et même parfois plusieurs fois par jour. Grâce, ou à cause, de son savoir médical, il voyait bien qu'il ne survivrait pas au retrait du respirateur. Les dommages cérébraux causés par hémorragie semblaient trop importants pour s'être résorbés en seulement 7 jours. Si seulement il avait pu bénéficier de quelques semaines de plus, cela aurait pu être différent.
D'après ce qu'avait pu apprendre Alex sur le vieil homme, il s'était présenté aux urgences plus de 5 heures avant qu'il ne le retrouve au coin de l'hôpital. Il était parti sans avoir été vu par un médecin malgré plusieurs heures d'attente. Étrangement peu de temps après son admission et son coma, son nom avait été effacé du registre des urgences, mais Alex était certain de l'y avoir vu ce fameux soir. Officiellement la direction prétendait appliquer strictement les consignes pour les personnes non solvables. Mais vu la mauvaise réputation que cela faisait aux hôpitaux, il doutait que ce soit la seule raison motivant ce choix tragique.
Si Owen Reece n'avait pas été un mutant, aurait-il eu droit à un meilleur traitement ? Surement. Hippocrate doit certainement se retourner dans sa tombe s'il voit ce que certains médecins font de nos jours. Ils ne considèrent plus les gens comme des patients, mais comme des clients. Bande d'hypocrites.

Demain, ils débrancheront ce pauvre homme. Ils le laisseront partir et ils feront comme s'ils n'y pouvaient rien. Et avant même que ne soit cloué le couvercle du cercueil, ils auront oublié qui était cet homme, ce vieillard, ce mutant... Car si vous croyez qu'ils ont une conscience qui les travaille, vous vous trompez lourdement...

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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Dim 11 Déc - 19:12

Cela faisait déjà une semaine que l’évènement qui venait de marquer Alex s’était déroulé. Il était allé plusieurs fois dans la chambre du vieil homme, espérant le voir réveillé. Mais après six déceptions, aujourd’hui était le dernier jour qu’il allait pouvoir le voir. Alexender était de service ce jour-là et ça ne l’aidait pas vraiment car il fallait être efficace aux urgences mais il était la plupart du temps songeur ce qui rendait la tâche plus ardue même s’il l’exécutait convenablement. A quoi pensait-il ? Il trouvait bizarre l’affection qui s’était développé pour Owen, la remise en question de la distance qu’il y avait entre un humain et un mutant, ce que l’hôpital était en train de faire pour s’en débarrasser le plus vite possible. Il était intérieurement révolté car il s’était presque identifié à un humain normal jusque là, oubliant ce qu’il était vraiment. En ce moment il pensait qu’Owen était la réponse à ses questions mais il était mourant, ou plutôt ,l’hôpital, tout le système voulait le laisser mourir.

Alex était enfin décidé, pas qu’il avait hésité mais qu’il avait peur d’utiliser ses pouvoirs pour la première fois depuis des mois, voire des années. Le problème c’est que les infirmiers venaient de recevoir ordre de débrancher Owen à 16 heures, qu’il terminerait son service à 18 heures et qu’il fallait absolument qu’il trouve une excuse pour s’absenter assez longtemps que pour être sûr d’avoir tout essayé pour tenter de ranimer le vieil homme. L’hôpital avait ainsi décidé de programmer la sortie d’Owen plus tôt parce qu’il y avait soi-disant pénurie de lits. Ceci ne fit qu’attiser la frustration d’Alex. C’est enfin à 15h15 qu’il eut idée de demander à son maître de stage de retourner voir une dernière fois la victime qu’il avait failli sauver pour lui faire un adieu. Pour cela, il se vit accorder 20 minutes, ce qui était beaucoup trop court selon lui.

Il parcouru les couloirs en vitesse pour atteindre la chambre ou Owen était en convalescence. Seul au milieu de la pièce, raccordé aux machines et aux multiples écrans, le mutant semblait dormir très profondément entouré de plusieurs signaux sonores cadencés ainsi que du bruit du flux d’air dans la machine qui faisait respirer Owen. Alexender s’approcha, il ne ressemblait pas du tout à l’homme qu’il avait rencontré une semaine auparavant. Il avait été lavé depuis, plus de sang, plus d’odeur, ce vieil homme était bien plus imposant de cette façon, il aurait pu être parrain de mafia sinon que le pansement sur sa tête lui faisait penser à un sexagénaire qui était tombé dans les escaliers.

Il s’approcha de lui en se penchant, hésita à le toucher en se marmonnant dans la tête « il faut que ça marche ». Avant de passer à l’action, il se retourna pour vérifier si personne n’était entré sans qu’il l’entende. Il se redirigea vers Owen pris une chaise pour s'asseoir au coin du lit avant de chuchoter:

« Ne partez pas s’il vous plait, je pense que je vais avoir besoin de vous »

Il posa sa main sur le front d’Owen et se concentra de toutes ses forces. Trois minutes. Rien ne s’était passé, le clochard semblait toujours aussi profondément inconscient. Alex pesta. Il prit ensuite ses deux mains et réitéra le même effort mais plus concentré. Il fit le vide dans sa tête, prit quelques profondes respirations avant d'imaginer un flux d'énergie qui le traversait. Il patienta transformant son flux imaginaire en une onde qui arrivait jusqu'à Owen. Sept minutes étaient passée, toujours rien. Il était vexé, frustré. Pourquoi lui avait –on apprit à renier sa propre nature ? Il pensait aux miracles qu’il aurait pu réaliser, mais sous prétexte d’être mutant, la société ne lui aurait pas laissé les faveurs des humains, tel la pleine liberté d’expression ou alors la liberté d’être différent mais traité comme tout le monde. Il frappa du poing sur le coin du lit d’Owen, il était 15h30. Soudain il crut voir Owen bouger légèrement son bras mais il se dit que c’était l’effet de la secousse provoqué par son poing. Il resta là en contemplant l’homme et saisissant le bras qui avait bougé tout en espérant qu’il se trompait mais il devait se résoudre à perdre un espoir, après tout il ne le connaissait pas et il pouvait trouver des réponses autre part. Profondément déçu, presque abattu, Alex se leva et retourna vers la sortie de la chambre comme s’il quittait le terrain après une défaite. Avant de quitter le lieu, il se retourna une dernière fois en se disant qu’après tout ce n’était qu’un clochard et qu’il ne savait peut-être rien lui apprendre, comme s’il fallait qu’il se donne une raison. Seulement un nouveau combat venait de commencer pour Alex, celui de lutter pour la cause des mutants (qu'il connaissait pourtant si peu, ce qui l’empêcherait de savoir comment s'y prendre) ! Il quitta enfin la pièce, ferma la porte et s’avança doucement dans le couloir en direction du service des urgences. Tandis que dans sa chambre, Monsieur Reece venait de rouvrir les yeux. Il croisa deux infirmiers qui se dirigeaient vraisemblablement vers la chambre d’Owen. Alex était dégouté et avait hâte de rentrer chez lui pour y faire un semblant de deuil.
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Mar 13 Déc - 21:25

Tout était noir. Noir et sombre. D'un noir plus profond que la plus obscure des nuits. Mais pire que tout, il n'y avait rien. Aucun son, aucune odeur, aucun gout, aucune sensation tactile non plus. C'était comme si ces ténèbres insondables n'oblitéraient pas que la vue mais aussi tous les autres sens.
Au milieu de ce nulle part, Owen semblait flotter sans but ni repère. Depuis combien de temps était-il ainsi, où était-il ? Mystère...
Après une attente qui lui parut une éternité un son brisa enfin ce silence et cette quiétude. Un simple murmure, une simple phrase à peine chuchotée, mais qui, au milieu de ce silence sensoriel résonna comme un hurlement.

«Ne partez pas s’il vous plait, je pense que je vais avoir besoin de vous »

Owen ne comprenait pas le sens de cette phrase, mais il voulut y répondre et aucun son ne sortit de sa bouche. Et puis d'un coup une violente douleur le submergea. Après cette longue privation sensorielle, ce choc fut décuplé. Puis la douleur passa et tout redevint comme avant..... Enfin presque. Du coin de l’œil, Owen crut apercevoir une lumière. Il voulut se tourner vers elle mais fut à nouveau terrassé par une douleur encore plus violente que l'autre. L'onde de douleur sembla durer une éternité, bien plus longtemps que la précédente, si longue que lorsqu'elle disparut, Owen ne s'en aperçu pas immédiatement.
Une fois la douleur passée et Owen remis de ses émotions, il vit plus distinctement la lumière, cette fois ci juste en face de lui. Il voulu la saisir, s'en rapprocher,mais rien n'y fit. Il tendit les bras, mais malgré la lueur qui devenait de plus en plus forte, il ne vit rien.
Owen ouvrit les yeux sur le plafond de la chambre de l'hôpital. La lumière des néons les lui fit refermer aussitôt. Et la fatigue conjuguée à l'effort, le plongèrent dans un profond sommeil.

Alex n'avait pas vu le vieil homme ouvrir furtivement les yeux, pas plus que les infirmiers et le médecin qui entrèrent après son départ dans la chambre d'Owen. Il gisait toujours les yeux fermés et la respiration toujours assistés par l'imposante machine. Les infirmiers se déplacèrent autour du vieil homme et sur un signe du médecin, l'un éteint le respirateur Owen respirait tandis que l'autre retira la sonde d'intubation par laquelle Owen respirait depuis maintenant une semaine.
Le docteur avait déjà à la main un formulaire d'avis de décès qu'il commença à remplir devant l'absence de réaction du vieil homme. Puis alors qu'il allait noter l'heure du décès, Owen se mit à tousser violemment avant de reprendre une respiration laborieuse et enrouée. Les deux infirmières sursautèrent de surprise, puis le professionnalisme reprit le dessus et elles auscultèrent le vieil homme.
Le scope indiquait une bonne tension ainsi qu'un bon rythme cardiaque et la saturation en oxygène qui avait brutalement chuté au moment du retrait du respirateur indiquait maintenant 99. Tandis que l'une des infirmières soulevait l'une des paupières du vieil homme, Owen ouvrit d'un coup les yeux. L'infirmière eut un nouveau sursaut avant de battre en retraite.

"Docteur, il est réveillé."


"Que dites vous ? Ce matin tous les indicateurs étaient encore dans le rouge. Il n'aurait jamais du arriver à respirer tout seul, encore moins se réveiller."

Sur ces mots, le médecin s'approcha du lit pour constater que Owen avait les yeux ouverts. Il prit sa lampe de poche et vérifia ses réflexes oculaires avant de lui poser quelques questions.

"Vous m'entendez ? Pouvez vous me répondre ? quel est votre nom ?"

Owen ouvrit la bouche mais seul un mince filet de voix enrouée en sortit.

"Owen...... Owen Reece......"

Le docteur visiblement contrarié se releva et comme pour passer sa colère cria sur les deux infirmières.

"Bon, dépêchez vous un peu. Débranchez les appareils inutiles et fixez sa perfusion à son lit, j'ai besoin de la place pour un autre patient. Vous le mènerez ensuite dans une chambre libre en gériatrie. Et prévenez les qu'il a sans doute une petite lésion des cordes vocales suite à l'intubation."

Les infirmières se dépêchèrent d'obtempérer tandis que le médecin quittait la pièce en déchirant l'avis de décès. Une fois le lit déverrouillé, les deux infirmières le poussèrent hors des soins intensifs jusque dans le couloir et vers les ascenseurs. Là ils croisèrent Alex qui quittait l'hôpital.
Le regard des deux hommes se croisèrent un instant tandis que le lit s’engouffrait dans la cabine et que l'une des infirmières appuyait sur le bouton...
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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Lun 19 Déc - 19:23

Alex avait pris la direction de la sortie. Il était tellement perturbé qu’il en avait presque oublié qu’il avait encore deux heures de service à faire. Il était plus préoccuper à ruminer sa haine naissante contre certains humains qui se prenaient pour les tout puissants. Ce qui était vrai puisque la société avait été érigée par eux-même. Pour un mutant donc, mieux valait ne pas faire partie de cette société. Humain ? Il ne l’était pas, mais il était physiquement et psychologiquement identique, la différence ne se résumait qu’à un détail.
Il était arrivé dans le grand hall qui menait vers l’accueil séparé par un espace dans lequelle il y avait des entrées d’ascenseurs qui se faisaient face deux à deux. Une fois arrivé au bout de la pièce, juste avant d’ouvrir la deuxième porte de ce qui faisait office de « sas » il se rendit compte qu’il avait toujours sa blouse et que son maitre de stage devait l’attendre à l’étage. Frustré, il eut un vague soupir puis se retourna pour voir les deux battants de l’autre côté d’ouvrir. En reprenant sa marche, il vit deux infirmières diriger un lit sur lequel était posée une personne lui semblant familière. Alex ne comprenait pas, le vieil homme avait le visage découvert alors que lorsqu’on transportait un corps sans vie, ne fut-ce que pour l’emmener aux sous-sols, il fallait le couvrir entièrement. Un grand frisson parcouru alors sa colonne vertébrale pour gagner la majeure partie de son corps. Était-ce un miracle ? Le temps d’évacuer la vague qui hérissait ses poils, il demanda au couple d’infirmières qui accompagnaient le lit.


« Ou l’emmenez vous ? »

Les infirmières le regardèrent, étonnées de cette question :

« Ce type a vraiment eut de la chance, on s’apprêtait à le débrancher lorsqu’il s’est réveillé »

La seconde infirmière acquiesçait sans rien dire, tandis que l’autre semblait avoir découvert quelque chose :
« Ah mais c’est toi le stagiaire qui lui a sauvé la vie ? »

Alex pensait comprendre qu’elle l’avait vu tenter de le réveillé ce qui lui valut de rester sans mot, pris de peur.
« Le docteurHanson semble dire que tu es un bon élèment »

Vite il comprit qu’il s’agissait des évènements qui dataient d’une semaine déjà. La sonnerie de l’ascenseur tinta pour prévenir de son arrivée et les porte s’ouvrir. Alex reprit son souffle pour enfin afficher un léger sourire suivit de :


« Merci, mais je n’ai pas fait grand-chose vous savez… »

Sur ce, il repartit sur son élan avant de se faire couper par l’infirmère :

« On l’emmène en gériatrie, bonne continuation ».

Il reprit sa course pour rejoindre l’autre aile de l’hopital et enfin terminer ses heures avec en tête la hâte de revoir Owen pour lui poser des questions.

Une fois son tablier rangé, il se dirigea donc vers la gériatrie à la recherche de la chambre où était Owen. Elle était fermée et pourtant les heures de visites n’étaient pas encore finies. Il frappa doucement mais n’entendit pas de réponse. Peut-être était-il endormi. Alex était impatient et ne voulait pas attendre le lendemain sans être sûr de l’avoir vu. Il actionna donc la poignée et bascula lentement la porte.

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MessageSujet: Re: Virage [Libre]   Jeu 5 Jan - 20:58

Alex entra dans la chambre éclairée seulement par la veilleuse et l'écran du scope qui était encore relié au vieil homme. Les yeux du d'Alex mirent un certain temps à s’habituer à la semi obscurité de la pièce, mais une fois arrivé près du lit, il parvint à mieux voir l'objet de sa visite. Le fameux Owen Reece, SDF, miraculé, et surtout mutant, du moins d'après ses papiers d'identité. Pour l'instant il avait les yeux fermés et semblait dormir. Sa respiration restait laborieuse et sifflante, mais un coup d’œil sur l'écran du scope indiqua à Alex que la saturation en oxygène était bonne. De toute façon par précaution, il avait deux tuyaux dans le nez qui l'alimentaient en oxygène au cas où.
Alex regarda le vieil homme dormir, et se demanda ce qu'il faisait là. Il ne voulait surtout pas le déranger, il était évident qu'il avait besoin de repos. Au moins le pire était passé, et il pourrait revenir une autre fois discuter avec le vieillard. Alex tourna les talons et s'éloigna du lit lorsqu'il entendit quelque chose.

"...Q...qui êtes vous ??

Alex se figea en entendant la voix du vieil homme. Elle était méconnaissable, enrouée et râpeuse, sans doute à cause de l'intubation. Lorsqu'il fit demi tour pour s'approcher du lit, il vit que Owen avait les yeux ouverts et le regardait fixement.

"Je.... Je vous reconnait... Vous êtes le type qui ..... m'a ramassé devant... l’hôpital. Ou suis-je ?"

Alex se rapprocha d'Owen pour mieux comprendre ses paroles et pour que le vieil homme n'ait pas à forcer sa voix dans son état. Il voulut lui répondre qu'il se trouvait à l'höpital dans une chambre du service de gériatrie lorsque Owen parla à nouveau.

"Tout était ... noir, sombre et si ... calme. Et puis j'ai entendu ... une voix, elle m'a dit qu'elle avait ... besoin de moi."

Alex ne comprit pas tout de suite que le vieil SDF parlait de ce qu'il avait dit pendant qu'il tentait en vain de la sauver. Pas si en vain que ça finalement. Se pouvait-il que ce soit lui qui ait finalement fait sortir le vieil homme de son coma ? Difficile à dire. Mais maintenant il était là bien vivant, et Alex allait pouvoir lui poser toutes les questions qui lui brulait les lèvres...


[HJ: Désol pour l'attente, pas beaucoup de temps à cause des têtes, et de gros soucis d'internet...]
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