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 Christie Van Oranje

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MessageSujet: Christie Van Oranje   Sam 7 Jan - 14:51

- REGISTRE D'ETAT CIVIL -

    Carte d'identité ;
    ...


    Christina "Christie" Van Oranje
    « You can outrun the devil, if you try, but you'll never outrun the hands of time ... Wanna bet about that ? »

    Age : 21 ans en apparence, 112 ans en réalité.
    Origine : Américaine de Chicago.
    Race: Mutante
    Camp : X-men
    Statut : Célibataire
    Métier : Néant
    Poste : Néant

    Casier judiciaire : Vierge

    SIGNE PARTICULIER: Christie n'a jamais connu le monde à proprement parler, bien qu'intelligente pour avoir beaucoup lu, ses parents l'ont tenue captive et loin de tout pendant toute sa vie, elle n'a donc aucune idée des relations sociales. Si les livres lui ont appris beaucoup de choses, ce qu'on acquiert par expérience, faire du vélo, conduire une voiture, nager, ces choses-là lui sont totalement inconnus.


      More about your character, please
      ...


      PROFIL PSYCHOLOGIQUE
      Christie est tout un paradoxe à elle toute seule. D'abord parce qu'elle semble 21 ans mais en a 110, ensuite parce qu'elle a 110 ans mais s'y connait autant dans ce monde qu'un nouveau-né. Son caractère est très doux, Christie est une toute gentille et ne s'en cache pas, naïve elle ne voit pas les dangers de ce monde, elle ne voit pas la méchanceté chez les gens se rendant de fait extrêmement manipulable. Et pourtant la jeune femme est douée d'une capacité de persévérance incroyable, optimiste même devant l'impossible, elle ne renonce jamais, elle ne tourne jamais les talons devant un problème. Trop longtemps effacée et privée de contact avec l'extérieur elle demeure craintive vis-à-vis des autres mais trop peu pour se mettre à l'abri des ennuis. Elle pourrait vous faire penser à l'innocence même si vous la rencontrez car son visage, son attitude, son sourire, elle ne dégage rien de mauvais, comme si elle était un ange ou fondamentalement incapable de faire le mal. Pourtant Christie se révélera extrêmement protectrice avec ceux qui importeront à ses yeux et si elle est maladroite dans ses relations humaines, elle est adroite pour se battre et ne reculera devant rien. Les notions manichéennes de Bien et de Mal sont des choses qu'elle n'a lu que dans les livres, ce sont des choses qu'elle ne connait pas, et elle s'est forgée sa propre ligne de pensées. Ainsi tuer pour protéger quelqu'un ou une valeur est pour elle quelque chose de parfaitement normale que l'on peut faire. Christie pense donc que faire le Mal pour pouvoir faire le Bien est quelque chose de parfaitement ordinaire pour lequel on ne peut pas la blâmer. Elle risque donc d'être dangereuse sans véritablement le réaliser mais cela va également avec son insouciance naturelle. Méconnaissant ce monde, elle demeure vulnérable car elle ne connait pas les dangers qui l'habitent.

      APPARENCE PHYSIQUE
      En dépit de ses 110 ans, Christie est une jeune femme plutôt ravissante. Grande d'un mère soixante-quatre, pas si grande donc, Christie n'affiche que vingt-et-un ans physiquement, elle a pu garder cette jeunesse grâce à son pouvoir, bien que ce ne fut jamais un choix qu'elle pouvait faire jusqu'à aujourd'hui. Sportive, son corps est plutôt athlétique, son père l'a faite former aux arts martiaux et cela se ressent dans ses formes. Un corps finement musclé et bien entretenu, de jolies petites fesses et une ravissante poitrine. Toutefois la touche physique que les gens notent le plus aisément chez la petite blonde, c'est son air angélique. Des cheveux blonds, un regard doux, un sourire à faire fondre un iceberg, et une innocence qui se dégage d'elle la rendent désarmante. Elle semble être restée "pure" comme si tous les évènements de ce monde ne l'avaient pas affectés, en un sens il y a beaucoup de vrai là-dedans. Sa beauté est donc restée très pure avec des traits extrêmement doux.

      PEURS, FAIBLESSES
      Christie n'a pas vraiment de phobie mais sa plus grande peur est de tuer quelqu'un avec son pouvoir. Ne connaissant pas grand chose du monde en général, sauf ce qu'elle en a lu, elle ne mesure pas vraiment les dangers qui peuvent l'entourer comme de traverser une route ou d'approcher un chien. Elle ignore également certaines choses qui peuvent paraitre "communes" comme de nager par exemple. N'ayant pas vraiment de notion manichéenne, le Bien et le Mal sont flous pour elle et utiliser le Mal pour faire le Bien est acceptable.

      PASSIONS, FORCES
      Bien que Christie ne le sache pas encore, elle se révèlera très maternelle et protectrice envers les autres, peut-être même trop protectrice. Spécialiste en arts martiaux, elle sait parfaitement se défendre et même enseigner, elle est une combattante adroite et redoutable même si se battre est loin d'être une priorité ou une nécessité pour elle.


      POUVOIRS —
      • Altération temporelle
        Ce pouvoir permet à Christie d’altérer directement un objet dans le temps. Elle peut par exemple, simplement en touchant une porte en faire pourrir le bois jusqu’à la rendre cassable. A l’inverse, elle peut redonner son premier éclat à un verre terni par le calcaire. Toutefois ce pouvoir nécessite un contact physique tout au long de l’opération, ainsi un bref contact permettra de rajeunir un peu un objet mais pour un vieil objet, il faudra de longues minutes voir des heures selon la taille de l’objet pour parvenir à un résultat. L’ancienneté voulu ainsi que la taille de l’objet sont donc deux critères tout particulièrement importants pour pouvoir évaluer combien de temps il faudra à la jeune femme pour obtenir le résultat souhaité. A plus haut niveau, ce pouvoir permet également de restaurer un objet cassé par exemple un verre qui aurait été brisé ou qui aurait été fissuré. Toutefois l’opération est éprouvante et nécessite plus de temps qu’une simple altération temporelle.

        • Niveau 1
          A ce niveau, le pouvoir est uniquement émotionnel. Christie parvient à altérer les objets uniquement avec une motivation émotive par exemple de rendre sa beauté à une photo jaunie à laquelle elle tiendrait. Le pouvoir ne fonctionne qu’aux émotions et elle n’en est qu’à peine consciente, toutefois plus l’émotion est vive, plus l’altération peut être importante, imaginez donc ce qui se passerait si elle venait à vieillir une poutre de maintien d’une charpente sous le coup de la colère.
        • Niveau 2
          Niveau de la découverte, autant dire que c’est gags et catastrophes en tout genre. Elle ne contrôle pas son pouvoir mais le découvre doucement et péniblement, elle commence à comprendre son fonctionnement. La majorité des utilisations lui échappe toujours et sont dictées par les émotions, quand aux utilisations « contrôlées », elles laissent souvent à désirer, soit ramenant un objet bien trop dans le passé, soit le vieillissant beaucoup trop. Il lui faut une très importante concentration et beaucoup de temps pour parvenir à ses fins et surtout au résultat attendu. Cela sans compter les fois où elle ne parvient pas véritablement à stabiliser l’objet dans son état altéré. Elle ne parvient pas à altérer les objets à plus ou moins dix ans près.
        • Niveau 3
          Arrivée à ce stade là, Christie a bien saisis le principe du pouvoir. Les utilisations émotives involontaires sont quasi-inexistantes, réservées aux utilisations véritablement fortes. Elle contrôle assez bien la temporalité avec une forte affinité pour le rajeunissement des objets, moins contraignants pour elle que le vieillissement. Sans parler de total contrôle, elle se débrouille très bien et parvient à faire des miracles avec des petits objets qu’elle peut tenir entre ses mains. Pour les objets plus imposants en revanche, elle a beaucoup plus de mal, tout notamment à les stabiliser dans l’état où ils sont. Elle parvient à altérer les objets à plus ou moins cinquante ans près.
        • Niveau 4
          Vieillir ou rajeunir n’a plus beaucoup de secret pour elle, tout ce qu’elle peut tenir dans les mains s’altèrent dans un sens ou l’autre avec facilité. Les objets de grande taille s’altèrent plus aisément mais nécessitent toujours beaucoup de temps, elle parvient en revanche à les stabiliser plus facilement même si ce n’est pas toujours ce qu’on pourrait appeler une réussite sans problèmes. La nouveauté est une capacité à réparer un objet cassé mais cela lui demande énormément de concentration pour un résultat souvent moyen. Elle parvient à altérer les objets à plus ou moins soixante-quinze ans près et les réparer à deux ans maximum.
        • Niveau 5
          Niveau de la maitrise, les altérations sont toujours stables que l’objet soit de petite taille ou de grande taille toutefois les objets de grande taille nécessite toujours une concentration importante de la part de Christie. Réparer les petits objets n’est plus un défi mais elle ne parvient pas à stabiliser les objets de grande taille, tant qu’elle se concentre l’objet est réparé mais si sa concentration faiblit, l’objet casse à nouveau, exactement comme il était cassé. Elle parvient à altérer les objets à plus ou moins cent ans près et les réparer à dix ans maximum.


      • Transfert d’âge
        Tous les grands Hommes ont voulu vivre éternellement, Christie en a la capacité et elle pourrait faire vivre à jamais n’importe qui. Toutefois ce pouvoir n’est pas si simple. Il s’agit bien d’immortalité mais pas d’invulnérabilité, la nuance est subtile mais importante pour Christie. Elle pourrait vivre ad vitam eternam mais plantez un couteau dans son coeur et elle meurt, partagez vos microbes (non sans rire c’est pas sympa ça) avec elle et elle tombera malade. En réalité ce pouvoir agit comme une sorte de pont entre deux personnes. Ainsi en touchant deux personnes, Christie peut faire vieillir une personne et rajeunir l’autre, comme dans un transfert seulement l’un donne des années de jeunesse que l’autre prend. Imaginons qu’elle touche un jeune homme de vingt ans et un homme de quarante ans, elle peut prendre dix années du second pour les donner au premier, ainsi tous deux auront alors trente ans. Si Christie devait utiliser ce pouvoir en ne touchant qu’une seule personne, elle remplace la seconde personne, elle peut donc donner de sa jeunesse ou la voler à quelqu’un. Le pouvoir ne fonctionne qu’entre les êtres vivants d’une même espèce, elle ne peut utiliser le jeune âge d’un chien pour la donner à un humain par exemple, il faut toujours deux êtres de la même espèce, humains entre eux, chiens entre eux, ainsi elle-même ne peut prendre des années de jeunesse à des animaux. Il y a une parité entre les années volées et données, si elle rajeunit un homme de dix ans, l’autre vieillira de dix ans. Enfin ce pouvoir n’est pas un retour en arrière, elle ne ramène pas les morts à la vie. De la même façon elle ne ramène pas les gens dans leur santé passé, une personne atteinte d’un cancer ne pourra être soignée avec ce pouvoir.
        Il a noter qu’elle a particulièrement peur d’utiliser ce pouvoir pour jouer les ponts car il agit comme une drogue. Pendant l’échange, elle ressent un sentiment de pouvoir qui pourrait la pousser à continuer jusqu’à tuer un des deux ou se tuer elle-même d’épuisement.

        • Niveau 1
          Aucune conscience du pouvoir, si Christie l’utilise à ce niveau-là, c’est uniquement sous le coup d’une émotion. Les conditions pour que le pouvoir s’exprime à ce niveau-là semblent presque impossible à réunir.
        • Niveau 2
          Christie ignore encore comment son pouvoir fonctionne, elle est consciente de pouvoir rajeunir des êtres vivants mais ne comprend pas véritablement comme ça fonctionne. Les essais sont peu concluants et souvent ne portent pas les effets espérés, les émotions sont encore ici le meilleur moyen de s’assurer un bon résultat, à condition que l’émotion ne soit pas trop vive sans quoi le résultat pourrait éventuellement être désastreux. Elle ne parvient pas à s’altérer personnellement et ressent le sentiment de pouvoir de façon très virulente en parvenant difficilement à se contrôler.
        • Niveau 3
          Christie commence à véritablement comprendre son pouvoir, elle parvient à l’utiliser de façon intentionnelle en obtenant des résultats corrects lorsqu’il s’agit des autres. Rajeunir une personne ou en vieillir une autre ne lui est pas simple, ça lui est épuisant, mais elle y parvient assez rapidement pour quelques courtes années, un bref contact suffit pour une année ou deux mais pour plus, il lui faut un contact continu avec un grand maximum de plus ou moins six ans avec les deux mêmes personnes. Pour elle-même, la démarche est beaucoup plus laborieuse et beaucoup plus éprouvante, elle ne parvient pas à modifier son état personnel de plus ou moins trois années sans se retrouver prise d’une grippe particulièrement violente avec fortes fièvres et hallucinations qui durera une semaine. La sensation de toute-puissance est d’autant plus forte que sa maitrise augmente, elle parvient à se maitriser assez bien mais sait qu’elle pourrait perdre le contrôle pendant un échange « long ».
        • Niveau 4
          C’est à ce niveau qu’on commence vraiment à s’amuser. Du moins avec les autres car avec deux personnes, cela ne lui présente plus vraiment de difficulté de faire le pont, les résultats désirés sont parfaits à une année près mais c’est si peu finalement quand elle peut faire varier l’âge de quelqu’un de onze ans. En revanche pour tirer profit de son pouvoir, le prix à payer est toujours un épuisement si elle s’altère à plus de cinq ans près, la maladie la rattrape si elle dépasse les sept ans pour cinq jours. Son sentiment de pouvoir est mieux contrôlé, il est moins addictif mais n’en est pas pour le moins effacé.
        • Niveau 5
          Jouer les transformatrices pour les autres à vingt ans près n’est plus un défi, oh c’est toujours éprouvant mais elle le fait parfaitement, à l’année près qui est espérée. Personnellement, le pouvoir s’accroit pour lui permettre de s’altérer elle-même à sept ans en ne ressentant qu’un léger épuisement, puis pour la tranche des dix ans l’épuisement est conséquent et pour franchir cette ligne au maximum de quinze le prix sera trois jours de grippe. L’impression de toute-puissance qu’elle ressent en jouant les ponts ne gagne plus en intensité par rapport au niveau précédent, lui permettant ainsi d’en avoir un très bon contrôle.


      EQUIPEMENT —
      Christie ne possède aucun équipement particulier, pour cause elle n’a en réalité jamais rien possédé.

      PLUS —
      Seule et captive sur son île de détresse, Christie n’avait pas grand chose à faire, elle a profité de ces années pour s’entrainer à cuisiner. Elle est devenue avec le temps une cuisinière hors paire qui n’a pas son pareil pour improviser avec trois fois rien un bon petit plat.
      C’est également dans des conditions de solitude qu’elle a eu tout loisir de s’entrainer et d’apprendre à se battre grâce à son frère qui lui a donné ce qu’il fallait pour ça. Elle pratique avec une grande aisance le Tai-chi-chuan et est particulièrement douée dans le style She-Quan.


      What about your past ?
      ...


      Hiver 1897
      Et vous, quels souvenirs vous gardez de votre enfance ? La mienne remonte à plus de cent dix ans, et je suis parfaitement consciente de ressembler à une jeune femme de vingt ans, mais ne vous en faites pas, bientôt vous comprendrez le pourquoi du comment. Je dois avouer que mes souvenirs heureux de cette époque ne sont plus bien nombreux et pour ceux qui doivent rester, ils ont été ternis par la vie qui fut la mienne une fois mes pouvoirs manifestés. J’étais la première enfant de la famille Van Oranje, une famille hollandaise installée dans ce qui fut appelée jadis le Nouveau-Monde depuis trois générations. Une famille assez modeste dont l’occupation première était une grande ferme aux abords de Chicago. Mon père aurait préféré un fils pour l’aider dans les tâches en grandissant, ma mère était enchantée de voir une fille pour la soulage elle de ses obligations, mais dans le fond tout commençait de façon très ordinaire. Mon père m’aimait, ma mère m’aimait, nous avions tout pour être une famille heureuse, d’autant plus que trois années plus tard, le famille s’agrandit d’un autre membre, un petit garçon, mon petit frère. Nous étions en ces temps-là une famille unie, heureuse et soudée, chacun donnait de lui sur la ferme et tout se passait bien, nous vivions modestement, très simplement mais nous vivions dans un milieu d’amour, assez loin du besoin pour ne pas qu’il vienne semer la zizanie. C’était une sorte d’Eden familiale où l’amour venait laver tous les mots et tout ce que nous pouvions tous espérer, c’était que ça continue jusqu’à la fin des temps, que tout se passe ainsi, dans cette unité d’amour et de tendresse sans imaginer qu’un jour ça finirait par s’arrêter.

      En ce temps là, j’étais une enfant un peu turbulente, je ne manquais pas d’énergie, j’en débordais, courant sans cesse, m’épuisant à faire dix fois le même aller-retour quand un aurait suffis. J’étais une enfant tout simplement, impliquée obligatoirement dans la vie de famille, avec des amis lorsque j’étais à l’école même si je savais que comme mes parents avant moi, je n’y resterai pas longtemps. La ferme était une occupation prenante mais j’adorais cela, préférant d’ailleurs étrangement les travaux plus masculins que ceux consistant à s’occuper de la maison, oui mais voilà j’étais la fille et non le fils, alors malgré moi, résignée à devoir faire la cuisine, je cuisinais. A ce moment-là de mon histoire, j’étais tout sauf une cuisinière douée, même si ma mère et moi cuisinions la même chose, en même temps, avec les mêmes ingrédients, son plat aura toujours eu bien meilleur goût que le mien. Ou peut-être était-ce simplement parce qu’elle était ma mère et que je ne pouvais pas m’imaginer être meilleure qu’elle. Je ne sais pas, aujourd’hui ça n’a plus aucune importance car de la belle petite famille unie et soudée, il ne reste rien. Ou pas grand chose en tout cas. Je vous l’ai dis c’était comme un Eden, mais tous les Eden ont eu en commun de pouvoir être nommé ainsi parce qu’un jour ils sont devenus un enfer quand un serpent est venu en ces terres. Ce ne fut pourtant pas de l’extérieur de notre famille que vinrent soudainement les ennuis mais bel et bien de l’intérieur. Le temps change les gens, il les fait grandir, il les fait évoluer, la voix change, le corps change et puis parfois pour certains rares cas particulièrement méconnus surtout à cette époque, il leurs donne des pouvoirs.


      Printemps 1908 Premier pouvoir
      S’il est deux jours que je n’oublierai jamais de toute ma vie, ce sont les premières manifestations de mes pouvoirs. Toutes deux se firent par un choc émotionnel violent, cela marque il va sans dire toutefois c’est également pour les changements qu’ils ont apporté dans ma vie. Ce premier pouvoir est apparu au retour d’un jour d’école alors que mon frère et moi rentrions chez nous. C’était sans doute une des dernières fois que j’étais allée à l’école puisque mes parents songeaient à me faire rester à la ferme. Ils n’imaginaient sans doute pas combien ils allaient me garder à la ferme après ce jour-là. Comme toujours mon frère n’écoutait rien, n’est-ce pas le principe du frère de toute façon ? Nous étions arrivés sur la propriété familiale quand, malgré mes mises en garde, il a sauté sur les planches recouvrant le vieux puits désormais à sec. Pourries et usées par le temps et la pluie, les planches ont cédés, entrainant mon frère dans une chute qui aurait dû lui être mortelle. Pourtant le destin se mêla à cette histoire et son pied s’enroula dans la vieille corde qui permettait de remonter le seau d’eau. J’ai couru jusqu’à la maison pour chercher mon père qui tenta de le remonter, mais plus il tirait sur la corde, plus la corde se cassait, je pouvais l’entendre se tendre et les fibres qui cèdent doucement sous la pression. J’avais peur pour mon frère, peur de le voir mourir, c’était ma faute, j’étais sa grande soeur, j’aurais dû lui interdire d’approcher de ce puits, alors je pris la corde, tirant dessus. Non je ne l’ai pas remonté, moi et ma force de mouche d’une enfant de onze ans, mais quand mon père dit que la corde n’est plus ce qu’elle était à ma mère, quelque chose d’étrange se passa. C’était comme si une nouvelle corde avait remplacé l’ancienne, une corde robuste et résistante avec laquelle mon père parvint à remonter mon frère.

      Je compris au premier regard que me jeta mon père que quelque chose d’étrange venait de se passer, je lus dans son regard de la peur, j’étais la seule à toucher cette corde quand le « miracle » est survenu. La fin de cette journée fut vraiment étrange, assise à la table de notre maison, ma mère en larmes avec mon frère bien vivant dans les bras, mon père qui pose devant moi un bout de métal rouillé en me disant de « faire mon truc ». Je pleurais, je disais que je ne savais pas, que je n’avais rien fais, que je ne savais pas de quoi il voulait parler. Il ne fit que crier plus fort encore, une claque puis à nouveau des cris, des menaces, j’étais terrorisée, figée et d’une main tremblante je pris le morceau de métal mais rien ne se passait. Je fermais les yeux, je me concentrais pour le faire devenir de nouveau un beau morceau de métal mais rien ne se passait. Les cris de mon père étaient si forts que je ne parvenais même pas à comprendre ce qu’il disait, une nouvelle gifle et la peur me gagne à nouveau, je ne pense plus au morceau de métal, je me contente de supplier mon père d’arrêter. Je dis que ce n’était pas moi, que je n’ai rien fais et il lève sa main pour une autre gifle, je sers ma main sur le bout de métal, prête à subir un nouveau coup mais à mon étonnement rien ne vient. Je comprends en suivant le regard de mon père, le métal n’est plus rouillé, il étincelle comme à son premier quand à moi, j’entends un mot sortir de la bouche de ma mère « sorcière ». Effrayés par cette découverte, effrayés par le monstre qu’était leur fille mais incapable de décider de me tuer, ils décidèrent de m’isoler du monde. Ma nouvelle demeure serait la cave quand à ma disparition de ce monde, et bien c’était moi qui était tombée dans le puits, il fut même fait un enterrement à mon nom.


      Hiver 1912 Second pouvoir
      Mes parents avaient peur de moi, l’amour était devenu peur, la peur se manifestait par de la violence et de la haine. Enfermée dans la cave, ils me nourrissaient quand ils y pensaient, toutes les corvées étaient pour moi, mais uniquement la nuit, à la lueur d’une bougie, quand tout le monde dormait et que personne ne pourrait me voir. Je devenais une créature de la nuit, vivant toujours dans le noir, dans la cave où régnait une pénombre sans fin, dans la nuit où je lavais la demeure, où je lavais le linge. Et quand je désobéissais, ils me violentaient, non qu’ils avaient besoin d’une raison pour le faire, rien que lorsque je promettais que ça ne servait à rien, que je n’utiliserai pas mon pouvoir, ils devenaient violents. Ils avaient peur de moi et moi j’avais peur d’eux et c’est pour ça que je n’eus jamais le courage de fuir, par peur mais aussi parce que dans cette famille il restait une personne qui m’aimait malgré ma différence, ce petit frère que j’avais sauvé. Il était ma seule compagnie agréable avec les deux chiens de la famille. Mais il était la seule compagnie humaine que j’avais, il osait parfois venir me trouver la nuit pour me parler quand les parents dormaient, c’était mon seul contact humain, ma seule vraie raison de rester avec la peur que j’avais de ce que mes parents me feraient si ils me retrouvaient. Et puis ils avaient fais un très bon travail pour rendre le monde extérieur effrayant, « que se passera-t-il à ton avis si quelqu’un te voit user de tes pouvoirs ? Tu seras brulée comme les sorcières ! ». Ca ne donne pas franchement envie de partir, et je crois que j’avais développé à al fois une véritable peur de mes parents mais aussi de ce que le monde extérieur pourrait me faire. Alors « contente-toi d’être heureuse qu’on ne te brule pas ! » pour reprendre les mots de mon père. Oui je m’en contentais, ce n’était pas une vie, mais j’avais peur de tout, de mes parents, du monde, de moi-même, de ce pouvoir que parfois j’osais expérimenter avec les vieux objets de la cave. Pourtant ces expérimentations furent rares, les inspections de mes parents pour vérifier que je n’utilisais pas mes pouvoirs me valant chaque fois des roustes mémorables et puis un jour il y eut pire.

      Nous avions deux chiens, l’un jeune et en pleine forme, l’autre terminait péniblement sa vie de dur labeur à ramener les troupeaux en trainant à la maison. Il faisait peine à voir, ses muscles faiblissaient, il ne marchait plus, se contentant de trainer péniblement sa carcasse, il faisait mal au coeur, pendant mes années dans la cave il fut mon ami le plus présent pour moi. Je ne voulais pas le voir mourir, je ne pouvais pas le laisser mourir, alors je décidais d’utiliser mon pouvoir sur lui. Si ça marchait sur les objets, pourquoi ça ne pourrait pas le ramener à une jeunesse pimpante et éclatante ? J’ignorais combien c’était une mauvaise idée mais de toute façon, je n’obtins aucun résultat, même en me concentrant sur ma crainte de le perdre, même en larmes et effondrée à l’idée qu’il meurt il restait toujours ce même vieux chien qui terminait sa vie en souffrance. Le plus jeune chien nous rejoint, ma tête entre les leurs, mes bras autour de leurs cous, c’est là que ça arriva, alors que toujours ma crainte de voir mon ami disparaître était bien ancrée en moi. Ce fut un moment étrange, soudainement je me suis sentie puissante comme si tout m’était possible et l’instant d’après, j’étais épuisée, à bout de souffle mais au lieu d’avoir un jeune chien et un vieux chien, je me retrouvais avec deux chiens vigoureux qui se mirent à aboyer, réveillant mes parents qui ne tardèrent pas à comprendre ce qui venait de se passer. Cette nuit-là je crus vraiment que mon père allait me tuer mais pourtant non. Il me regarda avec un sourire à glacer le sang, il éclata de rire et me ramena sans ménagement dans la cave en me disant de me reposer parce que demain serait une très longue journée.

      Il vint le lendemain avec des lapins que nous élevions, de petits lapereaux et d’autres adultes, s’asseyant en face de moi, il m’ordonna de m’entrainer. Il me dit que « tu as plutôt intérêt à ce que ce soir, à mon retour, tu sois capable de vieillir un lapereau pour en faire un lapin adulte et de rajeunir un lapin ! ». Je ne comprenais pas ce qu’il voulait et les essais ne donnaient rien, ce pouvoir m’échappait plus encore que l’autre. Je m’étais entrainée en secret, peu certes, mais je parvenais à plus moins l’utiliser quand je le voulais même si c’était tout sauf une science exacte. Alors comment voulait-il qu’en un jour je sache utiliser ce pouvoir ? Il trouva le moyen de pression idéal, ma peur pour mon frère, il me menaçait si je ne le faisais pas de faire du mal à mon frère. Alors je réussissais plus ou moins bien. Pourtant c’était épuisant, c’était éprouvant et il y eut un dérapage. Ce sentiment de puissance que je ressentais quand je prenais la jeunesse de l’un pour donner à l’autre était comme une drogue. Plus le contact durait et plus c’était agréable. Alors que je posais mes mains sur deux lapins, tremblante de peur aux menaces de mon père, je sentis ce pouvoir et je m’y laissais aller jusqu’à ce que bientôt il ne reste qu’un lapereau tout juste « né » sous une main et un tas de cendres sous ma seconde main. Tout ce dont je me souviens après ça, c’est une douleur violente dans ma joue et toute ma tête puis le noir complet jusqu’au lendemain où mon père vint me voir avec un jeune homme qui devait avoir mon âge ou peut-être un peu plus. Je crus d’abord qu’il voulait me marier et je ne comprenais mais tout devint clair quand je réalisais que le jeune homme était là de son plein gré autant que j’étais dans cette cave de mon plein gré. Mon père vieillissait, l’espérance de vie n’était pas bien élevé, son métier l’avait fatigué, il voulait retrouver une jeunesse et me fit alors une proposition. « Tu veux quitter cette cave Christina ? Alors tu acceptes de faire profiter ta mère et moi de ton don, tu nous donnes la jeunesse d’autres personnes et en échange tu retrouveras une vie presque ordinaire. ». Lui cracher au visage fut un moment de plaisir, un bref moment de plaisir car les menaces et les violences reprirent, tant et si bien que je m’exécutais. Il retrouva ses vingt-cinq ans alors que le jeune homme approcha de la quarantaine. Mon père me força à faire la même chose pour ma mère et le jeune homme que mon père avait amené avait désormais soixante ans quand mon père le tua. Quand à moi, l’expérience a été violente, éprouvante, mon corps en a payé les conséquences. Ce fut un mois de coma puis à mon réveil, quatre autres mois avec juste assez d’énergie pour rester éveillée quelques heures par jour comme si mon corps refusait de se reposer. Pourtant tout finit par rentrer dans la normale, aussi normale que pouvait sembler ma vie bien entendu.


      1912 - 1933
      Ma vie changea à peine pendant ces vingt années-là. Mon père avait vu mon épuisement après avoir utilisé mon pouvoir pour changer autant d’années d’un coup. Il décida donc que je devais m’entrainer, me donnant des animaux comme des poules, des lapins, parfois même des vaches pour m’exercer. Changer quelques années devint rapidement facile, le seul vrai risque semblait toujours ce sentiment de puissance qui parfois me donnait énormément de mal, je le contrôlais difficilement. Pourtant ma vie changeait à peine, je vivais toujours dans la cave qui semblait devenir l’endroit où je passerai le reste de ma vie jusqu’à le fin des temps. C’était sans compter sur mon frère qui se découvrit télépathe. Il m’en parla à moi la première, il avait peur de la réaction des parents, peur de finir comme moi à la cave et violenté. Pourtant il finit par se trahir et c’est ma mère qui vit l’intérêt de ce pouvoir qu’avait apparemment son fils. Lire les pensées, tricher aux jeux et gagner, le nouveau plan de mes parents, la façon de gagner beaucoup d’argent. J’ignore ce qu’ils dirent à mon frère ou même ce qu’ils lui firent mais un jour où ils descendirent tous les trois dans la cave mon père donna à mon frère le bâton avec lequel il avait pris coutume de me violenter si je n’arrivais pas à user de mes pouvoirs. Je ne pensais pas que mon frère oserait me frapper mais il le fit, disant qu’il acceptait de faire ce qu’ils voulaient, qu’il ne voulait pas être comme moi. Il m’insulta, me frappa, il brisa toute la confiance que j’avais en lui, tout l’amour que je lui portais et chaque coup qu’il me portait semblait détruire un peu plus le souvenir d’un frère bon et agréable. Soudainement je n’avais plus deux parents qui me haïssaient tout en profitant de moi et un frère qui m’aidait à empirer les choses. Soudainement j’avais une famille qui voyait en moi l’immortalité et en mon frère l’argent pour vivre richement. Ainsi chaque année lorsqu’ils invitaient des gens le dîner de Noël, je devais faire en sorte de prendre une année de jeunesse à ces gens pour que toujours tous les quatre nous vivions éternellement. Ils me présentaient comme une simple servante et en une soirée, je redonnais à mon père, ma mère et mon frère l’année de jeunesse qui venait de passer.

      Trichant aux jeux et profitant de savoir à quoi leurs interlocuteurs pensaient, mes parents aidés de mon frère devinrent tout particulièrement riches. Nous voyagions partout aux Etats-Unis mais mon père finit par remarquer ce qui semblait être la seule et unique faille dans son plan. Je vieillissais d’année en année, je conservais la jeunesse de ma famille mais moi je prenais de l’âge et un jour je finirai par mourir. Il ne pouvait pas laisser ça arriver, pensant que j’en savais plus que je ne le disais, que je faisais exprès de me laisser vieillir, il décida que je cachais pouvoir rester jeune et savoir comment faire. Pendant toutes ces années, je n’avais jamais considéré essayer de m’échapper, j’avais peur du monde extérieur, du jugement qu’il porterait sur moi, peur de mes parents, peur de mon frère qui pouvait toujours savoir quand je pensais fuir. Je n’avais même jamais essayé de me rebeller, je n’avais jamais non plus décidé d’entrer véritablement dans la combine de mes parents, je le faisais parce que c’était mieux que d’être violentée. Je vivais une vie résignée, je faisais ce qu’on attendait de moi et ça s’arrêtait là. Pourtant ce jour-là, sans que je ne sache pourquoi quand mon père a dit que « je sais très bien que tu fais exprès de vieillir pour mourir ! » j’attrapais pour la première fois sa main alors qu’il allait me frapper. Si j’avais vraiment voulu mourir, pourquoi ne me serais-je pas simplement donnée la mort ? La réponse était que j’avais aussi peur de mourir, je n’aimais pas ma vie baignée de peur, mais mourir, me donner la mort, cette idée me terrorisait. Alors je n’avais qu’à mourir de l’âge finalement. Pourtant, tenant le bras de mon père, mon pouvoir s’activa par la colère, mes années me quittèrent pour s’appliquer à mon père, je retrouvais mes vingts ans et lui soudainement approchait de la cinquantaine. Il hurla, cria, tapa du poing sur la table en me hurlant de lui rendre sa jeunesse mais j’étais malade et épuisée. J’eus une grippe violente qui dura plusieurs jours, une fièvre monstrueuse, des hallucinations et des cauchemars et quand finalement je me sentis mieux, la première chose que je dus faire fut de rajeunir mon père. En prenant la jeunesse d’un enfant. Par vengeance, toujours en colère contre lui, j’eus l’idée de le ramener à un temps où il fut bébé, mais avec un télépathe dans la famille, les pensées ne sont pas privées et mon frère me força à arrêter en m’assommant. Au moins mon père avait eu ce qu’il voulait lui, l’assurance que je pourrai le faire vivre éternellement car moi non plus, le temps ne me tuerait pas.


      1933 - 1975
      Alors qu’eux vivaient sereinement et dans la richesse, je vivais toujours dans la cave, je vous l’accorde ce n’était plus la même cave qu’avant, elle était bien plus spacieuse, elles étaient bien plus spacieuses en réalité. Le seul défaut à ne pas vieillir c’est qu’il faut sans cesse changer de lieu sinon les gens finissent par poser des questions, mais moi je ne sus jamais où j’étais. Droguée et transportée comme un bagage de demeure en demeure au travers les Etats-Unis, je n’existais pour mes parents que très rarement. Quand il fallait faire à manger, quand il fallait faire le ménage et bien sûr à Noël quand mon cadeau de Noël était de leurs donner une autre année de jeunesse et pour moi d’en recevoir une autre. J’avais toujours des animaux car mon père ne voulait pas que je perde la main, alors je continuais de m’entrainer, je devais même douée pour utiliser ce pouvoir. Comme je devenais douée pour utiliser le premier pouvoir à s’être manifesté chez moi. J’avais des livres que mes parents me donnaient, ma seule occupation en réalité, des livres de science, des livres de mathématique, de langues étrangères, des romans. Lorsqu’ils trouvaient des gens se débarrassant de livres pour pas cher, ne manquerait plus que je leurs coûte cher tiens, ils prenaient les livres et me les donnaient, c’étaient mes seules occupations, lire et entrainer mes pouvoirs, cuisiner et faire le ménage. J’entrainais mon pouvoir d’altération temporelle sur les livres, rajeunissant les pages ou au contraire les jaunissant par le temps, je faisais pareil avec les vieux livres à la couverture en cuir mais aussi mes habits car évidemment je devais en prendre grand soin puisque « si tu crois que nous n’avons que ça à faire ! Si tu ne les tiens pas en bon état tu vivras nue, si tu crois que ça fait une différence ». Pour moi ça en faisait une, aussi je prenais soin de toujours faire durer mes vêtements par mon pouvoir.

      Et puis en 1975 je fus emmenée loin de tout. Riches sans plus savoir véritablement quoi faire de leur argent, mes parents achetèrent alors une petit île privée. C’était vraiment une petite île, une heure de jogging et vous la traversiez en largeur, une heure trente en trottinant pour la longueur. Ils y avaient fais construire un Manoir dont je serai la seule véritable occupante. C’était une sorte de prison dorée, une île magnifique dont je ne pourrais jamais fuir. Le seul accès était par la mer mais je n’avais pas de bateau et quand bien même j’en avais eu un, j’étais loin de savoir comment ça fonctionne. Pourtant je retrouvais une vie un peu plus agréable, je pouvais vivre le jour, l’île n’était pas dans un coin polaire ni dans un endroit où un mauvais temps régnait, je pouvais sortir, passer mes journées à l’extérieur sous un soleil agréable. Je re-découvris les joies du soleil, enfin surtout les coups de soleil dans les premiers temps. Je découvris une invention que je n’avais jusqu’à lors connu que de façon très théorique, l’électricité. Non le Manoir n’était pas alimenté, mais un générateur fonctionnant comme une petit centrale hydraulique alimentait la barrière qui protégeait le seul point d’accès viable. Tout le reste de l’île n’était que des falaises avec en bas des rochers, je jurais même avoir vu des requins dans ces eaux, le seul point d’accès était une petite plage mais un grillage de trois mètres de haut, alimenté jour et nuit en électricité le protégeait. Je me suis brulée à m’électrocuter contre cette barrière en tentant de fuir. Essayant de la faire vieillir pour qu’elle cède, mais l’électricité m’empêchait d’utiliser mon pouvoir, sans oublier que ça restait extrêmement douloureux. Le seul point positif était de pouvoir « vivre ». Je n’étais plus cachée, je pouvais être au soleil, je pouvais marcher, je pouvais bronzer et surtout je ne voyais plus mes parents si souvent. Ils ne venaient qu’une fois par moi pour s’assurer que j’étais toujours là, où aurais-je pu aller de toute façon ? D’autant qu’ils avaient laissé un hommequi avait dû, dans une autre vie sans doute, être un tueur pour Al Capone. Un rustre sans manière qui grognait plus qu’autre chose, il passait sa vie dans une petite maison juste à côté de la seule issue, chaque jour il s’assurait que je sois en vie et toujours là. J’ignore pourquoi il a accepté un poste pareil mais il l’a fait et il me surveillait encore et toujours.


      1975 – 1988
      En vingt ans, je n’avais pas vu mes parents si souvent, je n’avais pas été violentée si souvent, il n’y avait qu’à Noël que vraiment ma famille était là, toujours avec des amis qui ignoraient qu’ils allaient se faire voler un an de leur jeunesse. Un an ce n’est pas grand chose bien sûr, mais à présent je le faisais pour six personnes. Mon père et ma mère bien sûr, mon frère ainsi que son épouse et le gardien de l’île qui avait été mis dans la confidence car de toute façon après vingt ans à me voir rester la même ainsi que mes parents, il avait bien compris ce qui se passait ici. Le prix de son silence était qu’il ne meurt pas. Je n’ai jamais compris pourquoi il vivait comme ça, seul sur cette île, sans jamais me dire un mot, je ne comprenais pas surtout quel intérêt il trouvait à rester en vie de la sorte. Pourtant il le faisait, il restait, année après année sans jamais rien me dire, se contentant d’un grognement indescriptible quand je lui posais une question autre que « Vous voulez encore à manger ? ». Il n’y avait aucune aide à attendre de lui, d’ailleurs je n’attendais plus aucune aide de personne, j’avais totalement abdiqué à l’idée d’être un jour libre, de pouvoir un jour vivre, et je m’exécutais docilement à la volonté de mes parents, me contentant de pleurer toutes les larmes de mon corps chaque année après Noël par honte de ce que je faisais. Je ne tuais personne c’est vrai, mais j’étais une telle peureuse, une telle trouillarde, pourquoi je ne parvenais pas à trouver le courage de fuir ? Pourquoi est-ce que je gardais cette certitude que si je mettais un pied hors de l’île, le monde allait me tomber dessus, me montrer du doigt et me tuer ? Pourquoi est-ce que j’avais si peur de quitter le joug de mes parents alors que ça n’était que honte et violences passées ? Enfin violences passées … Jusqu’à ce noël 1988 où mon père, complètement ivre, m’attrapa par le bras pour m’emmener dans une des chambre. Ce fut pour ainsi dire ma « première fois » mais je n’en ai aucun souvenir, c’est comme si ce moment entre celui où il arrache mes vêtements et celui où il me traite de « pute » avait été effacé. Je ne me souviens de rien, sauf d’être nue devant, d’avoir mal, d’être en sang, et de le sentir me frapper encore, encore et encore. Sans l’intervention de mon frère, ma mère et du gardien de l’île, il m’aurait sans doute tué, il manqua de le faire. Ca ne changea rien à mon courage, ça ne me changea rien à moi personnellement mais ça changea quelque chose chez ce frère qui m’avait tourné le dos tant d’années auparavant.


      1988 – Avant-Hier
      La violence de mon père avait tout commencé, c’était elle qui semblait vouée à tout finir. Mon frère multiplia les visites après cette nuit-là, il s’assurait que j’aille bien, il fit venir des médecins, il prit soin de moi, sans jamais rien en dire à mes parents. Il n’avait jamais eu de secrets pour eux, il ne s’était jamais inquiété de moi, trop heureux dans sa vie de luxe qu’il partageait avec ses parents qui l’aimaient mais là soudainement, la violence de son père sembla l’avoir atteint. Il me fallut une année entière pour être à nouveau véritablement sur pieds, pour ne plus penser à cette nuit-là, à ce qui m’était arrivé et c’est alors que mon frère me dit que bientôt, il me ferait évader. Il m’expliqua qu’il allait prévoir mon évasion, qu’il m’y aiderait, qu’il m’emmènerait en lieu sûr, il me dit que ça prendrait « un peu de temps » mais me promettait qu’après tout ira bien pour moi. Il me dit qu’il devait me « donner » de quoi me défendre, me fourrant dans les bras tout un tas de parchemins dans une langue étrangère. Devant ma surprise en voyant ces pictogrammes sa seule réponse fut « tu as autre chose à faire qu’apprendre une langue étrangère ? » Et il posa un dictionnaire chinois-anglais dans mes bras. Il m’apprit l’art martial qu’il appelait Tai-chi-chuan en me disant que c’était une base mais que je trouverai de quoi devenir plus forte dans les parchemins. Je lui faisais remarquer que puisqu’il me ferait évader « bientôt » selon ses propres mots, je n’aurais jamais le temps de vraiment savoir. Il faut croire que quand on vit cent ans, « bientôt » peut vouloir dire « dans vingt ans ». Ce n’était pas sa faute, il semblait que les parents se doutent de quelque chose à le voir aller et venir, aussi il dut venir moins souvent, se faire plus discret alors que mes parents venaient me voir une fois par semaine. J’eus pourtant tout loisir de m’entrainer aux arts martiaux, grincheux restant majoritairement dans sa demeure sauf pour manger et étant toute seule sur cette île, j’avais tout loisir de comprendre les parchemins et en vingt ans d’apprendre à parler et écrire le chinois. Je doute que mon accent soit fameux, c’est que je n’ai jamais vu de chinois en réalité. Mon frère s’étonnait de me voir devenir aussi douée en arts martiaux que lui qui avait commencé à apprendre plus de quinze ans auparavant. C’est que je n’avais pas vraiment grand chose à faire sur cette île sauf apprendre à me battre. Mon frère me donnait le courage de rêver à une vie de liberté, et enfin arriva le jour où il voulut me faire évader.

      C’était tout simplement hier, il me donna un petit sac dans lequel je trouverai de l’argent et une adresse où je devrai me rendre en prenant un taxi. Autant dire que j’avais véritablement peur de faire ce voyage, je connaissais ce monde, dans la théorie la plus absolue. Je savais comment on faisait du vélo en théorie comme on l’expliquait dans les livres, je savais comment on nage en théorie comme on l’apprend dans les livres. J’étais comme un enfant qui allait affronter le monde pour la première fois, mes relations humaines … autant dire que je n’avais aucune idée comment me comporter aujourd’hui avec un être humain. Ca faisait peur de partir, je finis même par hésiter, ici dans mon palais doré je savais comment ça se passait, j’étais seule sauf quelques jours par an. Ce n’était pas une vie rêvée mais j’étais bien vivante et je savais comment ça se passait alors que là-bas dans le « monde réel » je ne savais pas ce qui m’attendait et ça me faisait peur. Les choses précipitèrent avec l’arrivée des mes parents. Si mon frère était venu par la mer, ils étaient venus par les airs, s’achetant récemment un hélicoptère. Les choses devinrent un peu folles, mon frère me tire, me pousse alors que nous arrivons au bateau où mon père et ma mère nous attendent. Mon père pointe une arme sur mon frère qui pointe lui aussi une arme sur mon père. Ils s’insultent, mon frère me défend, des coups de feu retentissent et je me fige comme si on m’avait tirée dessus. Je vois ma mère qui s’effondre sur le bateau mais en tournant la tête je vois surtout mon frère qui tombe. Je le prends dans mes bras, il me dit de ne pas avoir peur, il me dit que je vais bien m’en sortir, que je dois fuir, arrêter d’avoir peur. Il me dit que le pouvoir que je laisse mon père avoir sur moi est idiot, que le monde de dehors est prêt à accueillir les mutants. Comment le saurai-je ? Je n’ai jamais eu la télévision ni la radio, rien des que des livres d’histoires. Je dois la fermer, arrêter de croire que tout est dans les livres et voir avec mes yeux. Mon père m’attrape par les cheveux et me tire un peu plus loin, il hurle à nouveau, comme quand j’étais enfant, il me dit que ma mère et mon frère sont morts à cause de moi. Il lève son arme vers moi mais n’ose pas tirer. Mon frère tente de se relever mais il l’achève d’une balle dans la tête. Mon coeur devient soudain douloureux et n’est plus que colère. Un coup pour désarmer mon père puis de le battre. Il ne s’attendait pas à ce que je sache me battre, grand mal lui en fait, la colère me rend violente, hargneuse, courageuse. Je finis par me retrouver au-dessus de lui, son arme dans mes mains, le canon de l’arme contre sa tempe. Je l’assomme d’un coup avec la crosse de l’arme et j’avance vers le bateau, grognon se mettant au milieu de mon chemin. Devant mon regard assassin ou peut-être simplement par pitié, il me sourit et me fait signe de partir. Je démarre le bateau comme mon frère m’avait dit, tourner la clef, la manette des gaz, suivre le nord pendant trois jours et surtout penser à ralentir et s’arrêter en arrivant au port, des fois que j’aurais voulu me faire remarquer de suite en envoyant le bateau en plein dans un autre. Donner la carte d’identité dans mon sac si les policiers me contrôlent, prendre un taxi pour aller à une adresse sur un papier. Le voyage me semble long, je suis épuisée, j’ai faim, il pleut mais au loin la ville qui se rapproche, mon coeur palpite, je tremble doucement, j’ai peur. Je suis seule désormais, seule dans un monde dont j’ignore tout et pourtant pour la première fois, je vais pouvoir vivre.



      Summary
      ...


      Christie est née il y a un peu plus de cent ans de cela dans une famille qui tenait une ferme, une famille où tout commença sous le signe de l’amour. Quand les pouvoirs de la jeune femme se développèrent ses parents prirent d’abord peur, puis virent la possibilité de vivre éternellement, ils la forcèrent donc à s’entrainer pour qu’elle puisse à tout jamais les maintenir jeunes en prenant des années de jeunesse à d’autres personnes. Refusant de se prêter au jeu de ses parents, Christie ne fut jamais pour eux qu’un outil qu’ils gardaient en vie parce qu’elle était indispensable, mais cela ne les empêchait de la violenter si elle refusait d’obéir. Le petit frère de Christie choisit de rejoindre ses parents et mettre son don de télépathie à leur service, leurs permettant de gagner énormément d’argent. Christie vécut longtemps dans la cave des demeures où la famille s’installait, jusqu’à ce qu’un jour ses parents achètent une petite île où, sous la surveillance d’un homme, elle se retrouvait prisonnière. Cela fut une petite amélioration dans sa vie, mais le vrai changement ne vint que lorsque son frère décida de lui venir en aide. Choqué par la violence extrême de son père alors qu’il était ivre, il prépara sa soeur à l’évasion, lui apprenant les arts martiaux, préparant son évasion dans les moindres détails. Hélas ses parents surveillant, il fallut vingt ans avant de pouvoir mettre le plan à exécution. Toute la famille de Christie trouva la mort cette nuit-là. Unique survivante de sa famille, elle va devoir affronter et découvrir seule le « monde réel », son but est une adresse que son frère lui a donné qui la mènera … elle ne sait où. Elle ignore également que son frère a ouvert un compte bancaire à son nom qui lui permettra de vivre loin du besoin pour le reste de son éternité.


    Et l'homo sapiens derrière l'écran ? ;
    ...


    — célébrité prise ;Sarah Carter
    — prénom ou pseudo ;Pink
    — présence sur 7 sur le forum ; 7/7
    — personnage inventé, prédéfini, marvel ; Inventé
    — doublon ; X
    — comment as-tu connu Terra 616 ? ; En volant de partenaire en partenaire
    — as-tu lu le règlement ? ; validé par kyana


Dernière édition par Christie Van Oranje le Lun 9 Jan - 6:19, édité 1 fois
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Kyana Mayers
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Dim 8 Jan - 0:09

Bienvenue miss, je vois que tu t'es lancé direct finalement
A première vu tout est rempli direct, si tu as encore des question ou besoin de quoi que ce soit n'hésites pas à me contacter, je lis et m'occupe de toi dès que possile ( v commencer la lecture ce soir)

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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Dim 8 Jan - 1:08

Oui la fiche est terminée, après discussion avec Katherine, j'avais décidé de faire directement la fiche ^^
Bon courage et bonne lecture >_<
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Kyana Mayers
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Dim 8 Jan - 2:14

j'ai commencé c'est un bon début me reste l'histoire à lire pour verifier que tout colle, bien jusque là je ne vois pas de soucis Wink

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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Lun 9 Jan - 0:53

coucou miss. alors belle fiche vraiment belle histoire
il y a seulement quelque petite incoherence ou trou.

1 d'unc oup tu rajeuni de 25 ans presque ton pere puis ta mere, meme si c un déclenchement de pouvoir ca fait énorme les deux et ca devrai au moins provoquer un coma ça.

2. ton frère est télépathe mais n'a pas l'air de savoir utiliser son pouvoir de télépathie a moins que ce ne soit que de la lecture de pensée et rien d'autre car sinon simple pour lui d'aider a manipuler le père.

3. tu dis ta mère est morte ton père dit que c'est de ta faute mais je n'ai rien vu sur la mort de ta mère?

4. heu une ile ou ils uffit de suivre les bulding ca veut dire très proche de manhatthan ca me parait assez peut plausible l'emplacement de cette ile.

Voilà je crois que c'est tout. Quelque petite faute de fatigue surtout je pense, mère à la place de mer à un moment, tu devait pensait à la maman mdr


PS: oh et ton frère est un sadique menteur, le monde près à accepté les mutant alors qu'one st en pleine guerre pour les ficher etc lol

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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Lun 9 Jan - 6:21

Et voilà, c'est édité en orange pour que tu t'y retrouves plus facilement ^^

Pour le frère, oui il ne fait que lire les pensées, ce n'est pas de la manipulation de pensée, c'est vraiment et simplement de lire les pensées.

Merci pour les remarques sur l'histoire ^^
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Kyana Mayers
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Jeu 12 Jan - 1:03

Et bien tout cela me semble bien mon petit alors je vais dire............



Fiche Validée
Tu as passé l'épreuve avec succès, tu recevras bientôt en guise de diplôme, ton joli niveau et tu peux de plus te lancer en rp. Les premières choses à faire:

• Créer tes fiches de relations et fiches rp Afin de t'intégrer plus facilement.
• Bien remplir ton profil
• Recenser tes pseudo, pouvoirs, poste/métier et célébrité utilisés
• Si tu as besoin d'un logement, en faire la demande
• Observer régulièrement le Forum Média et la partie scénario pour rester informer.
• Pour toutes autres questions ou conseils n'hésites pas à nous contacter par Mp ou autre.




c dommage els camp toi et gemini aka abby (oui faut preciser hein) avait beaucoup en commun avec les frero

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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Jeu 12 Jan - 6:00

Merci beaucoup ô toute-puissante admin !
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Jeu 12 Jan - 7:33

welcome
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Jeu 12 Jan - 7:39

Merci de l'accueil, électrisante demoiselle ^^
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Jeu 12 Jan - 11:06

Je te l'ai déjà dis sur la Chatbox mais je me répète ici tout de même : bienvenue à toi Christie =D
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Jeu 12 Jan - 20:31

Bienvenue parmi nous...

Histoire très intéressante ainsi que la fiche. Et en voila un pouvoir des plus intéressant.....

J'ai hâte de pouvoir te rencontrer en RP
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Jeu 12 Jan - 20:55

Merci à vous deux ^^ Enfin re-merci Fox ^^
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Ven 13 Jan - 20:39

Pour pas changé j'suis toujours à la bourre ^^

Welcomme Miss Very Happy
Owen a trouvé plus vieux que lui, enfin vieille XD
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MessageSujet: Re: Christie Van Oranje   Ven 13 Jan - 20:40

Welcome !
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Christie Van Oranje

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