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 Moon Waltz

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Lexie A. Redfield
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MessageSujet: Moon Waltz   Dim 15 Juil - 14:58

Lexie n’avait jamais vraiment compris d’où venait son attirance pour le bleu.

La première chose à laquelle les gens pensaient devant cette couleur était sans doute l’eau, or Lexie n’aimait pas vraiment se sentir entourée d’eau. Certes, ça ne l’empêchait de se jeter du haut des falaises pour piquer une tête mais cette légère peur qui la prenait aux tripes devant trop de liquide ne rendait la chose que plus excitante encore. Mais de là à aimer le bleu... C’était une couleur froide. Bon, Lexie aimait bien le froid. Si la chaleur ne l’avait jamais dérangée, à présent elle avait tendance à faire ressurgir son passé en Irak. Depuis, elle s’arrangeait toujours pour être à proximité d’un ventilateur. Tout était bleu ici.

Bleu et froid.

La lueur pâle et crue des néons donnait à cet univers mécanique des reflets bleutés. Quelques touches de rouge dépassaient ça-et-là mais c’était tout, uniquement quelques fils pas encore dénudés qui pendaient des carcasses éventrées. Le regard de Ghost était rouge également, même si là il était plutôt éteint. Elle passa machinalement une main sur la surface métallique que formait son flanc sans que le félin ne bronche. Il pouvait parfaitement sentir sa caresse, mais il avait tellement l’habitude des mains câlines de la mutante qu’il avait arrêté de réagir à chaque fois. C’était une machine de guerre après tout, pas un chaton. Lexie ferma les yeux et laissa son dos s’appuyer contre le mur. Elle devait achever un projet pour le SHIELD et rendre les plans d’une machine rapidement. Si les délais étaient très courts, ils ne posaient pas de réels problèmes à Lexie, sa cyberpathie lui offrant un énorme gain de temps. Pourquoi se casser la tête avec un logiciel alors que la machine comprend instinctivement le fond de vos pensées ?

Se plongeant dans son monde de données et de logique pure, la demoiselle laissa sa panthère monter la garde et perdit totalement le contact avec la réalité. Il lui suffit d’une fraction de seconde pour changer totalement son univers, se réfugier dans ce monde réconfortant qu’elle percevait bleuté. C’était peut-être pour cela qu’elle aimait tant le bleu. Perdue dans cet espace sans frontière, le temps devint une notion bien abstraite alors que les plans se formaient lentement sur le disque dur des ordinateurs de la pièce. Elle aurait pu continuer ainsi longtemps, les nanites parcourant ses veines lui assurant une bien meilleure endurance face à la soif et la faim mais quelque chose vint perturber sa concentration. Si aucun stimulus externe n’aurait réussi à la perturber, il était beaucoup plus compliqué pour elle d’ignorer un appel quand la sonnerie retentissait presque directement dans son crâne.

Heureusement, elle avait l’habitude de ce genre d’interruption.

Il lui fallut bien quelques secondes tout de même pour émerger, cligner plusieurs fois des yeux, chercher mentalement d’où provenait le signal de son cellulaire avant de se remettre souplement sur ses jambes pour aller répondre, enjambant avec précaution Ghost. Aya, qui avait profité de l’inactivité de sa maitresse pour squatter ses genoux, poussa un petit gémissement de protestation en grimpant sur ses épaules. Il ne lui fallait pas grand-chose pour être dérangée. Un léger vertige lui assombrit la vue, son corps n’aimant visiblement pas devoir bouger aussi vite après être rester si longtemps inactif. Et surtout, sans sommeil. Elle arqua un sourcil à la vue du nom sur l’écran rétro-éclairé. « Allô ? » Il était tard ici, ce qui voulait dire que c’était le petit matin en France. Elle n’avait pas vraiment l’habitude qu’Arya l’appelle, le plus souvent elles se contentaient de se parler via internet ou encore plus simplement, quand Lexie se décidait à bouger ses fesses sur le sol français pour une raison ou une autre. La chose devait donc être assez importante ou du moins, urgente.

« Allô Lexie ? Ouais-Ouais, écoute... J'crois j'ai merdé... »

Dix minutes plus tard, elle s’était changée et se ruait dehors pour sauter dans sa voiture de sport et se rendre immédiatement aux bureaux de Stark Industries. C’était bien sa veine ça, comme si elle avait besoin de cela maintenant. C’était déjà suffisamment le bordel avec la guerre civil, il fallait en plus qu’un type se pointe et en ait après elle. Et puis, c’était qui d’abord ? Arya n’avait pas été foutue de lui dire son nom. La seule chose qu’elle savait était qu’il avait débarqué de nulle part dans son appartement, nu, qu’il avait fait apparaître des fringues, que visiblement il ne savait rien de où il était ni de la date et qu’il s’était téléporté après qu’elle ait prononcé son prénom et qu’elle bossait pour Stark. Il fallait vraiment qu’elle apprenne à choisir un peu mieux ses amis ou au moins à masquer les choses les plus « dangereuses » pour elle. Il ne faisait pas bon de travailler pour Stark ou pour le SHIELD en ces temps troublés.

Et en parlant de temps troublés, il n’avait pas fallu longtemps au jeune inconnu pour faire parler de lui. L’esprit en permanence branché au réseau, son cerveau recevait et triait chaque seconde des milliers de données. Un attentat au quartier général de Stark Industries... elle se mordit la lèvre en songeant à son patron. Elle espérait qu’il n’était pas blessé. Elle repoussa cette idée au fond de son esprit, ce n’était pas le moment de penser à ça ! Son pied s’appuya un peu plus sur la pédale d’accélérateur. Elle était largement au-dessus des limitations de vitesse mais elle s’en foutait totalement, Lexie étant naturellement douée avec les machines, elle était une excellente pilote. Elle s’apprêtait à se rendre directement sur les lieux de l’attentat quand un second message, passé cette fois sur les ondes de la police attira son attention. Un homme dont la description collait à peu près à celle qu’avait pu lui fournir Arya était en train de terroriser tout un quartier, et ils demandaient des renforts de toute urgence.

Elle fronça les sourcils.

Ce n’était clairement pas logique. S’il avait fait l’attentat chez Stark Industries, c’aurait été certainement pour la retrouver, pas pour le plaisir de faire exploser des choses pile à l’endroit où il était censé la chercher. S’il avait simplement voulu attiré l’attention, il se serait rendu. S’il avait fait l’attentat volontairement, il se serait téléporté pour échapper à tout le monde. Rien de tout cela n’était logique... sauf si bien sûr, l’individu était fou à lier ce qui serait d’autant plus dangereux qu’il était censé en avoir après elle. Le monde était dingue. Elle changea brutalement de direction et abandonna la route principale pour se rapprocher du fameux bordel. A l’arrière, Ghost poussa un grondement puissant d’impatience. Il avait hâte d’être au cœur de l’action. Elle ne tarda cependant pas à s’y retrouver, et elle bondit hors du véhicule pour rejoindre les forces de police qui avaient toutes les peines du monde à tenir une ligne face à... face à quoi d’ailleurs ?

S’immobilisant, Lexie pencha sa tête sur le côté et resta pleine de perplexité face au spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Elle était restée plusieurs années chez les Forces Spéciales, elle avait l’habitude des champs de bataille. Mais elle pensait pouvoir s’avancer sans trop de risque en disant qu’elle n’avait jamais vu ça. Les voitures explosaient, les gens tiraient partout dans... du vide. Ou plutôt si, il y avait bien un homme ma foi fort séduisant qui avoisinait bien les deux mètres et demi qui disait quelque chose, mais avec tous les hurlements autour d’elle, elle ne parvenait pas à discerner ses paroles. Sinon le reste... les gens semblaient avoir peur et fuyaient dans tous les sens, tirant au hasard. Et là, Lexie se dit qu’elle avait certainement raté quelque chose, qu’ils devaient distribuer quelque part des espèces de lunette 3D qui permettaient de voir ce qui visiblement lui échappait totalement. Mais si ça continuait comme ça, les gens allaient finir par être blessés.

Et ça, c’était pas très bien.

Il fallait donc réagir, et de préférence très vite. Une fraction de seconde plus tard, Ghost lui assurait un passage à travers la foule paniquée. Refoulant l’espace d’un instant sa timidité excessive au profit d’une attitude beaucoup plus militaire, elle referma une main autoritaire sur l’uniforme d’un homme qui semblait donner les ordres à cette bande de fous furieux. « Cessez le feu bordel ! Arrêtez de tirer ! » Profitant d’avoir capté l’attention du péquenaud quelques instants, elle planta son regard d’acier dans le sien. « Je suis du SHIELD et je vous ordonne d’arrêter ! » Trop surpris pour poser des questions ou simplement rassurer d’avoir quelqu’un de supérieur donnant des ordres, l’homme aboya quelques phrases et les tirs cessèrent peu à peu. Si elle ne voyait pas d’où provenait le danger, elle était au moins persuadée qu’elle ne pouvait pas esquiver les armes. Or, elle avait besoin de s’approcher. « Je m’en occupe. Ne faites surtout pas feu ! » Sautant habilement par-dessus une barricade de fortune que formait une voiture couchée sur le flanc, elle s’avança sans réelle crainte sur ce champ de bataille improvisée.

Elle ne savait pas ce qu’il se passait, elle ne voyait rien. Elle ne savait pas si elle devait s’attendre à se faire toucher par une arme invisible ou si elle devait fuir quelque chose qu’elle semblait être la seule à ne pas voir. Ghost resta un peu à l’écart pour tenir les autres hommes à distance alors qu’elle marchait rapidement vers l’homme géant. Il fallait qu’elle désamorce la situation au plus vite, et pour cela elle devait trouver le mieux possible les mots qu’elle allait utiliser. Le hic, elle ne savait absolument pas qui était ce type, et donc comment se comporter face à lui. La fatigue sembla s’effacer à mesure où elle avançait vers lui. Elle mit cela sur le compte du stress, son esprit fonctionnant à toute allure pour les sortir de là. Se plantant finalement devant lui, elle opta pour la solution la plus simple et déclara simplement : « Je suis Lexie Redfield. » Et, aussi étonnant que cela puisse paraitre, cela marcha. L’homme commença à changer de taille, reprenant peu à peu une apparence humaine. Cela lui laissa le temps de le détailler un peu mieux.

Le premier mot qui lui venait à l’esprit était élégant, malgré le paysage ayant un arrière-goût d’apocalypse. Mais le décor en question passait totalement en second plan, l’homme ayant cette incroyable faculté d’éclipser tout ce qui n’était pas lui. Ses yeux bleus rencontrèrent un regard d’un émeraude brillant, étincelant d’une magnifique intelligence vive et à cet instant présent, d’une certaine cruauté. Elle se sentit mise à nue devant un tel regard, avec cette désagréable sensation de ne pouvoir rien cacher à cet inconnu. Et pourtant, pourtant elle sentait que ce n’était pas tout à fait le cas, comme si elle pouvait se réfugier et se cacher derrière les barrières de son esprit, sans qu’il puisse l’atteindre. Les traits de son visage étaient harmonieux et marqués par une certaine surprise, signe qu’il ne s’attendait certainement pas à ce qu’elle débarque comme ça. Même à taille humaine, il la dépassait et elle était obligée de garder la tête légèrement relevée pour continuer de fixer ses yeux. Son corps était assez mince, fuselé et chacun de ses gestes était empli de cette grâce féline qui soulignait un charisme presque étouffant.

Et ce ne fut que lorsqu’il commença à parler qu’elle se rendit compte de son erreur. « Loki. Loki Odinson. » Sa voix était d’une douceur infinie, et elle comprit brusquement que c’était dans cette bouche que les plus doux mensonges auraient la meilleure saveur. Il donnait envie de le croire, de se fier à lui. Ce n’était pas un félin, c’était un vrai reptile, camouflant une vivacité hors norme derrière un air plus doux. Et, là où il était certainement le plus fort, c’est qu’hypnotiser à demi par son regard, elle se sentait tout à fait capable de se laisser empoisonner sans broncher. Mais elle avait l’esprit agile et rapidement, sa cyberpathie reprit ses droits sur son corps et la bulle qui semblait s‘être formée autour d’elle simplement parce qu’il avait pose son regard directement sur elle, pauvre mortelle, éclata comme une bulle de savon. L’informatique n’acceptait pas de marcher sous de belle parole, seule la logique brute comptait.

Et elle eut la sombre intuition que c’était cela qui allait lui sauver la vie.

Elle n’avait pas besoin d’aller sur internet pour avoir qui était Loki. Elle n’avait jamais rencontré Thor mais elle était redoutablement calée en matière de mythologie nordique Et, si rien ne lui disait qu’il était véritablement le Dieu du Mensonge, ce n’était pas vraiment le moment de lui poser la question. Il avait montré suffisamment de ses pouvoirs – rien que pour la téléportation – pour que cela lui semble plausible. Et s’il était fou et qu’il se prenait pour quelqu’un qui n’était pas... il était suffisamment puissant pour ne pas risquer de le contrarier. Un rapide détour mental dans les archives du SHIELD lui donna le peu de renseignement qu’il lui manquait. Rompant le contact visuel avec lui, Lexie inclina la tête et le haut du buste vers Loki en signe de respect pour le saluer. « Honorée de vous rencontrer, Prince Loki. » Les hommes armés lui avaient suffisamment mis les nerfs en pelote, inutile donc d’en rajouter, il valait mieux faire profil bas.

Oui elle savait qui il était. Et oui, elle le reconnaissait en tant que Prince d’un royaume peut-être détruit, mais tout de même. Thor était censé être parti le reconstruire d’ailleurs. « Je... D’après ce que j’ai pu comprendre, vous étiez à ma recherche. » Elle ne savait pas pourquoi, il allait falloir lui demander. Mais plus tard. Le temps, qui semblait s’être suspendu autour d’eux, réclama ses droits. La foule qui était suspendue à leurs lèvres se détendit légèrement en voyant que l’homme s’était calmé et ne menaçait plus de tous les égorger. Le répit fut de courte durée quand une autre explosion eut lieu, à quelques centaines de mètre plus loin. Sans doute les véritables responsables de l’attaque de la Tour Stark. Se retournant à demi vers les hommes en uniforme, elle leur fit un léger signe de la main pour leur dire de filer et d’aller prêter main forte aux autres. Elle avait la situation en main ici, et elle se sentirait d’autant mieux si une vingtaine de flingue n’était plus braqué sur elle prêts à faire feu.

L’adrénaline qui brûlait ses veines se dissipa et l’assurance qu’elle avait montrée face à ses camarades des forces de l’ordre fondit comme neige au Soleil. Lexie n’était clairement pas faite pour donner des ordres. Et le charisme impressionnant de Loki avait fini par l’intimider. Néanmoins, les choses étaient loin d’être terminées et il fallait sortir le dieu de là avant que la situation ne s’envenime encore. « Nous ferions mieux de nous éloigner d’ici... Si vous voulez bien me suivre, ma voiture n’est pas très loin. » Devant tant d’agitation et au vu du caractère imprévisible de Loki, il valait mieux l’emmener un peu à l’écart pour éviter d’autres catastrophe... alors autant le ramener chez elle. Au moins ils auraient la paix s’ils voulaient discuter et même s’il faisait exploser la maison, il n’y avait pas grand-monde autour donc ce n’était pas encore trop grave.
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Loki Odinson
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MessageSujet: Re: Moon Waltz   Lun 16 Juil - 22:26

«La curiosité est un vilain défaut. » C'est ce qu'on dit, ici bas, sur Mitgard. Vie privée, secrets d'états, confidentialité... On clame à tout va que chaque personne est unique, et de fait mérite le respect.
Mérite de rester cacher. Est-ce donc ainsi que les humains voient le respect? La perte d’identité dans l’uniformisation de la planète? L’agglomérat de chaire avec -en haut- trois rats cupides qui se battent pour la couronne? Moi, je veux bien revoir mon jugement. J’veux dire, on arrête pas de jacter que je suis un criminel pas tenté, qui explique a qui veut l‘entendre que « De toutes manières, ils le méritaient. » Mais que au fond, je fais aucuns efforts pour savoir si oui ou non ils le méritent vraiment. Voilà ce qu’on me dit. (et quand je dis « on » je parle de Thor en fait.) Tout ça pour dire, je suis là, innocent, posant un œil objectif sur l’humanité sans parler de destruction.

Mais merde quoi! Si vous ne voulez pas qu’on vous mélange avec les nuisibles, arrêtez un peu d’agir comme tels!

Parce que là -avec toute l’objectivité dont je suis capable- je suis hyper en accord avec mon inner-moi qui clame votre mort. Même si vous savez manier les mots, c’est rarement à bon escient. Et c’est souvent dans l’optique de piéger vos congénères. Quelle autre espèce est elle responsable de sa propre perte? Parce que voilà. Les guerres. Les famines. Les discriminations. Les riches. Les pauvres. Les esclaves. Les maîtres. Comment un monde se gérant de cette manière peut-il oser parler de paix? Ou même demander pitié? Je haïssais les hommes. Regardez, par exemple. Les Asgardiens ne sont pas forcément des flèches de réflexions, et pensent plus volontiers avec leurs biceps plutôt que leurs lobes frontaux. Pourtant, sur Asgard, il n’y avait pas de famine. Pas de guerres. (si, mais avec Utgard, donc pas entre Asgardien quoi) Et peut-être sommes-nous qu’un peuple de barbares primitifs, mais au moins, nous le faisons bien. Thor -par exemple et complètement au hasard- s’attache à des principes et une moral desquels il ne démord jamais. Ja-mais. Cela impose le respect. Seuls ses actes compte, et à ce titre Thor à énormément de mérite.

« Honorée de vous rencontrer, Prince Loki. » Prince? Non pas que le titre me surprenne, loin de là. Plutôt le fait de l’entendre de la bouche d’une simple mortelle. Les soldats lui obéirent et s’en allèrent comme un seul homme vers le même endroit. Je m’en fichais. Mes yeux ne pouvaient se détacher de l'éclair roux qui venait de se fixer devant moi. Vous l’aurez remarqué, sur Terre je ne suis jamais vraiment à ce que je fais, tout simplement par ennui. Les êtres humains sont d'un pathétique misérable, et je déteste le pathétique. Je déteste encore plus les miséreux. Cela dit, cette jeune femme n'était pas vraiment comme les autres. Tout d'abord, elle respirait la différence. Son allure n'était pas la même que celle que les autres, et -même si elle avait géré les policiers avec brio- elle n'avait pas l'air bien brave. Attends. Serais-je entrain de confondre la bravoure avec autre chose? Car ma phrase -soudain- sonnait faux. Visiblement, elle était d’un naturel timide. Et la voilà qui se ruait sur le champ de bataille -si on veut ( car ce n’était pas vraiment un champ et il n’y avait pas vraiment eu de bataille )- juste pour empêcher que ça en devienne justement un? Peut être n’était elle pas bavarde ni à l’aise avec les gens, mais je ne pouvais pas critiquer son courage. C’était cela -en plus du côté flippant qu’elle avait a regarder que moi et pas mes clones- qui avait motivé mon choix. Ne pas se battre. Obtenir des réponses. Comprendre. Car après tout, c’était bien de ça qu’il s’agissait, n’est-ce pas ?

Si mes yeux étaient rivés vers elle, mon esprit lui errait ça et là. Sur les odeurs, sur les sons, etc. Et ce n’est que maintenant que je compris mon erreur: J’avais pensé qu’ils m’attaquaient, moi. Qu’ils m’avaient visés. Mais ils se contentaient juste de maitriser un attentat sur la tour Stark. C’est-à-dire, a quelques mètres seulement d’ici. Moi, Loki, Dieu de la fourberie, avait juste été au mauvais endroit au mauvais moment… Je suis sûr que même avec la véracité de cet argument, aucuns avocats n’auraient voulu défendre ma cause. Et pourtant pour une fois c’était la stricte vérité vraie, juré craché. De plus, malgré mon erreur, il n’y avait pas eu d’incidents! Alors pas la peine de dramatiser. Bon quelques blessés. Des ecchymoses, tout au plus. Bon, ok, quelques frais matériel aussi. Puis l’essentiel était sauf: j’avais trouvé ce que je cherchais.

Mais mon but ultime, ce n’était pas rencontrer de la rousse, c’était copiner avec Tony Stark. Et là, présentement, j’étais sur une scène de crime, avec moi comme crimier potentiel et lui comme victime. Pas top, quand on voulait revenir en montrant patte blanche. Une légère contraction sourcilière souligna l’intensité du regard que je posais sur la fillette alors que je me décidais à agir. Elle travaillait pour Stark, et vu la rapidité avec laquelle elle voulait me faire quitter les lieux, elle tentait de protéger son boss de cette manière. Or, son boss, c’était ma pomme d’or. J’allais donc -dieu c’est difficile- aider cette mortelle. Il s’était peut-être écoulé une ou deux minutes de silence, intense, pendant lesquelles j‘en étais arrivé à cette conclusion. Me redressant, je détacha enfin mes yeux de sa silhouette pour les braquer sur l’autre bout de la rue, où la fusillade continuait. Pfff. Humains.
Un sourire fendit mes lèvres.

Le silence.

Fini les coups de feux, terminé les explosions! Mais aussi, fini les hurlements. Terminé les ordres donnés aux hasards. En fait, il n’y avait aucun bruit autre dans la rue que celui du vent secouant les drapeaux accrochés à la tour. Ce n’était peut-être pas aussi soulageant, pour le coup. Mes clones -braves moi- avaient mit les hommes armés hors d’état de nuire ( mais sans les tuer. ‘tention je commence a comprendre le fonctionnement de la politique mitgardienne! ). Bons, mauvais, j’en sais rien, mais tous ceux qui tiraient étaient désormais assommés. Ma magie n’était pas au top de son niveau et je n’étais pas au top de ma forme, pourtant ce n’était que des broutilles pour moi de réparer quelques tissus de chairs, ou encore quelques os fêlés. Les soins sur Asgard m’étaient beaucoup plus durs, et surtout, plus consommateurs. Travailler les humains m’évoquait le travail que j’avais eu a fournir sur les animaux testeurs de mon laboratoire. Des souris blanches. Des insectes.

Je sentais le cœur de chacun d’eux battre a tout rompre.

La frénésie du pouvoir m’envahie un instant: j’aurais très bien plus tous les exterminer. « Contrôle toi.  » Faire bonne impression était facile, mais contenir ce désir de destruction entravait légèrement le plan. « Va pas tout faire foirer en moins d’une heure ». Détruire était chose aisée, surtout pour moi. Qui plus est cela me nourrissait toujours d'une joie sans pareil. J'aimais annihiler l'humain. Mais c'était pas le moment. Cinq bonnes minutes s’étaient écoulés entre mon mouvement de tête et maintenant. Je ferma mes yeux, et arracha lentement mon corps raidit de la transe. Inspirant légèrement, j'expira ensuite lentement - et cela ressemblait a de la fatigue. Mes épaules retombèrent mollement pour remplir a la perfection un long manteau des plus beaux modèles. Puis mes émeraudes se dévoilèrent de nouveau aux yeux lapis de la renarde, désormais au centre de mon attention. Bon. Comment aborder le sujet que -grâce à ma générosité sans failles et mes talents extraordinaires- TADAAAA, tout le monde était sauf? Huum.

- Je te cherchais, en effet. Tu m’es apparu en rêve comme étant celle que je devais contacter ici bas. Comme étant celle pouvant -mmh- m’aider.

Le coup du rêve prémonitoire blablabla ça marchait à tout les coups. Les humains savaient que nous étions des Dieux, et pour eux, ça rimait souvent avec conneries mystiques. Alors pourquoi ne pas en profiter? Okay, parfois j’avais vraiment eu des rêves prémonitoires. Pour des trucs graves! Genre, le Ragnarock. Ma mort! Ma voix avait été mielleuse et délicate, le tout parfaitement habillé par un regard intensément sucré. Le tout dosé dans les parfaites proportions pour que ce ne soit ni sur joué ou improbable, ni morne ou plat. Et puis, le tout enrobé dans le moi naturel. Avec son « Prince Loki » elle avait non seulement beaucoup flatté mon égo -ce qui était bien joué de sa part- mais aussi prouvé qu’elle me reconnaissait en tant que tel, tout du moins pour le moment. Puisqu’elle travaillait au SHIELD elle avait dû entendre parler de Thor, mon frère. Et donc d’Asgard et donc de fait, de moi. Mes clones ne semblaient pas la déranger. En fait - en fait c’était comme si elle ne les avait pas même vu. Stark aurait-il mit au point une arme pour ne pas tomber dans mes illusions? Si c’était le cas, c’était dramatique. Je devrais m’en assurer. Aussi, pour le moment, je n’allais pas utiliser mes pouvoirs sur elle. Par précaution. Mon visage était retombé dans cette mimique mystérieuse où je la dévorais des yeux. J’entrepris donc de regarder ailleurs.

- Le problème à la tour Stark n’en est plus un. Il n’y a plus de blessés.

POUAAAH. L’horreur!! Me répandre en excuses n’était pas mon style, aussi ne le fis-je pas. Mais elle avait intérêt, elle, a se répandre en remerciements. Je ne souriais pas. Fallait pas voir sur mon visage l’expression d’un mec sympa juste parce que j’avais envie de tirer les vers du nez de cette mortelle. Puis non, l’horreur ça avait été de m’arrêter alors que j’allais en finir avec tout le quartier. Néanmoins, je pense ce n’aurait pas été judicieux compte tenu de ma forme actuelle et des talents de cette fillette. Je la suivis donc à sa--voiture. C’était la première fois que j’allais user de cet objet, qui pourtant pullulait sur Mitgard. Mais je n’étais pas sot. J’avais vu les gens faire et cela suffisait à ce que je sache à mon tour. Sachant que le côté avec la sorte de couronne sombre était le côté du possesseur de l’engin, je contourna le véhicule. Entrer, maintenant. « Mais fait sauter la porte. » Merci, inner-moi. C’est super pratique comme réflexion. Ne voulant m’attarder sur le comment, je me téléporta directement sur le siège. Ca faisait genre j’étais à l’aise dans mes bottes. Même si j'avais surtout envie d'un bain. Et d'un lit. Un bon lit. Avec un super matelas de plumes tissées. Des draps de soies. Bon, n'importe quel lit ferait l'affaire en fait.
Tant qu'il était en king size.

__________________________
« It is the unspoken truth of humanity that you crave subjugation. The bright lure of freedom diminishes your life's joy in a mad scramble for power. For identity. You were made to be ruled. In the end, you will always kneel. »
~ Loki of Asgard ~

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Lexie A. Redfield
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MessageSujet: Re: Moon Waltz   Mer 8 Aoû - 22:02

Lexie n'avait jamais été très à l'aise avec les autres personnes. Elle ne savait pas exactement si c'était dans son tempérament ou si elle n'avait juste pas eu la bonne histoire, la bonne éducation pour se détendre dans une foule, toujours était-il qu'il y avait tout de même eu des périodes de mieux. Pendant son adolescence par exemple, ou bien plus tard dans les Opérations Spéciales, l'esprit de groupe étant une chose essentielle. Mais c'était uniquement avec des personnes qu'elle connaissait très bien, dès qu'un inconnu était présent elle retournait dans sa timidité maladive. De plus, depuis son retour d'Irak, les choses avaient grandement changé et elle avait de plus en plus de mal à se détendre en présence d'une autre personne. A cause de Ghost, à cause de ses pouvoirs ou à cause de la guerre en elle-même, peu importait au fond. Là, elle savait qu'elle devrait se sentir oppressée, intimidée, mal à l'aise. Et elle l'était, vraiment. Mais ces émotions disparaissaient peu à peu au profit d'une autre sensation, qu'elle avait du mal à définir. En fait, elle se sentait... bien. En pleine forme. Le lien avec Ghost n'avait jamais été si clair, si précis, comme si l'on avait effacé un voile. La fatigue résultant de sa connexion perpétuelle avec les machines autour d'elle avait disparue. Au contraire, elle n'avait jamais eu autant conscience des appareils qui l'entouraient.

Elle n'avait jamais imaginé que l'ivresse des combats lui manquait à ce point.

Car il n'y avait pas d'autres explications. Elle remit brusquement en question son affectation au service technique. Là, maintenant, elle se sentait prête à affronter la rébellion toute entière. Elle avait parfaitement les compétences pour aller sur le terrain, mieux que cela, elle en avait l'expérience et avait déjà reçu l'une des meilleures formations que l'on pouvait avoir. Et puis, en plus de cela, elle avait ses pouvoirs, elle pouvait sentir les appareils électroniques tout autour d'elle et saboter ou réparer des machines par simple contact. Et elle avait Ghost, sans parler de ses nanites. Elle se rendit brusquement compte que son affectation, si utile soit-elle, était un gâchis de ses capacités. Elle serait beaucoup mieux ici, au cœur de l'action, à se battre, à sauter partout, à risquer sa vie, à mordre et à libérer sa... Attendez, mordre ? Elle secoua légèrement la tête et repoussa très loin l'esprit de Ghost du sien, instaurant une distance de sécurité entre eux pour ne pas se laisser envahir par l'agressivité pure et la colère qui émanait de la panthère. Elle devait faire la part des choses, ne pas se laisser influencer. C'était le danger de renforcer trop brusquement leur liaison, il était plus difficile de dissocier ses pensées de celles des Transformers. Elle ne savait pas d'où venait ce renforcement de leur connexion. Mais elle verrait cela plus tard.

Parce que là, tout était devenu très silencieux.

Fronçant les sourcils, Lexie tourna la tête pour suivre le regard de Loki vers la fusillade... qui s'était beaucoup trop brutalement stoppé pour que ce soit l’œuvre d'un camp ou de l'autre. Il n'y avait plus d'explosion. Plus de cri. Plus de coup de feu. En fait, la demoiselle crut l'espace d'un instant qu'une grenade avait explosé à proximité et qu'elle était devenue sourde, s'il n'y avait pas eu le bruit du vent pour la rassurer. Au moins, c'était plus calme maintenant et elle poussa presque un petit soupir de soulagement. Lexie kiffait le silence. Mais il restait qu'elle était quand même inquiète pour ce qui était en train de se produire. Si un mutant était assez puissant pour pouvoir faire cela, il fallait qu'elle le sache et qu'elle prévienne le SHIELD... Mentalement, elle envoya Ghost se rapprocher voir ce qu'il se passait là-bas. Profitant de l'amélioration sans doute temporaire, elle raffermit son emprise sur l'esprit félin et, l'espace d'un instant, elle se sentit à l'intérieur de la machine, comme si elle n'était que le prolongement de son corps. Les mécanismes rendus chauds par les frottements et le soleil, le regard purement mécanique qui analysait et mesurait chaque centimètre du paysage. Les gens allaient bien. Ils avaient l'air... assommés ? Et certaines de leur blessure semblaient se guérir d'elles-mêmes. Lexie fronça les sourcils alors qu'elle guidait sa panthère à travers tout ce petit monde. Cependant, son attention fut vite sollicitée quand Loki reprit la parole

« Je te cherchais, en effet. Tu m’es apparu en rêve comme étant celle que je devais contacter ici bas. Comme étant celle pouvant -mmh- m’aider. »

L'expression de Lexie devint... perplexe ? Elle pencha la tête sur le côté sans quitter Loki des yeux. Un rêve ? Comme, un rêve prémonitoire ? Pourquoi pas après tout, c'était un dieu. Mais alors, ça devait être une drôle de coïncidence que comme par hasard, Arya lui ait parlé d'elle. Disait-il la vérité ou tentait-il de... Non, Loki n'était pas le dieu du mensonge pour rien, il voulait lui faire avaler des couleuvres. Et, même en sachant cela, elle était presque tentée de le croire, avec sa voix sucrée et ses intonations douces... Non. Elle usa de ses facultés d'ordinateur pour se concentrer sur la logique et les probabilités. Elle marchait sur des œufs alors il valait mieux se montrer prudente. Elle soutint comme elle put le regard de Loki qui lui brûlait presque la peau pendant un moment mais elle finit par détourner le regard, mal à l'aise. « Le problème à la tour Stark n’en est plus un. Il n’y a plus de blessés. » Oh, alors c'était lui le responsable ! Remarque, elle aurait pu s'en douter. C'était un dieu après tout, mais elle avait quand même du mal à imaginer comment il avait réussi à soigner autant de gens à cette distance. Elle savait qu'il était très puissant mais à ce point ? Elle ne put s'empêcher d'avoir une vague d'admiration pour lui. S'il était capable de faire cela à cette distance sans même voir les blessures, que pouvait-il fait d'autre ? Et il n'avait pas l'air fatigué en plus. Bon, elle l'avait bien entendu pousser un soupir et relâcher un peu ses épaules mais ce n'était rien en comparaison à ce qu'il venait de faire.

Elle inclina respectueusement la tête et souffla simplement, incapable de trouver d'autres mots. « Je- Merci. Surtout après ce qu'il vient de se passer. » Comprendre, surtout après qu'ils vous aient sauté à la gorge alors que vous n'aviez rien fait. Bon, ils avaient des excuses certes, mais tout de même. Enfin, elle ne pouvait pas savoir non plus que c'était Loki qui avait terrorisé la population en se démultipliant par centaine. L'invitant d'un geste de la main à la suivre, elle ouvrit la route et le mena à sa voiture sombre non loin de là. « Arya m'a appelé, c'est elle qui m'a prévenue que vous chercheriez certainement à me rejoindre. » Baf, au temps pour le rêve prémonitoire. Bon, elle ne disait pas explicitement qu'elle ne le croyait pas. Après tout, ça pouvait être un truc de dieu, de prophétie et tout le bordel et la rencontre avec Arya était inscrit dans le Grand Schéma de l'Univers et n'était qu'une coïncidence, ou plutôt un signe, que Loki suivait la bonne voie pour l'accomplissement de la Prophétie. Elle avait des doutes mais bon, elle n'était qu'une humaine après tout. Mais autant être sincère avec lui, elle n'était pas de taille à lutter avec le dieu de la Tromperie donc il valait mieux être franche et ce, dès le départ, sans chercher à jouer au plus malin et à se mettre à jouer avec lui une partie perdue d'avance.

Ouvrant mentalement la voiture elle ouvrit la porte à Ghost pour qu'il s'installe à l'arrière avant d'arquer un sourcil en voyant Loki se téléporter à l'intérieur. Elle cligna plusieurs fois des yeux, un début de migraine menaçant d'apparaître, ce fait s'inscrivant étrangement dans son cerveau, comme s'il n'était pas capable de déchiffrer un fichier d'un type inconnu. Était-ce parce qu'il était un dieu ? Sans doute. Elle ne voyait pas trop d'autres explications possibles. Se mettant au volant d'une façon un peu plus conventionnelle, elle se connecta machinalement à l'engin et le démarra d'un simple effleurement avant de se mettre en route pour la maison. La route n'était pas vraiment longue - tout dépendait à quelle vitesse on roulait - mais Lexie habitait un peu à l'écart, à l'abri au beau milieu d'une forêt. A la base, c'était pour permettre à Ghost de sortir sans faire hurler les voisins mais maintenant que les mutants étaient connus, cela n'avait plus vraiment d'importance... mais le terrain entourant la villa pouvait servir pour tester les machines qu'elle fabriquait, donc c'était plutôt pratique au final. Si elle pouvait faire marcher la machine sans bouger, rien qu'en se connectant à elle, elle adorait conduire et donc usait de moyens plus conventionnels. Et puis, il ne s'agissait pas de faire peur à Loki non plus, alors qu'ils venaient de se rencontrer.

Lexie n'étant pas naturellement bavarde, un léger silence s'installa dans l'habitacle, uniquement perturbé par le ronronnement régulier du moteur. Elle aurait volontiers mis de la musique mais ne connaissant pas les goûts de l'individu, il valait mieux éviter de l'agacer avec une musique qu'il n'apprécierait pas... Cependant il allait falloir trouver quelque chose, car le silence commença lentement à devenir pesant. Visiblement, malgré la sourdine qu'il avait mis pendant la fusillade, le monsieur ne semblait pas apprécier un silence complet. A moins qu'il ne supporte juste pas un brouhaha confus et gênant. Alors, autant reprendre la parole, et si possible pour des choses utiles, déjà qu'elle avait du mal à discuter avec des humains, elle se voyait mal taper la causette avec un dieu dont elle ne connaissait pratiquement rien. « Vous m'avez dit tout à l'heure que je devais vous aider. Puis-je savoir en quoi je puis vous être utile ? » Si le dieu - ou tout autre conscience supérieure, Destin, Prophétie, Lumière, pshht pshht pas de marque - avait décidé qu'elle devait servir à quelque chose, autant savoir ce dont on attendait d'elle. Elle supposait que cela avait quelque chose à voir avec son métier, ou les mutants. S'il avait menti et qu'il ne la connaissait que grâce à Arya, c'était forcément l'un de ces deux points puisque c'était les deux seules choses qu'il savait d'elle. Et s'il avait vraiment rêvé d'elle... non, elle préférait éviter d'y songer. Dans sa tête, quand un homme rêvait d'une femme, ce n'était certainement pas pour des histoires de prophétie.
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MessageSujet: Re: Moon Waltz   Sam 8 Sep - 22:39

«Autrui nous est indifférent, et l'indifférence n'invite pas à la méchanceté.» Différence. Quoique l’on fasse, où que l’on aille, elle était le facteur dominant de la Vie. Tout n’était que dualité, et pas seulement sur ce bout de caillou. Partout ailleurs, la différence se forgeait une place plus ou moins grande dans la culture et l’histoire des peuples. Le Blanc contre le Noir, l’Ignorance contre le Savoir, etc… Certaines races -plus sages que d’autres- n’y prêtaient guère attention, et vivaient dans l’harmonie de l’esprit plus que dans l’harmonie du physique. D’autres, malheureusement plus bêtes, ne vivaient que pour la beauté uniforme.

Pour être caractérisé de « beau », il faut remplir des conditions, correspondre à un standard. Il faut -en quelque sorte-, rentrer dans un moule. Les humains -du haut de leur orgueil- étaient de loin les plus dramatiques à ce sujet. Il jugeaient d’abord sur le physique, puis ensuite sur le physique, pour être vraiment sûr d‘eux. Pathétiques de par leur vision étroite du monde mais aussi de leur réaction face à l‘inconnu. Pourtant, comment -en ouvrant ses yeux sur le monde- ne peut-on pas s’aveugler devant tant de superbe?!! La beauté est quelque chose de subjectif, mais aussi paradoxalement que cela puisse paraitre, quelque chose d’universel. La mort d’une étoile est un spectacle sublime qui arrachera des larmes aux cœurs les plus durs. La naissance de la vie en est un autre, tout aussi puissant de sens. Et si les hommes sont rois en intolérance, les Asgardiens sont leurs princes. Car la peur du différent est chose commune dans la citée des Dieux. Les chétifs sont montrés du doigts, tandis que les bons gaillards sans cervelle sont tout de suite reconnus et acceptés. Le sein de la grande nation possède à son entrée un filtre sélectif. Et si tu n’as ni de nom ni d’argent pour palier à ta différence, alors tu n’es qu’un moins que rien. Tu es exclu de la nation, tu es privé du sein protecteur et tu te dois de quitter Asgard pour vivre à la périphérie de celle-ci, comme une vulgaire souillon. Je haïssais ce mode de pensée, qui ne m’avait que trop fait souffrir. C’était grâce au nom d’Odin que j’avais pu grandir sans entraves apparentes.

Sans entraves, si ce n’est mon enfance bercée dans le dégout de moi-même.

Voyant que le standard pour l'acceptation était d'être comme Thor, je ne pouvais qu’être jaloux de lui. De ses manières d’animal sauvage. De son charme évident qui fait naître dans les foules un sentiment d’exaltation. De sa voix rauque et douce qui calme les cœurs meurtris. De sa puissance bestiale qui fait frémir les plus coriaces. De sa stupidité touchante, nourrie par son impulsivité. De sa toison doré qui rayonne comme le jour. De son courage héroïque qui ne sera jamais remit en question. De son sens du sacrifice. De son amour pour son peuple. De…! Je poussa un soupir en songeant à tout cela. Thor était synonyme de perfection chez les Asgardiens, et tout le monde veillait à ce que je l’enregistre bien. Pour la simple et bonne raison que j’étais son strict opposé.
J’évoquais plus le serpent ou l’araignée, qui peut attendre des jours avant d’atteindre son but. Mes talents de manipulateur envoutent de manière artificielle ceux que Thor auraient envouté d’un simple sourire. Ma voix est douce et fluide comme l’eau, rien de rocailleux. Je n’utilise que peu mon corps -et de fait- ne le met pas en valeur plus que cela. Je suis réfléchi et posé, préférant élaborer un plan que de foncer dans le tas à l’aveuglette. Mes cheveux sont noirs geais, ponctués par des reflets froids comme la nuit. Je vais être sûr d'être le dernier recours possible avant de songer au sacrifice. Et enfin, je déteste les Asgardiens qui m’ont toujours rappelés à quel point j’étais différent. Mais… Mais tout cela n’empêchait en rien que le charme de mon frère ne m’atteigne. Après l’avoir jalousé longtemps, ce fut la haine qui d’apparence remplaça l’admiration. Pourtant, le respect et l’émerveillement pour lui n’ont pas disparus. Ils sont juste… cachés sous des tonnes de ressentiments, de tics nerveux, etc. Le tout surmonté par une bonne couche d’orgueil. Thor le savait-il ? C’était une question que je me posais rarement directement, mais à chaque seconde inconsciemment.

Je haïssais penser à lui ainsi. Je haïssais penser à lui. Je le haïssais tout court.

Retour dans la voiture, où l’ambiance n’était pas à la fête. Dommage, car un petit banquet comme savaient le faire les dieux nordiques ne m’aurait pas déplu. En fait, là, de suite, manger ne m’aurait pas déplu. Dormir non plus. Et prendre un bain. Qu’importe l’ordre pour le moment je voulais les trois, dussent-ils tous arriver en même temps. Devant l’image de ma personne endormi dans un bain de flageolets, je tenta a grande peine de penser à autre chose que la fatigue. L’installation dans le véhicule n’avait pas été le plus compliqué. Le plus compliqué, c’était comprendre. Comment fonctionnait cette technologie? Les Asgardiens étaient plus avancés que les midgardiens, et pourtant, le fonctionnement de l’engin m’échappait. Ce n’était pas la première fois que je montais dedans, non… Non. Aucune empreinte magique.
Bien qu’archaïque, cela était amusant de constater comment les terriens se démenaient pour tenter d’égaler la technologie des dieux. L’électricité était évidente sur le tableau de bord, néanmoins ce qui permettait le mouvement était de différente nature. L’odeur au démarrage n’était pas des plus agréables pour l’odorat sur développé du petit Dieu. Le plus étrange dans tout cela, tout de même, c’était que malgré le côté carrément vieux jeu du véhicule, sa mise en route avait été extrêmement sophistiqué. C’est-à-dire qu’il n’y avait rien eu. Un simple mouvement de la main et pof, on roulait. Tournant la tête, je posa mon regard sur la jeune femme. Elle m’intriguait -cela était certain. Mais pourquoi réagissais-je ainsi? Pourquoi ne l’avais-je pas mal traité, afin de lui extirper de force ses connaissances? J’en étais capable. Oh oui, j’en étais on ne peut plus capable. Et pourtant, je me retrouvais dans ce silence gêné, a rouler vers une destination inconnue, en compagnie d’une jeune femme muette dans un véhicule étrange. Le silence me faisais penser, et penser ne m’apportait rien de bon. Il fallait que je trouve quelque chose pour m'y empêcher. N'importe quoi.

C’était comme avec Thor.

Etrangement, depuis que je m’étais réveillé, je ne pensais qu’à lui. A chaque fois qu’on devait se retrouver à deux enfermés pour quelconque raison, il y avait un silence. Un silence agréable pour Thor, qui profitait de ces moments de paix hors des foules. Mais un silence tellement lourd pour moi! Je le haïssais, lui qui trouvait si vite les mots à dire. Avec l’entraînement, j’étais désormais un maître dans l’art de la manipulation. Mais lui... Sa maladresse suffisait à faire ressentir ce qu'il voulait faire comprendre. Et malgré cette facilité, il refusait de me parler. Je me revoyais très -peut être même trop- distinctement dans un carrosse, où il était assis à mes côtés. Le regard perdu dans la contemplation du dehors. Et moi, le regard ancré sur sa silhouette. Nous étions tous les deux jeunes, lui l'ainé devait avoir une dizaine d’années tout au plus. « Regarde moi!! Thor…. Regarde moi!! » Pourquoi? Un regard, je ne demande pas grand-chose! Un sourire chaleureux, un tape amicale. Pourquoi s’y refuse-il?! Il refuse de me donner ce qu’il offre aux premiers venus! A moi, son frère!! Les autres pouvaient profiter d’un Thor rayonnant et souriant. Quelque chose n’allait pas. La sensation du duvet sur le banc du carrosse était trop réelle. Mais moi je ne l’avais que pensif, éteint, même usé parfois. Pourquoi?! Pourquoi ne pouvait-il pas juste montrer que ma présence lui était autant agréable que celle des autres? Autant agréable qu’elle ne l’était pour moi. Je le haïssais dans ces moments là. Le décor disparu. Je le haïssais lorsqu’il s’offrait aux autres comme une vulgaire catin. Je ne savais pas où j’étais, mais il n’y avait que du noir. Je le haïssais lorsqu’il me parlait le regard fuyant. Il n'y avait plus que la Haine, et moi. Je le haïssais lorsqu'il parlait de simplicité pour des choses impossibles. Je le haïssais!!!! Lui, sa grandeur, sa gentillesse… Qu’il crève. Qu’il crève! Qu’il CREVE!!!!!!
***
« - Loki ! »

Un sursaut. Cette voix! Décidément quelque chose n’allait pas. La tristesse et le ressentiment étaient trop intenses. Je… Que ce passait il? Où étais-je? Et cette lumière intense qui m’aveuglait, qu’est-ce que c’était?! Je ne pouvais garder les yeux ouverts plus longtemps. Avec mes bras j'alla protéger mon regard alors que je tentais de percer à jour le mystère.

« - Loki … Mon fils. Mets un terme à ce cycle de haine. Domine ton cœur. »

- P-père?

Se dégageant du néant, l’ombre massive d’Odin, le Père de Toutes Choses, arriva. Je me retrouvais face à lui, dans mon corps de mes huit ans, entièrement dévoré par sa prestance. Néanmoins, un sourire s’installa sur l'ancien maître d’Asgard.

« - Vient, mon fils. Approche. »

- Je… Père, je suis désolé. Je te demande pardon. Je- Je ne voulais pas! Je- je … je…

L’immense main vint se poser sur la tête du garçon, et l’entraina vers lui. Là, le Roi offrit au Prince le réconfort d’une étreinte protectrice. Je ne comprenais rien. Quelqu’un m’avait jeté un sort? La gamine m’avait elle piégée? Non c’était sûrement le coup d’un Asgardien. Était-ce de la part de Thor? Impossible, la magie le dépassait complètement. Alors que ce passait il?! Car je sentais sur chaques parcelles de ma peau la pression qu’exerçait le corps puissant du viking. Ma tête enfouie dans une peau de bête ressentait la douceur de celle-ci. La chaleur envahissait mon corps tout entier. Pour une fois, je me sentais entièrement libre. Pour une fois, je me sentais fils. Sans prévenir, mes nerfs lâchèrent. Et je m’effondra dans les bras du géant. Bercé par mon père, je laissa libre cours à ma tristesse. Mais a ma haine aussi. Frappant de mes points chétifs son armure ventrale, cela l’ébranla d’un éclat de rire. Au bout d’un moment, néanmoins, je me calmis.

« - Loki… Je regrette de ne pas avoir compris avant. Tu étais si différent de ton frère… Je n’ai jamais réalisé que tu ne viendrais pas me parler. Je n’ai jamais réalisé qu’il faudrait que je t’aide, toi qui semblait pourtant si sûr. »

- Je... Je voulais être comme Thor. Aussi fort.

Un rire de nouveau. « - Evidemment que tu le voulais! Tout le monde le voulait!! Mais crois-tu qu'il était invincible? Crois tu que le doute ou la peur ne le touchait jamais? »

- Il n’y semblait pas victime! A chaque fois qu’il rencontrait des gens, il avait ce sourire aveuglant. Mais jamais pour moi! Toujours pour les autres com-

« - Pourtant, il l'était! Et il l'est encore. Ton frère -de lui même- venait me voir. L’énergie qu’il mettait a paraître parfait aux yeux du peuple le fatiguait terriblement. Même face à votre mère il ne réussissait pas à se relâcher. Il n’y avait que deux personnes avec lesquelles il se sentait parfaitement à l’aise. »

- Tu en faisais partie, père?

« - Oui. Mais la deuxième personne face à laquelle Thor se sentait entièrement libre, c’était toi, Loki. »

Silence. - Mais… Mais il semblait tellement loin! Il ne me regarde jamais! Il se contente de me faire un vague sourire quand je lui parle et encore c’est lorsqu’il m’écoute!!!

« - Oui… Parce que ton frère a toujours voulu te protéger de ses travers. »

- Je n’attendais que ça moi!!! Si j’avais su qu’il n’était pas intouchable, si j’avais su qu’il n’était pas… Si j’avais su.....

Le souvenir encore frais d’Asgard s’effondrant et de la race des dieux s’éteignant me fendit le cœur. Les larmes revinrent au galop et la culpabilité déchira mon âme. Même si je ne le voyais pas, je le sentais: Odin était entrain de sourire. Ce même sourire qu’arborait parfois Thor en me regardant. Empli de compassion et de pitié. Je haïssais ce regard. La haine recommença a faire bouillir mon sang, et je l'accueillis comme une vieille amie que l’on retrouve enfin. Les poings serrés, j’allais hurler qu'il arrête.

« - Ce n’est pas de la pitié, Loki. »

- ALORS QU’EST CE QUE C’EST?!! Que cache ce sourire presque triste que Thor et toi n’offrez jamais aux autres!!? Pourquoi ne pouvez-vous pas rayonner en me voyant??? Comme en face des autres!

Le rêve -ou quoi que ce soit- touchait à sa fin. Je ne savais pas comment j’en étais aussi sûr. L’odeur de la peau disparaissait, et l’étreinte perdait de sa vigueur. Tout l’être du Père de Toute Chose semblait lentement s’effacer, sans perdre pour autant ce sourire qui m’était aussi mystérieux. Mon sang bouillait de rage. Je ne savais pas ce qui m’arrivait, mais mes sentiments étaient décuplés. Ma haine me perdait complètement. Je frappais à tout rompre sur la carcasse métallique qui ne bronchait pas d'un iota.

- REPONDS-MOI! QU’EST CE QUE C’EST?!!

Il ferma les yeux et finalement disparu entièrement, me laissant seul dans l’obscurité complète, avec l'image rémanente de ce sourire gravé sur ma rétine.

« - C’est de l'amour. »
***
La douleur m’envahie d’un coup. Le souffle coupé, j’étais de retour dans la voiture aux côtés de la renarde. Que venait-il de se passer?! Plaqué au dossier, l’air effaré, j’essayais de comprendre. Les larmes coulaient malgré moi. Je tentais de reprendre mon souffle tandis que la douleur gagnait du terrain. « -vais vous aider. Puis-je savoir en quoi je puis vous être utile ? » La voix semblait surgir du néant, comme si mes sens s’étaient mit en mode pause pendant un temps. Je sentais ma magie glisser de mon corps malgré moi. L’air ambiant crépitait. J’allais m’étouffer si je n’arrivais pas à me calmer.

Sentiments!!

Eux que je méprisais de tout mon égo, voilà qu’ils m’envahissaient comme du poison. C'était comme qui dirait, le comble!! Que c’était-il passé? Est ce que ça avait été réel? Est ce que je venais de voir père? Alors ce qu'il m'avait dit était vrai?! J’inspira un grand coup et bloqua tout. Il fallait que j’arrive a me contrôler. C’était le comble que je me fasse submerger par mon propre pouvoir! Peu a peu, l’énergie arrêta de s’écouler de moi comme un torrent. Puis j’arriva a clore le flux totalement. Reprenant contrôle de ma magie, j’expira peu à peu afin de retrouver un rythme régulier. Je ne voulais tourner la tête. Je n’osais pas tourner la tête. Elle avait forcément senti. Elle avait forcément entendu. En tant qu’humaine, elle voudrait sûrement en parler. Mais pas moi, moi je voulais oublier. D’un geste brut je sécha mes yeux, puis je m’éclaircis la gorge.

- J’ai mentis. Tu es inutile, tout comme ceux de ta race. Conduis-moi dans un lieu où je pourrais me reposer. Maintenant.

J’avais fait mon possible pour paraître sûr de moi, et ma voix s’était faite plus tranchante que prévue. Renouant avec des choses simples et connues dans lesquelles j’excellais (c'est à dire chier dans les bottes des gens), j’arriva à me calmer. J'ignorais ce qui c’était passé, mais une chose était sûre. Toute l’énergie qui partait de moi, toute ma magie, elle avait été drainée par quelque chose. Jetant un coup d’œil au conducteur, j'eu la certitude que j’attendais. C’était elle qui avait tout absorbé. Alors sûrement, tout le délire avait été rêvé. Et tout ce que m'avait dit le faux Odin n'était que mensonge. Après tout, je ne voyais pas Thor penser à moi comme cela! Enfin, c'était rassurant de voir qu'il n'y avait aucuns problèmes avec ma petite personne chérie, mais bien un problème avec cette humaine. Je ne savais absolument pas ce que ça cachait, mais cette gamine m’avait fait complètement perdre les plombs.
Manquerait plus que les gens pensent que je sois fou !

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« It is the unspoken truth of humanity that you crave subjugation. The bright lure of freedom diminishes your life's joy in a mad scramble for power. For identity. You were made to be ruled. In the end, you will always kneel. »
~ Loki of Asgard ~

Some tiny tiny things which it's good to know about :
 
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Lexie A. Redfield
~ Mutant lv3 ~
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MessageSujet: Re: Moon Waltz   Dim 9 Sep - 16:11

Certains jours, Lexie se demandait s'il n'y avait pas quelque part à la croisée des chemins, un carrefour de tout ce qu'on avait pu laisser derrière nous, un peu partout. Un endroit, peut-être caché, peut-être sombre, avec des murs marqués par les larmes et une forte odeur amère de regret. Avec, dans un coin un peu plus reculé, un stand avec les objets perdus. On pourrait rendre ses cailloux au Petit Poucet en lui fourrant un GPS dans la poche pour la prochaine fois. Juliette viendrait rejoindre son Roméo après la mort pour vivre éternellement ensemble. Elle aurait aimé se rouler en boule dans un coin comme celui-là, à observer tous ses mauvais choix, les paroles tues, mal dites, trop tôt ou trop tard. Faire le bilan de tout ce qu'elle avait pu louper ou esquiver.

New York la perdait. Les heures en Alaska n'existaient plus. Parfois, elle allait prendre un café au Starbuck le plus proche de le tour Stark, en courant pour être à l'heure au boulot, et puis finalement, finalement, c'était tout. La New York-religion qui faisait jolie au cinéma, les taxis jaunes pétants, les gens pressés, la neige en hiver, tout ça c'était joli mais. Mais. Elle savait ce qu'elle gagnait, elle savait ce qu'elle perdait. Elle avait la fâcheuse habitude de croire qu'elle était trop bête pour prendre les bonnes décisions. Elle ne savait toujours pas si elle avait eu raison, ce soir d'hiver pluvieux, où elle avait accepté de suivre ces hommes du SHIELD. Ses repères à New York, elle les avait. Qu'aurait-elle eu là-bas en Alaska ? Combien de temps était-elle capable de garder une vie ?

Elle se souvenait de tous ces chemins perdus, les non-dits et les regards criants, ceux qu'elle n'avait pas su voir à l'époque. Les chances ratées, les faux pas, les mauvais départs. Des chemins qui se trouvent, qui se séparent, pour parfois se retrouver ensuite, lui promettant un passé douloureux, un présent amère et un beau futur d'alcoolique. Pourtant, les mains posées sur le cuir sombre du volant de sa voiture, le doux ronronnement du moteur berçant ses sens et son âme, elle se disait qu'au final, elle était contente de se retrouver ici. Que les amis du présent n'éclipsaient pas ceux du passé, du moins pas ceux qui valaient le coup. Elle s'était enfermée dans un monde faite de mécanique pure et de froide raison. Un monde où si quelque chose ne marchait pas, c'était uniquement de sa faute à elle, car les machines n'avaient jamais tort. Mais la réalité qui acceptait parfois de reculer quelques instants revenait prendre ses droits sur son esprit. Elle était toujours là, un peu cachée, vaguement menaçante tapie dans l'ombre, avec ses crocs plantés dans sa chair pour être sûre qu'elle ne puisse pas l'oublier.

Elle savait que ses capacités de mutant étaient la principale cause de cette coupure avec le monde extérieur. Et que si elle continuait comme ça, elle allait finir par se brancher définitivement à un ordinateur pour s’échapper et ne jamais revenir. Ses capacités n’avaient pas fini de grandir, elle n’était qu’au niveau trois après tout, et il lui arrivait d’avoir peur de tout ce que cela pouvait impliquer. Qu’au final, elle se refermerait totalement sur elle, oubliant totalement comment interagir avec ses semblables. Elle-même se demandait parfois de qui entre l’homme et la machine elle était le plus proche. Dans le silence de la voiture qui était devenue le prolongement de son corps, elle se sentait mieux à sentir les rouages mécaniques s’actionner plutôt qu’en présence du Dieu de la Tromperie à ses côtés. Sa cyberpathie continuait d’augmenter. Elle ressentait les machines plus loin et plus précisément.

Lexie avait toujours été un excellent pilote. Bon, elle trichait peut-être un peu, s’arrangeant pour avoir toujours les feux verts, ralentissant les véhicules auxquels elle était censée donner la priorité pour avoir le temps de passer sans ralentir. Voyant que Loki n’était pas forcément mal à l’aise en voiture, l’aiguille indiquant la vitesse ne tarda pas à décoller, tout en douceur. Elle finit par se stabiliser à un nombre indécent mais loin d’être un record. Ce n’était pas le but après tout, mais à ce rythme, ils seraient très vite arrivés. Et puis, quelque chose changea. Sa cyberpathie se mit à devenir irrégulière et instable, et elle eut toutes les peines du monde à la garder sous contrôle. Ghost lui-même redressa sa tête en se retenant de gronder sourdement face à ce changement.

Elle n’était pas tellement sûre de ce qui était en train de se passer. Ses pouvoirs augmentaient-ils ? Elle se força à se concentrer, alors qu’à côté d’elle, son passager commençait à s’agiter lui aussi. Elle ne pouvait pas se laisser aller, elle conduisait et devait rester concentrée si elle voulait éviter un accident. Son regard se porta sur le dieu l’espace d’un instant qui avait l’air en proie à un quelconque démon intérieur. Fronçant les sourcils, elle se mit à ralentir par mesure. Qu’était-elle censée faire ? Si c’était intentionnel, il serait malvenu de l’interrompre. Si cela était accidentel, elle doutait pouvoir faire face à quelque chose qui arrivait à mettre à mal un dieu. La plus prudent restait de ne rien faire tout en faisant attention à lui. Il lui suffit cependant qu’elle ouvre la bouche pour l’extraire de ses pensées, à retardement cependant. Et il n’avait pas l’air spécialement de bonne humeur.

Il inspira un grand coup et elle se sentit légèrement différente. Elle s’agita sur son siège, mal à l’aise. Elle n’aimait pas vraiment ça. Quelque chose était en train de changer. Une montée d’une énergie étrange qu’elle avait du mal à convertir. Elle se sentait comme une voiture qu’on alimentait avec un mauvais carburant. C’était toujours de l’énergie, mais elle ne savait pas comment s’adapter, l’adapter à elle. Devait-elle la retenir, la laisser faire ? Au contraire tenter de la contrôler à tout prix ? Lâcher prise ? Faire confiance, s’en méfier ? Elle crispa un peu ses mains sur le volant et se contraignit au calme alors qu’elle laissait doucement les choses se faire. Il lui semblait que chacune de ses veines crépitaient, un torrent de feu d’artifice dans le sang. Ses doigts lui semblaient comme engourdis. Une énergie incroyable, semblant inépuisable qui venait s’accumuler et se stocker dans son corps sans savoir si elle serait capable de tout accueillir sans exploser.

C’était Dimanche et le vert profond des feuilles dansait dans ce qui sentait déjà presque comme une lumière d'automne.


Elle secoua la tête, chassant ce flash de son esprit. C’était quoi ça ? Elle serra les dents. Son corps cherchait le moyen d’adapter son énergie. Un peu comme tourner plusieurs fois une prise pour la brancher, à tâtons dans le noir. Elle ne savait pas ce que cela était censé lui faire. Était-ce l’œuvre de Loki ? Elle ne se sentait pas bien. Elle ne comprenait pas. S’il voulait la tuer, il l’aurait fait depuis longtemps. S’il voulait avoir un accident de voiture, il était bien parti par contre, même s’il serait capable de se téléporter sans problème. Une goutte de sueur coula lentement sur son front. Que cherchait-il à faire ? A ses côtés, le dieu sembla lui s’apaiser, et l’énergie cessa enfin d’affluer vers elle. Elle avala sa salive, se força à l’immobilité, se concentrant en priorité sur la route.

C’était Dimanche et les moments où tout semblait possible étaient loin derrière.


Le bruissement de la manche de Loki la ramena à la réalité. D’un geste, il essuya les larmes qui avaient coulé sur ses joues et se racla la gorge. Il allait parler. Pourquoi ? Ah oui, il allait certainement lui répondre. Elle espérait qu’il ne s’attendait pas à une longue conversation parce que dans l’état où elle était, elle ne s’en sentait pas capable. « J’ai menti. Tu es inutile, tout comme ceux de ta race. Conduis-moi dans un lieu où je pourrais me reposer. Maintenant. » Bon ben ça, c’était fait. Elle fut légèrement surprise. Pas qu’il ait menti, plutôt qu’il l’avoue comme ça, aussi facilement. Ou alors cela cachait un autre mensonge. Ce qui venait de se passer était peut-être en rapport avec elle, avec le futur ou elle ne savait pas quoi d’autre. Elle haussa légèrement les épaules. Bah, si ça l’éclatait après tout. Elle s’attendait à mieux de la part du Dieu du Mensonge. Enfin, elle s’attendait à quelque chose de plus... construit ? Bref, pas simplement mentir pour mentir, totalement inutilement. Et après c’était elle l’inutile.

C’était Dimanche et les enfants des autres faisaient un bruit sublime et insupportable.

C’était quoi ces flashs ? Flash d’une vie passée et oubliée, flash de quelque chose auquel elle ne voulait pas penser. Elle se força donc à les ignorer. Elle n’était pas vraiment sensible aux ordres, on lui avait appris à se taire et à obéir, et si Loki n’avait pas envie de parler de ce qui venait de se passer, ce n’était pas elle qui allait lui tirer les vers du nez, il était suffisamment grand pour se débrouiller tout seul. Même si au fond, cela lui faisait mal au cœur de le voir dans cet état. Elle ne le connaissait pas assez pour lui remonter le moral, et le risque qu’il lui arrache la tête si elle s’y essayait était trop grand. L’augmentation de sa cyberpathie lui permit de garder Ghost sous contrôle, qui n’aimait pas tellement qu’on parle ainsi de sa propriétaire. Il était né de son agressivité après tout, nul doute que si Lexie avait eu son âme entière qu’elle aurait un peu grincé des dents, sans pourtant ouvrir sa bouche. Mais heureusement là, elle ne l’était pas et elle pouvait garder le contrôle de sa grosse machine.

C’était Dimanche et il était bien trop tard pour courir rattraper l’avion, pour arriver les cheveux en bataille et hurler reste, reste, s’il te plait, je t’en supplie, reste.


Les flashs étaient plus longs maintenant, même s’ils ne restaient pas plus de quelques secondes. Un mauvais raccord, un mauvais branchement. Elle secoua la tête. L’énergie semblait brûler maintenant. Elle disparaissait vite, visiblement Lexie la consumait trop vite en cherchant à la canaliser et à la contrôler. Cela manquait d’optimisation tout ça. Elle ne savait pas d’où ça venait mais il allait lui falloir pas mal d’entraînement pour apprendre à s’en servir au mieux, et cela s’annonçait galère. Enfin, avec un peu de chance c’était exceptionnel et ne reviendrait pas de sitôt. Elle se força à garder une respiration lente, à calmer les battements frénétiques de son corps et à se détendre progressivement. Relâcher légèrement ses mains sur le volant. Desserrer la mâchoire. Décrisper ses épaules. Ôter la tension qui rendait son maintient raide. Et puis, il fallait répondre à Loki.

C’était Dimanche et il n’y avait plus personne à appeler.


Respirer. Se calmer. Réfléchir. Répondre. D’une voix aussi douce que du satin, elle se contenta de souffler tout bas. « Nous sommes en route, Prince Loki. » Si elle ne pouvait pas le réconforter, elle pouvait au moins tout faire pour que cela se passe bien. Feindre de ne pas avoir remarqué ses larmes. Ne pas l’ignorer ni le snober, juste accepter qu’il lui cache des choses, qu’il ne veuille pas en parler. Lui montrer qu’être agressif, ce n’était pas grave. Qu’il n’avait pas besoin de se défendre, de se retourner et de mordre pour se protéger de quelque chose qui le faisait souffrir et qu’il ne comprenait peut-être pas. Accepter enfin, de se faire marcher dessus si cela pouvait l’apaiser, même juste un peu. Sa réaction avait été incroyablement... humaine. Comme un gosse qui hurle à ses parents de lui foutre la paix abriter dans sa chambre pour ne pas qu’ils voient à quel point il souffre.

Cela allait prendre du temps, elle en avait conscience, même si elle se demandait si elle aurait vraiment l’occasion et le temps de lui rentrer ça dans le crâne. L’énergie s’était calmée. Le plus gros s’était consommé pendant que son corps tentait de la canaliser, le reste était venu se greffer quelque part lui donnant une affreuse migraine. Depuis que ses capacités avaient commencé à déconner, elle les avait restreintes et les garder au minimum d’une main ferme pour éviter les dérapages. Elle n’avait pas spécialement envie que son émotion du moment se rue dans la voiture et la transforme en un autre Transformer. Elle en avait déjà bien assez avec Ghost et Aya. Lexie n’osa plus relancer la conversation et se contenta de ramener le petit dieu chez elle, à l’écart et à l’abri.

Bientôt, elle sentit la présence familière des machines de chez elle à la frontière de son esprit et elle sut qu’ils étaient bientôt arrivés. La grille s’ouvrit comme par magie pour que le véhicule puisse entrer sans avoir besoin de ralentir et se referma de la même manière, guidée par l’esprit de Lexie. La maison, ou plutôt la villa était grande. Très grande. Lexie détestait les espaces clos. D’une architecture on ne peut plus moderne, la bâtisse s’élevait au milieu d’un immense terrain verdoyant, avec une forêt là-bas, au bout. Parce que si Lexie aimait plus quelque chose que l’espace, c’était la solitude. Solitude qui allait être un tantinet perturbé par l’arrivée du dieu mais bon, il y avait suffisamment d’espace pour éviter qu’ils ne se marchent trop sur les pieds.

Se garant devant l’entrée de la maison, Lexie coupa machinalement le contact. « Nous sommes arrivés. » dit-elle simplement. Descendant de voiture, elle ouvrit la porte arrière pour que Ghost puisse sortir et attendit que Loki soit hors du véhicule pour le verrouiller et s’avancer vers la porte. Elle prit le contrôle du véhicule par cyberpathie et alla machinalement la conduire au garage, parmi ses autres bolides de course alors que la porte d’entrée s’ouvrait toute seule comme une grande pour laisser le passage aux trois êtres. Ouais. C’était quand même bien d’être cyberpathe, tout devenait automatisé aux yeux des autres. « Bienvenue chez moi. » Ça, c’était fait. Ghost décida de rester près de l’humaine et du dieu, au cas où ce dernier se déciderait à devenir agressif. Il était hors de question qu’il touche à un seul cheveu de Lexie.

Débarrassant le manteau de Loki – s’il souhaitait s’en débarrasser – elle le rangea et l’invita d’un geste de la main à la suivre, l’emmenant dans le salon. Elle ne savait pas trop ce qu’il attendait d’elle. Voulait-il dormir tout de suite ? Manger ? Discuter ? Avait-il besoin de quelque chose ? Elle ne savait pas trop sur quel pied danser, aussi décida-t-elle de suivre la même ligne de conduite qu’elle aurait adoptée avec n’importe qui en prenant plus de précaution cependant. « Je vous sers quelque chose à boire ? » demanda-t-elle sagement, le fixant de ses yeux bleus. Saphir contre Émeraude, surveillés de près par les Rubis de Ghost. Et aussi, cachés dans un coin de la pièce, ceux d’Aya qui observait le nouveau venu avec une curiosité dévorante. Dès que Lexie aurait le dos tourné, sans nul doute qu’elle foncerait dessus pour l'observer sous toutes les coutures.
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Loki Odinson
~ Dieu Souffre Douleur ~
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MessageSujet: Re: Moon Waltz   Lun 29 Oct - 18:21

«La civilisation est une lutte contre la peur. » Et cela ce voyait, ici bas. La peur était partout. « Nous sommes en route, Prince Loki. » Je ne répondis rien. Assit dans cette étrange carriole, le dieu du Mensonge observait les déboires de millions de vies misérablement humaines. Il par moment difficile de faire la part des choses. Les plaies récemment ouvertes par l’étrange apparition saignaient à grandes eaux, et inconsciemment je jeta mon esprit au loin de mon corps. Loin de l’habitacle, au dessus de tout, je pouvais observer. Je pouvais juger ces êtres méprisables. Courant, marchant à toute allure vers un but indécis. Savaient ils au moins eux même vers où ils se dirigeaient? Tous avaient des comportements désorganisés. Je haïssais le désordre. Je les haïssais. Eux, qui avaient pourtant su gagner la sympathie de mon frère. Cette haine était devenue presque naturelle chez moi, et pourtant, elle me rongeait. M’arrachant les os, dévorant mes boyaux… la douleur me rendait fou. Je n'avais souhaité être habité par tant de haine. Je n'étais pas né ainsi. Et malgré mes grands airs, je ne l'avais pas entièrement accepté en moi. Trop de regrets, trop de ...

Sentiments.

Je les haïssais. Ces humains. De toute mon âme. Roulant vers une destination encore inconnue, je regardais avec une curiosité non feinte tous les êtres que l’on croisait. Certains étaient plus pathétiques que d’autres. Certains étaient gras, certains étaient pauvres, certains étaient blessés. La souffrance se lisait dans l'indifférence générale. Tout cela restait assez négatif. A quoi pouvaient ils bien penser? Pourquoi se pressaient ils? Pensaient ils que leurs existences valaient quelque chose? Puis, de nouveau, quelque chose d’étrange se produisit. Si j’avais réussi a contrôler la magie qui sommeillait en moi, la cause première n’avait pas été résolue. Aussi, je me contentais de contrôler tant bien que mal un flux violent de magie pure. Cela demandait de la concentration, bien plus que ce que mon état actuel était capable de fournir. Au bout de quelques minutes, j’arriva à me détendre. Puis un pic dans l'affluent magique. On aurait dit qu'il profitait de ma faiblesse temporaire, comme s'il était capable d'intelligence! Mon contrôle dérapa. Et malheureusement, les effets secondaires ne semblaient pas s’arrêter aux hallucinations. Mes sens ne m’obéirent plus. Tout devint noir, puis lumière. Etincellant, ébloui, la moindre parcelle de mon corps était décuplée. Puis quelque chose devint plus intense. J’entendais dans ma tête une voix très prononcée. Celle d’une femme. Et il semblait...quelque chose d’étrange me… je…. grgresv

« - LIAM REVIENS ICI TOUT DE SUITE! »

C'était toujours pareil. Toujours. Zoé était favorisée. A chaque fois que je le foutais sur le tapis on me riait au nez, mais merde! Elle s'est cassée avec ses copines alors que moi j'dois me coltiner le nettoyage. Encore cet aprèm elle s‘était tirée et je l‘avais vu fumer du shit avec ses copines. Mais non, la petite sœur est parfaite, elle est l‘incarnation même de la pureté. Putain si la vieille était au courant de comment cette salope avait perdue sa virginité (et surtout avec qui) la gamine foutterait plus un pied dans la baraque.

- Ptain tu fais chier, qu’est-ce que tu veux que je fasse?!

« - Je t’ai dis de nettoyer la tâche sur la moquette. C’est de ta faute si elle est y est. »

- De ma fa-!??

C’était inutile, elle branlait dans le manche de toutes manières. J'explosa de rire. Là haut toutes ses connectiques se touchaient et ça foutait un sacré bordel dans le reste. C’était pas Parkinson, mais presque. J'osa les épaules, puis j'alla dans ma poche chercher un paquet de clopes. La voilà qui se remettait a hurler alors que je l’allumais. Tu te pourries la vie, qu'elle me sort. Comme si se remplir le bide de pilules était meilleur pour la santé. Qu’elle connasse. J’inspira un grand coup sur le baton de nicotine, et recracha la fumée avec délice. C’était toujours un pur plaisir de se pourrir la vie, et les images sur les paquets me donnaient limite encore plus envie. Je souriais tandis que de très loin la voix fatiguée de la matriarche se perdait dans les limbes.

Elle ne savait pas gérer sa vie, qu’elle n’aille pas essayer de gérer la mienne. Une fois dehors, je resta un instant sur le perron, humant l’air ambiant de la ville. C'était l'une des choses que j'adorais. Me sentir vivant. La fraicheur de l’air piquait chaque parcelle de ma peau. Une légère brise vint agiter des mèches couleur blé. Tout semblait si réel…. Attend pourquoi ça ne serait pas réel? Mon pouls s'accéléra sans que je ne comprenne pourquoi. Quelque chose n’allait pas. Je jeta un oeil discret a ma poche. Les cachets que m'avait filé Jezabiel étaient pas censés être aussi puissants. Et puis j'avais l'habitude des badtrip. Là c'était différent. J’essayais de comprendre, mais c’était comme si… comme si tout n’était pas vrai. La nausée monta d’un coup, et je du me tenir à la porte pour ne pas m’effondrer. Quelque chose n’allait pas. La circulation n’était pas dense devant la maison, et malgré moi, quelque chose attira mon regard sur une voiture. Noire, qui roulait bien au dessus de la limite de vitesse. Et y’avait un mec dedans, avec l'air con. Et un casque a cor-


J’inspira un grand coup, plaqué sur le fauteuil. Visiblement j’étais de nouveau dans l’habitacle. C'avait aussi été une hallucination? Quelque chose me soufflait que cette fois ci, c’était différent. La première apparition m’avait été si intense, qu'ici je relativisais sur la bizarrerie de la situation. Bon, faut te calmer mon coco, faire descendre la pression. J'avais été con. Depuis le début, je me forçais à contrôler le flux de magie qui émanait de moi. Crépitant, trépignant, c’était difficile de canaliser de l’énergie pure. C'était un peu comme si on te jetait sur le dos Niddhog constipé avec comme seul échappatoir un Au lieu de cela, j’aurais du m’intéresser a la cause!!! Que m’arrivait il? Était il possible que ce soit une maladie quelconque, qui touchait les Asgardiens sur Midgard? Un coup d’œil sur ma conductrice me fit rejeter cette hypothèse: Elle semblait elle aussi se battre contre quelques démons personnels. Tant mieux, au moins comme ça elle pourrait pas se servir de ça pour marchander! Visiblement, quoique soit ce qui arrivait, cela arrivait aux deux d’entre nous. Tout semblait nous relier l’un et l’autre. Peuh!! L'horreur!!!! Relier un Dieu quasi-immortel (soyons honnêtes, moi j'commence à me croire là pour toujours) et une putain d'humaine de merde!? Je pense que là haut, y'a des esprits qui se marrent. Nan, parce qu, quand même. Je trouve ça un tantinet étrange que la femme que je rencontre inopinément sur un champ de bataille soit justement celle qu’il fallait que je trouve, encore là suite à une situation plus qu’hasardeuse (et dénudée.) Après tout, peut être bien que ma théorie de "prophétie cosmique du sort du monde et des fleurs des champs" prenait du sens. Le destin est une plaie. M'enfin au moins ce ne devait pas être que moi. Peut être Thor était il aussi touché? A cette idée, je me détendis légèrement, et je me rappela que trop tard qu’il ne fallait pas que je me dét-

-Sup... Mickaël ne rentrerait que d’ici deux heures, ce qui me laissait encore du temps pour m’envoyer en l’air avec toutes les grosses queues du coin.

Joueur de jazz performant, j’étais tombée amoureuse de lui, et ça avait été le plus beau jour de ma vie quand il m’avait demandé en mariage. Mais je ne savais pas que cela impliquerait devoir rester à la maison a repasser ses chaussettes tandis que lui allait forniquer je ne sais où avec toutes les putes du quartier. J’aimais le sexe, oui. Est ce une tare? Des copines me disent nympho, et je n’y croyais pas. Peut être bien qu'oui, après tout. Lui, il ne me regardait même plus en rentrant, transpirant l’alcool par tous les pores de sa peau. J’avais donc décidé d’agir. J’étais en manque, et j’en avais ras le cul de devoir jouer la sainte nitouche toute la journée pour un mec n’ayant pas les couilles de me tenir face. Le premier arriva, déguisé en plombier. Il demanda s’il était bien au 344. J’émis un rire, et sans avoir besoin d‘en dire plus, il n’hésita pas. Me saisissant par la taille, il se jeta sur moi comme si nous étions deux amants séparés depuis trop longtemps. Je connaissais pas son nom, et c’était mieux comme cela. Le mystère rajoutait une couche à l’érotisme de la situation. Ses mains larges vinrent sans timidité aucune chercher le contact de ma peau. L’une d’entre elle me tenait la tête et l’autre était déjà entre mes cuisses, cherchant avec avidité le fruit de ses désirs.

J’étais mouillée comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. L’attente avait été le premier précurseur, et maintenant tout cette passion montante me dévorait de l’intérieur. Un feu s’était allumé en mon bas ventre. Puis on sonna. Tout en dévorant ma peau, il me porta jusqu’à la porte. Là il me déposa et me laissa ouvrir, derrière moi, ses mains sur mes seins. L’autre homme était noir, déguisé en pompier. Je m’esclaffa, trouvant qu’il y avait tout pour tourner notre petit film amateur. La porte fermée, le nouveau n’hésita pas non plus. L’un devant, l’autre derrière, tout deux jouant avec chaque parcelle de mon être. Je me sentais me consumer face aux flammes qui m’envahissaient. Les doigts joueurs de l’un s’introduisirent soudain et j’émis un gémissement de surprise. Cela sembla l’exciter d’avantage. Je me retrouva nu. On me porta jusqu’au lit, où l’un d’entre eux me pénétra. La passion et le plaisir m’envahir et je me laissa guider par… Que ce passait il?! Je repoussa les deux hommes violemment, beaucoup plus que ce dont j’étais capable. Puis je vomis sur le sol de ma chambre. Un nouveau haut le cœur me fit me pencher un peu plus en avant. J’entendis l’un des hommes se plaindre. J‘avais envie de leur dire de rester, mais quelque chose… j‘allais pas bien…. « Mi… M.. » L’un d’eux se pencha pour m’aider, je voulais lui demander d’appeler les secours. « MISERABLE MORTEL! »


Quelle humiliation!! Le souffle court, je n’arrivais plus du tout à me contrôler. Cette catin! ET encore c'est pour rester polis! Je ne savais toujours pas ce qu’il ce passait, mais il fallait que ça s’arrête. Rentrer dans la peau d’un junky du quartier, passe encore. Je pourrais p'têtre même trouver ça marrant avec le recul, mais... Mais ce qui venait de se passer ne devait pas se reproduire. Après il allait encore avoir des rumeurs à la con sur ce qui m’arrivait pendant mes temps libres. En même temps, voilà quoi, je suis vraiment pas aidé!! Au loin, une explosion détruisait l’appartement 344, et trois humains étaient morts. Mais au lieu d’avoir calmé le flux, cela l’avait exacerbé d’avantage. J'étais exacerbé d'avantage. Je fulminais, pour être honnête. Je ne pouvais plus contrôler mon propre pouvoir, et ça commençait a me taper sur le système. Encore un pic, mais cette fois ci, j’aborda le problème autrement. J'avais toujours essayé de contenir toute l’énergie d’un coup, c’était je pense la raison pour laquelle je me faisais submerger. Donc désormais je tente de me servir de toute cette nouvelle puissance. Et voilà qu’en quelques secondes, je me retrouve dans l’esprit de tous les êtres vivants aux alentours. De tous, sauf une. La rousse me restait hermétique, sans que je ne sache pourquoi. C’était une sensation incroyable que d’être dans... Non, d'être l’inconscient des gens. Trop inexpérimenté, je ne tenta pas le diable. J'étais là pour une mission cool zen tranquille, donc buter la moitié de la ville pourrait être problématique. Mais je pouvais suivre la vie de tas d’humains en même temps, comme un enfant regarderait une fourmilière avec un microscope. Ou une loupe, en plein soleil. Je sentais, en chacun d'entre eux, la peur. Et je souriais, songeant à quelque chose.

Tout comme ceux d'avant, ils devaient me sentir.

Le décor environnant devint plus sauvage: visiblement nous sortions du cœur de la ville. Avec la distance, le lien se rompit, et je redevins maitre de mon seul corps. Je me concentra alors sur mes habits, car à défaut d'être occupé par un truc, je me retrouvais encore en proie à mes pouvoirs. Le vrombissement s’arrêta, et le silence revint. « Nous sommes arrivés. » Noooon, tu crois? Quitte a dire de la merde, autant ne pas parler. Dès que la jeune femme eu quittée le véhicule, il sembla que mon problème de contrôle -et par extension, moi- se calma. C’était donc bien la proximité avec elle qui déréglait ma magie. Mais pourquoi cela? Maintenant un peu plus au calme, la curiosité me dévorait. Je me téléporta en dehors, sur le perron de sa cabane, encore un peu plus loin d'elle. La distance diminuait en effet l’excitation de mes pouvoirs. Etant un dieu qui vivait dans un palais, la taille de la villa ne m’étonnait pas. Néanmoins je souligna qu’elle devait faire partie des nobles de la planète. C’était reposant même pour trente petites secondes de penser à des maisons plutôt qu'autre chose... Une fois l’étrange machine/animale sortie, la carriole alla se ranger toute seule. Je ne savais pas que la technologie humaine permettait ce genre de chose, il semblait y avoir eu de l’avancée dans la science Midgardienne.

Mon dieu, j'suis vraiment crevé. J'parle carriole et architecture.

Elle nous fit rentrer dans son antre. La bête de métal étrange la collait, visiblement très protectrice. Ce n’était pas vivant, pourtant quelque chose se dégageait du froid métallique. Quelque chose entre la machine et la bête. Décidément, le mystère s’épaississait. Mutante, ok. Mais pourquoi? comment? Puis la maîtresse de maison voulu s’occuper de mon manteau. Un sourire. Elle m’appelait Prince Loki, me montrait des traces de respect évidentes et avait une allure soumise. Peut être cela était ce un jeu, mais il était du genre de ceux que j’aimais particulièrement. Je ne répondis rien. Laissant enfin le flux de magie remonter mon échine, je repris mon apparence originelle. Celle d’un Dieu. Prenant trois têtes à la jeune femme, et arborant un cape d’un superbe vert. En y réfléchissant, je fit disparaitre la cape et le gros de l’armure. C’était donc une tenue assez simple, émeraude et dorée. Je m’autorisa un soupir. C’était… comme si je venais d’enfiler mes pantoufles sacrées. Un plaisir simple mais tellement nécessaire. Je fis disparaître ma canne/ sceptre dans les limbes, le temps de me reposer. De plus, je voulais être sûre qu’elle n’y touche pas. « Je vous sers quelque chose à boire ? » En pensant à ce que j’aimerais boire, le goût de l’Hydromel vint caresser mes papilles. Ca me manquerait de ne plus pouvoir y tremper mes lèvres… Osant les épaules, je me détourna d’elle. « Quelque chose de fort. » Pour être honnête je n’y connaissais pas grand-chose en boissons humaines, et après être mort et ressuscité, j’étais persuadé que n’importe quelle boisson ferait l’affaire. Alors qu’elle se dirigeait vers une pièce, j’avança vers une autre. La distance -même infime- influait réellement sur ma magie. Sûrement le sentait elle aussi. J’étais exténué, ce n’était pas comme cela que j’avais prévu de vivre ma première journée de vie. A peine arrivé, on me foutait aux labeurs! Peut être ce qui m’arrivait était une malédiction d’un des Ases. Ils sont- étaient pardon- tous si rancunier que cela ne m’étonnerait. La pièce dans laquelle je venais de me retrouver avait en son centre un superbe objet. Un de ceux qui brillaient à mes yeux.

Un canapé.

A peine avais-je pensé a m’y assoir que tout mon corps protesta vivement contre le traitement infligé depuis le début de mon apparition. La douleur et la fatigue tombèrent sur mes épaules comme deux blocs de béton. C’était comme s’il me disait «Si tu t’y assoies pas maintenant, je me casse.» Rampant presque jusqu’au fruit de mes désirs, je me laissa tomber dedans en échappant un soupir de délice. Pas aussi top que ceux d’Asgard mais carrément suffisant pour l’instant. Il y avait devant un table basse et je n’hésita pas a y poser mes pieds. Lorsque soudain, mon esprit vint toquer. J'avoue, j’hésitais franchement à lui ouvrir, car je commençais a en avoir ras le bol des rêves à la con. Voyant que ça devenait insistant, je déverrouilla la porte, et lui ordonna de s’essuyer les pieds. Il s’exécuta, puis me confia son soucis. Quelqu’un nous observait, lui et moi. Le problème, c’est qu’avec la nuit que j’avais eu, je ne pouvais que croire qu’il devenait parano. Il était hors de question qu’il me traîne avec lui dans sa déchéance! Entre le corps qui voulait se faire la malle et l’esprit qui disjonctait, j’étais pas gâté. Créant une réunion au sommet, je fis se réunir corps, esprit et … ben, moi pour en débattre. Le corps n’avait pas bonne mine. De grosses cernes, couvert de sang et toujours entrain de pleurer. La seule chose qu’il disait était qu’il refusait que je bouge du canapé. Ca faisait du sens dans mon oreille, donc j’acquiesça. L’esprit -quant à lui- avait l’air en meilleur état, quoiqu’un chouilla névrosé. Il jetait sans cesse des coups d’œil derrière ses épaules, fixait parfois des points vides et parlait tout seul. Lui me répétait qu’on était observé et qu’il fallait absolument lancer l’alerte. Pour le coup, j’étais plutôt pote avec le corps. Je lui fit une petite tape amicale sur l’épaule avec un sourire qui voulait tout dire, puis je fouta tout le monde dehors.

Ras le cul du bordel inter-moi. Pour le moment, j’étais hanté par des idées de bains chauds et d’immenses lits. Et ca m’allait très bien. Alors que je rêvassais de choses supers graves, je l’entendis. Léger, presque inaudible. Mais on ne trompait pas l’oreille d’un Asgardien. Un vrombissement, comme celui de la bête canine, mais beaucoup plus léger. J’émis un grognement: je savais pas ce que c’était, mais ça me faisait sacrément chier, ne serait ce que d’ouvrir un œil. Entendant le bruit se rapprocher, je créa une barrière magique tout autour de moi, sans broncher d’un cil. N’importe quoi entrant dans le périmètre serait rejeté au loin. Logiquement, pas trop trop fort. J’avais peur que la rousse me surprenne et qu’elle se fasse toucher. Mon but n’était pas de blesser mon hôte, tout du moins, pas avant que j’ai dormis. Au bruit qui suivit, j’avais trois confirmations: C'était une chose bizarre qui s'était prise la barrière, mon esprit n’était pas fou et y'avait un truc sacrément louche autour de la gamine. Car il me semblait avoir entendu sa voix. Bon au vu de ce que je croyais entendre en ce moment, je ne releva pas. Ouvrant un œil, c’était une sorte de serpent métallique qui s’était fait jeter. Je ne le vit que brièvement lorsqu’il tourna pour -visiblement- rejoindre sa maîtresse. Enfin seul, je m’enfonça encore plus dans le canapé tout en posant mes mains derrière ma tête. Y'allait falloir que je cause à la gamine sérieusement si je voulais y voir un peu plus clair. Mais pour le moment, la seule chose qui m'occupait c'était un dilemme cornélien.
La boisson qu'elle allait m'apporter valait-elle le coup de la laisser s'approcher encore de moi, hein?

__________________________
« It is the unspoken truth of humanity that you crave subjugation. The bright lure of freedom diminishes your life's joy in a mad scramble for power. For identity. You were made to be ruled. In the end, you will always kneel. »
~ Loki of Asgard ~

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Moon Waltz

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