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 Boire un coup [Barnes]

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Rachel Grey-Summers
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MessageSujet: Boire un coup [Barnes]   Sam 7 Juil - 15:47


C’était un après-midi nuageux ; bien qu’il y avait des éclaircit, il devenait de plus en plus clair que le ciel se romprait en une pluie torrentielle. Le décompte en était lancé. Cela n’avait pas empêché Rachel de sortir. Rien n’aurait pu. Plus qu’une nécessité, cela avait été un besoin. Alors qu’elle marchait, son esprit avait été ailleurs. Une petite voix, au profond de son être, lui murmurait de sombres paroles prophétiques. Empreigne toi, disait-elle, dans ton monde, tout cela est en ruine. Ressent, continuait-elle, la ligne du temps qui se mouvoit. Et bientôt… Oui, bientôt. Son univers et celui-ci étaient décalés dans le temps. Le sien était plus loin dans le futur. Ou du moins, c’était l’impression que Rachel avait, puisqu’elle avait remonté le temps. Bientôt, dans quelques années, ils auraient rattrapé l’espace temps qu’elle avait quitté. Et seul à se moment-là pourrait-elle dire si les choses étaient les mêmes. Car il n’y avait que deux possibilités ; deux scénarios imaginables : La survie et la destruction. Parfois, elle ne pouvait s’empêcher de penser comme ces deux univers tendaient à se ressembler… Réminiscence d’une vie passée ; prémonition de Blindfold.

Le décompte ne dura pas longtemps. Subitement, sans prévenir, il y eut l’averse. À croire que les évènements de cette journée étaient déjà écrits. Il fallait que la pluie tombe à ce moment précis pour qu’elle entrât dans ce bâtiment, en dépit de tous les autres au alentour. À l’intérieur, autre surprise, moment d’arrêt : un bar. Rachel resta figée quelques secondes à quelques pas seulement dépassée la porte d’entrée. Elle ignora les quelques regards qu'on lui jeta. Elle passa une main dans ses cheveux roux, les secoua ; quelques gouttes tombèrent au sol, d’autres dégoulinèrent de ses bras. Les quelques coulées sur son t-shirt sècheraient assez vite. Rachel se retourna, allait faire un pas en direction de la sortit, arrêta son mouvement. Quelque chose la poussait à rester. Puis, elle tourna la tête pour regarder à l’extérieur : la pluie avait augmentée. Un signe de plus indiquant qu’elle ne pouvait pas sortir. Pas encore.

Rachel était habillée simplement d’une paire de jeans qui lui allait comme un gant et d’un top léger d’une couleur qui faisait ressortir ses beaux yeux verts. Elle s’installa au bar, y déposa ses choses. Son regard fit vaguement un tour des lieux : elle n’était jamais rentrée là. À vrai dire, elle ne côtoyait pas les bars. L’heure de la journée n’empêchait pas quelques personnes de boire tranquillement. La présence du barman la fit se retourner. Elle le renvoya en disant qu’elle ne voulait rien. Elle le sentit se demander ce qu’elle faisait dans un bar, alors, si ce n’était pas pour boire. Il s’en retournât d’où il venait et elle resta seule, attendant. Mais attendant quoi exactement ? Peut-être la fin de la pluie.


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MessageSujet: Re: Boire un coup [Barnes]   Jeu 12 Juil - 13:03

L'or. L'or qui se pavanait sous les doigts des grands et caressait les espoirs les plus rêveurs et désespérés. L'or était sur toutes les lèvres, dans les moindres fantasmes, symbole de puissance, et évidemment signe de richesse. Départageant le monde entre envieux et cupides. Cette touche de couleur aux souffles d'harmonie et de gloire, se peignant dans la prétention la plus totale, ornant les plus précieux cous et poignets, ornant les plus précieuses possessions. Ce métal si lourd que la société portait comme des chaînes, l'entraînant toujours plus bas. L'or maintenant remplacé par le plus dégueulasse des verts. Du papier qui plus est. Du papier.

Mais j'ai mon propre or. J'ai ma propre richesse. Mon or scintille au moindre rayon de lumière, et s'enflamme d'émerveillement, dessinant autour de lui une aura bienfaisante d’apaisement et de sérénité. Il émane des tâches dorées, se déroulant à ses pieds comme de vulgaires sujets griffant ses semelles, indignes de sa beauté, indignes de son amour. Ceci est mon propre or. Ceci est ma propre richesse. Loin de ce vert atroce qui rend l’humanité incontrôlable d’envie et d’une luxure plus grossière encore que l’initiale. J’ai mon propre or. Il serpente dans mes veines et embrase mon âme. Mes pensées ne sont que siennes, mon adoration n’a de limites que sa grandeur. J’ai mon propre or. Et ce qui se dresse devant moi n’est qu’un mensonge.

Ca fait… trois minutes, cinquante-six secondes que je n’ai quitté des yeux le liquide doré qui stagne, immobile, dans mon verre. Vous m’avez bien entendu. Stagne. Immobile. Seules les gouttes ruisselant sur le bords du verre montrent signe de vie. Dans le langage publicitaire, ces gouttes symboliseraient la fraîcheur et le désir et éveilleraient en vous la pulsion animale de posséder ce liquide et de l’avoir en vous. Tout en vous. Ici, ces gouttes ne sont que preuves que le verre vient d’être rincé avant d’être resservi. D’ailleurs, si l’on y prête un minimum d’attention -attention que j’y prête depuis quatre minutes, treize secondes-, la façon dont elles glissent laborieusement le long de la paroi de verre précise que ce dernier a mal été rincé. Résumons. Ma bière stagne dans un verre crade. Ce n’est pas de l’or. C’est un mensonge.

- Tu m’as servi de la pisse.

Je redresse la tête -dans un craquement de dos terrifiant- et jette un coup d’œil à mes bras sur lequel reposait mon menton quelques secondes plus tôt, eux-mêmes reposant sur le bar. Y a une jolie trace de mon menton dans la chair. Faut que j’me rase. J’avais la meilleure position possible pour juger mon verre ainsi que la qualité de mon barman préféré. Médiocre. Mais il en a rien à foutre. Ca tombe bien, moi non plus. J’attrape la pinte chaud et la porte à mes lèvres sans vraiment y faire attention, reportant mon regard sur l’écran de télévision passant les sports.
C’est à peu près à ce moment -et même si c’est pas à peu près, qu’est-ce qu’on en a à foutre- que la porte s’ouvrit, laissant se dessiner dans l’embrasure une femme, probablement un canon. La porte a beau être dans mon angle mort -derrière moi, donc- je vois son reflet dans les bouteilles derrière le bar. Je prends le temps de me retourner pour apprécier comme il se doit la nouvelle arrivante, qui doit être sacrément désespérée pour squatter un bar à une heure pareille. Rousse. Mes préférées. Ca se trouve elle vient de se faire larguer et cherche à boire son malheur -- ou mieux, le partager avec un sombre inconnu, me dis-je en ne la lâchant pas des yeux jusqu'à ce qu'elle s'installe à quelques tabourets de moi. Raah, arrête tes conneries.

Oh mon Dieu. Elle est trempée. Dans d’autres circonstances j’aurais apprécié -pour ne pas dire intensivement mater- ô combien l'eau ruisselle le long de son cou jusqu'à son décolleté, huilant ainsi les courbes parfaites que la couleur de son top fait ressortir. MAIS NON. Le devoir m'appelle.

- ... Il pleut?

Ca m'a un peu échappé. Mais disons que je suis incontrôlable dans ces circonstances. C'est à dire que j'ai laissé mon verre derrière moi pour me précipiter dehors.

J'ai un problème avec la pluie. Rien de bien méchant hein. Juste un caprice d'enfant dans un corps d'adulte. Donc fortement décuplé. Je n'ai jamais compris pourquoi les gens s'abritaient de la pluie. Je crois que la principale raison c'est que c'est une variable qu'ils n'avaient pas envisagée lorsqu'ils se sont consciemment préparés au matin. Et personne n'aimerait que tous ces efforts soient mis à néant par quelques gouttes, n'est-ce pas? Et puis, il faut l'avouer que pour les gonzesses, ça doit être une horreur de voir son maquillage dégouliner et ses cheveux si précieusement coiffés en bordel. Les vêtements qui collent, les chaussures qui flottent, les frissons glacials qui courent sur la peau trempée. QUI NE PEUT PAS AIMER CA?

En revanche, j'ai un problème avec la neige. Allez savoir pourquoi.

Six minutes et trente quatre secondes plus tard, j'étais de retour dans le bar, complètement trempé à mon tour, empreint de la plus belle des extases. Je passe rapidement une main dans mes -magnifiques- cheveux pour gérer et contrôler un peu leur magnificence et retourne à ma place, ignorant le regard noir du barman qui doit se dire que c'est ma façon de lui rendre la pareille pour la pisse qu'il a osé me vendre. Oh, cette idée est encore plus savoureuse. J'y pense intensément et avec plus d'extase encore en me rasseyant à mon tabouret, me doutant que je ruine son mauvais cuir.
Eeet je reporte mon attention sur la jolie rousse qui était venue se réfugier de la pluie. Quelle idée. Je suis sûr qu'on peut faire une analyse psychologique complète voire précise des gens rien qu'avec leur réaction face à la pluie. Par exemple: il y a ceux qui attendent, abrités sous un morceau saillant d'architecture que l'averse cesse pour vaquer de nouveau à leurs occupations; il y a ceux qui avaient prévu le coup et sont toujours prêts pour ladite averse, ceux qu'on voit donc marcher avec un parapluie; ceux qui courent avec un sac à main en guise d'abri au dessus de la tête; ceux qui préfèrent annuler leurs plans pour rester chez eux, safe and dry; ou d'autres qui sont contents et marchent sous l'eau sans peine.
Ici, on aurait à faire avec quelqu'un soit d'un peu défaitiste qui se cloître quelque part en attendant une ellipse dans les précipitations, soit... J'ai oublié ce que je voulais dire. Non mais regardez moi ce décolleté. Même si le décolleté en lui même a séché depuis, les vêtements restent imbibés. Et puis quoi de plus beau que des cheveux délicatement bousculés par des gouttes. Arh, surtout des cheveux d'un roux aussi délectable. Je parle de ses cheveux, mais croyez-moi, mon regard peine à se détacher de sa poitrine. Je bugue. Je bugue. Aaaah, je bugue, il faut que je détourne les yeux. Ne.Pas.Regarder. ... C'est peine perdue. Profite, vas y.
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MessageSujet: Re: Boire un coup [Barnes]   Ven 13 Juil - 4:09


C’était un bar. Les gens venaient pour boire. Se saouler. Décompresser. Tout oublier. Rachel n’était pas rester pour se payer un verre et compter ses malheurs au barman qui s’en contrefichait. Il lui aurait fallu des heures de thérapie, pour faire le tour. Elle découvrirait plus tard qu’elle avait eu de bonnes raisons de ne pas quitter les lieux. Une raison plus importante que la pluie.

Quelques pensées l’effleurèrent doucement. L’homme au fond de la salle déprimait à cause de son ex-femme. Un autre passait en revu le souvenir de sa semaine infernale. Elle ferma son esprit avant de les entendre plus encore ; s’en désintéressa. Elle pouvait le faire si facilement ; et les laisser venir à elle de la même manière, presque inconsciemment. Par conséquent, elle n’entendit pas ce que l’homme assis non loin pensa à son propos, tout juste après son arrivé.

Elle entendit : « Il pleut? ». Tourna la tête. De fait, oui. Il mouillait. Elle sentait cette eau sur ses vêtements. Une goutte coula sur son front, tomba sur sa joue, termina sa course le long de son cou, fut arrêté par le tissu de son haut. D’autres gouttes, ailleurs, tombaient, s’évaporaient, séchaient. Mais l’homme ne lui avait pas adressé la parole. D’ailleurs, il n’était déjà plus là. Elle se désintéressa de ça aussi.

Lorsque l’homme revint, et elle ne s’en rendit pas compte sur le champ, elle était toujours au même endroit. En réalité, elle avait bougé. Elle s’était dirigée vers les toilettes, un bref instant. Et sa position avait changé, pas exactement le même banc. Un verre était posé devant elle. De l’eau. Le barman était revenu à la charge. Rachel l’avait brièvement scruté avant d’en venir à la conclusion qu’il lui reposerait la question plus tard, si elle refusait toujours de commandé. Elle lui demanda de l’eau plate et, ce faisant, capta des paroles désagréables de sa part. L’eau, elle n’y avait pas touché. Ne comptait pas le faire. Accoudée au bar, une de ses mains soutenait aisément sa tête. La télévision l’avait rapidement désintéressée, mais elle préférait ne pas se servir de ses pouvoirs pour changer de poste. Les mutants n’étaient pas toujours appréciés ; certains semblaient se satisfaire de ce qui jouait présentement ; et elle n'était pas là pour regarder la télévision. Ça n'avait donc aucun intérêt. Elle resta seule avec ses pensées, comme elle avait l'habitude de le faire.

Mais l’homme était revenu. Et Rachel lui porta alors vraiment attention. La barbe lui allait bien. Ses cheveux empreints d’eau étaient vaguement décoiffés. Il dégouttait sur le sol. La mutante releva un sourcil, surprise. Mais la surprise fit tranquillement la place à autre chose, de l’irritation, peut-être de la colère, elle n’aurait su dire exactement de quoi il s’agissait. Mais elle savait ce qui occupait toute l’attention de l’homme. Peut-être aurait-elle dû l’ignorer, mais ce n’était pas dans ses habitudes. Elle était impulsive. Elle se leva. S’était une grande fille, élancée, fine. Elle réduisit la distance qui les séparait, soit très peu, et posa ses yeux verts sur lui. Ils brillaient de ce qui était sûrement de la colère ; pourtant elle avait prit sa décision : elle n’en ferait pas un scandale, car au dernier instant elle avait changé d’avis ; quelque chose l’avait fait changé d’avis.

D’un ton où perçait l’ironie, elle lui dit : « Vous appréciez la marchandise ? » Elle s’installa sur le banc en face de lui, attirante sans le vouloir, ni même le savoir ; croisa les jambes. « Parce que sinon, d’ici je crois que vous aurez une meilleure vue ». Toujours cette ironie cinglante. Pourtant, une partie d’elle trouva cela assez amusant. Son regard ne le quittait pas, fixait les yeux bleus de l’inconnu. L’éclat vert de ses prunelles disait clairement qu’il valait mieux pour lui qu’il ne recommençât pas, s’il tenait à garder ses beaux yeux intacts, et pouvoir regarder les autres femmes qui se présenteraient à lui dans le futur - futur incertain.


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MessageSujet: Re: Boire un coup [Barnes]   Ven 27 Juil - 22:18

Si j'avais pas 84 ans, je me serais pissé dessus.

J'ai tant vécu. Mon corps a pris tant d'inspirations depuis Day 1. Mes yeux ont tant vu. J'étais là à l'époque où les canons de beauté avaient 20 kilos de plus. J'étais là quand Amsterdam était plus célèbre pour ses tulipes que pour ses putes. J'ai rencontré Man Ray, la Première Torche et Emma Watson (longue histoire, belle histoire même. J'aurais aimé pouvoir la raconter. Mais j'ai signé trop de papelards et j'ai trop de respect pour elle pour dévoiler quoique ce soit. Ca restera un beau souvenir entre elle et moi. Et ses avocats.) J'ai encore mon exemplaire du premier Batman, acheté à 15cents à l'époque. Maintenant, il est dans un coffre scellé et vaut tellement plus que si quiconque l'apprenait, il inventerait de pires tortures que le KGB ait jamais osé employer pour me faire parler.
J'ai tué Hitler, JFK et Whitney Houston. Je n'ai rien à voir avec Michael Jackson, au passage. J'ai toujours été un grand fan, et je sais que mon nom est apparu sur le dossier d'autopsie -Je tiens à saluer Nicky au passage qui a fait un travail remarquable quant à ma disparition des archives gouvernementales jusqu'à la moindre disquette (en revanche, il a accepté de me laisser vivre sur papier, dans les aventures retranscrites en comics de Cap et moi. Croyez le ou non, j'y tiens à ces dessins de moi en collant)- et jamais je n'aurais osé tuer un de mes idoles. Sauf Bob Dylan. Mais quelqu'un devait mettre fin à ses souffrances.

Où en étais-je? Ah oui. J'ai tant vécu. J'ai tant vu. Je suis de ces gens dont les yeux ont tant vu qu'ils sont plus vieux que le corps. Pas littéralement non plus, regardez-moi ça. Pas une ride. Enfin, quelques cernes, mais j'ai plus vingt ans, tout de même. Allez savoir l'âge que je suis censé avoir d'ailleurs. J'ouvre les paris et j'offre une tournée au gagnant. UNE tournée. Je le vois l'autre dans le coin sombre du bar me zieutant comme s'il avait lu dans mes pensées. UNE tournée, pas quinze. Sale alcoolique de mes deux.
Je repense à ma bière et je ne me sens même pas coupable d'avoir traité le pauvre homme d'alcoolo. Essayez de vivre avec des enzymes travaillés depuis plus de 80 ans, dont la moitié du temps passé en Russie, bordel de Dieu. Vous verrez les miracles que vous pourrez accomplir question descente. Mieux que tous ces connards de regénérescents. Sauf Wolverine. Evidemment. Je disais? Bière? Bière. J'aimerai bien en reprendre une gorgée, mais si je suis en train de penser à tout ça -de voir ma vie défiler en quelques sortes- c'est pour une bonne raison. La même que celle qui ne va pas me laisser le temps de boire, ne serait-ce qu'une gorgée.

Donc. Si j'avais pas 84 ans, je me serais pissé dessus.

Mes pensées exactement quand j'ai senti l'ambiance précédemment morte du bar s'animer soudainement d'un orage de tension. Et, évidemment, il allait être pour ma gueule. C'est dans ces moments là que je me dis que moi aussi, comme Spider-Man, je sentais la merde arriver quelques secondes en avance, comme un sixième sens. La grande différence étant que moi, je la mérite en juste retour des choses. Et que ce n'est pas un sixième sens, c'est donc pure logique. Ca fait un bail que je l'ai pas vu Spidey, comment il va? Concentre toi, tu as une femme enragée qui te charge.
Alors, mesdemoiselles, je risque de vous offenser, mais le "je te crie pour que tu comprennes la leçon", à mes yeux, j'entends "je te crie pour que attirer toute ton attention et que tu t'excites davantage". Désolé d'être aussi cru, mais dans mon cas, c'est vrai. Après, j'ai pas envie de partir dans les clichés genre "les hommes préfères les femmes fortes, de caractère, celles qui se battent et ont de la répartie", parce que c'est pas radicalement vrai. Y en a qui quiphent les cathos comme d'autres qui préfèrent les vulgaires ou n'importe quel autre exemple, j'suis pas psy non plu. Qu'importe, tant que ça secoue leur... bateau. M'enfin, tout ça pour dire que là, vu mon humeur et celle de ma charmante interlocutrice (car oui, elle a commencé à parler), là, je quiphe grave.

Même si j'ai la dérangeante sensation qu'elle est plus dangereuse qu'elle n'en a l'air.

Y a quelque chose d'inquiétant chez elle, qui me fait penser que si j'avais pas 84 ans d'expérience (allez, disons 67, 68, ma vie en tant que puceau en collants n'étant pas vraiment ce qu'on aurait pu appeler expérience auprès de la gent féminine. Eh oui, essayez donc de briller aux côtés de Captain America. Vous n'êtes qu'un môme. Allons, comptons les quand mêmes ces années, en tant qu'expérience face au danger. Donc 71, 72 ans d'expérience), je me serais pissé dessus. A la place, j'ai eu une engueulade droit dans la gueule, les yeux droits dans les yeux. Quelque chose chez elle ne tourne pas rond, elle n'est pas "ordinaire", si je puis me permettre ce mot très mal connoté.
Si ma réaction extérieure est de situation, intérieurement je m'enflamme. D'excitation, certes, mais il y a quelque chose de plus animal. J'ai ressenti en moi un prédateur prêt à sortir les crocs si les choses dérapais, ça ne m'aurait pas plus étonné que ça si je m'étais mis à grogner. C'est pas cette imitation de hyène que je suis toujours en vie. Je suis toujours aux aguets et c'est pourquoi je suis un des meilleurs à ce que je fais. Sauf du cheval. J sais pas faire de cheval. Est-ce moi qui ai peur de la bête ou la bête qui ait peur de moi, qu'en sais-je? Le fait est que je ne sais pas monter à cheval et que ça pourrait être un handicap un de ces jours.

Putain, mais concentre toi bordel. Pourquoi est-ce que je me fais crier? Ah oui, pour avoir regardé. Où va le monde si une femme ne prend plus un compliment pour ce qu'il est? Bon. Elle s'est assise, continuant à me crier, mais s'est assise quand même. C'est étrange mais pas impossible. C'est une approche comme une autre, si elle avait vraiment été offensée, elle m'aurait mis une mandale et se serait cassée, non? Mais encore, je ne suis pas psy.

- Vous boirez bien quelque chose non?

Je prends la gorgée de bière que je cherche à caser depuis un moment et lance un geste envers le barman avant de reposer mon regard sur... DANS ses yeux. Allez, déconne pas. Le barman remonte jusqu'à nous.

- Moi je vais boire quelque chose. Un White Russian pour moi et...?

Je lève très légèrement les sourcils, je ne prends ni la peine de sourire ni la peine d'avoir une expression prononcée d'ailleurs. Je la fixe, attendant une réponse.
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Rachel Grey-Summers
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MessageSujet: Re: Boire un coup [Barnes]   Mer 1 Aoû - 18:45


Il est des choses qui ne peuvent échapper aux télépathes. Peu, en réalité. Certaines pensées peuvent être clairs comme un ciel d’été et résonner avec exactitude dans l’esprit de Rachel ; l’affleurer discrètement et repartir, ou retentir avec éclat. C’était si facile, et parfois de manière involontaire. Elle avait fermé son esprit, pour se concentrer sur ses propres pensées, ses propres problèmes. Mais il y avait tant de pensées qui voyageait dans la tête de l’homme mal élevé, qu’il était difficile de passer à côté, de ne pas en être attirer, de ne pas se retrouver connecté au réseau psychique.

Les pensées de l’homme étaient certainement à son image. Cacophoniques. Vulgaires. Éparpillés. Certainement difficile à suivre pour une personne de l’extérieur. Et elle cessa effectivement de suivre ce qui se passait. De manière différente, mais pourtant si semblable, les yeux de Rachel également avaient tant vu, et dégageaient cette maturité durement acquise.

Pour l’instant, ses yeux verts, couleur d’émeraude, s’éclairaient de milles feux. Ils avaient d’abord brillé de colère ; d’ironie lorsqu’elle avait prit la parole ; puis d’un éclat indéchiffrable lorsqu’il lui eut répond. Et elle avait cruellement sentit le tissu de coton humide épousé ses formes harmonieuses.

- Vous boirez bien quelque chose non?

Elle ne cilla pas, pas plus qu’elle ne le quitta des yeux. Un brin de surprise dans le fond de ses yeux, surpassant tout, pendant une fraction de seconde, avant qu’elle ne se reprenne. Quelle stupide technique de drague. Mais n’était-elle pas l’instigatrice de tout ça ? Et pensait-il s’en sortir ainsi ? Elle ne lisait pas dans son esprit, n’en avait plus envie. Il est des choses qui se font sans pouvoir, et auquel on prend plaisir à faire.

Il prend une gorgée de sa bière – elle savait qu’il en avait vraiment eu envie – hèle le barman. Son verre à elle est resté à sa place. De l’eau. Elle ne pensait pas le faire, savait qu’elle n’en avait pas réellement envie… mais savait aussi à quel point il lui en aurait coûter d’avoir refuser. Sans savoir pourquoi. Il était difficile de savoir ce qu’elle cherchait à obtenir, exactement ; pourquoi elle s’était assise et ne repartait tout simplement pas ; et pourquoi une partie d’elle était attirée, amusée par cette situation, alors que cela aurait dû être tout le contraire. En psychologie, aurait-on appeler cela un comportement auto-destructeur ?

- Moi je vais boire quelque chose. Un White Russian pour moi et...?

Il est assez intelligent pour la regarder dans les yeux, cette fois, et non plus bas. Il ne faut pas la provoquer inutilement. Il attend une réponse, le barman aussi, qu’elle leur offre d’une voix radoucit, telle la bête au repos mais non dompté, que l’on a jamais réussit à dompté :

« Deux. »

Il s’en alla donc les leur préparer. Rachel préféra ne rien ajouter, et ce fut le cas, jusqu’à ce que leur verre arrive. Elle n’aurait peut-être pas dû l’encourager en acceptant. Ses yeux inquisiteurs sur lui :

« Ne prenez pas ça comme un encouragement pour recommencer. »

C'était un avertissement qu'il avait tout intérêt à mettre en œuvre. Mais elle ignorait qu'après quelques verres, tout ça n'aurait plus d'importance pour elle. Elle ignorait qu'elle tenait si peu l'alcool, et qu'il ne lui faudrait pas boire beaucoup de verres pour penser - et passer - à tout autre chose.


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MessageSujet: Re: Boire un coup [Barnes]   Mer 2 Avr - 12:04

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