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 To the Moon

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Lexie A. Redfield
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MessageSujet: To the Moon   Mer 31 Oct - 1:11

« Aïe ! »

Le cri avait retenti un instant avant de mourir, enfoui sous la pollution sonore de son environnement. Les machines ronronnaient tout leur saoul dans la salle, emplissant l’air d’un bruit régulier et rassurant. Couvrant le tout, les enceintes situées un peu plus loin crachaient à un volume raisonnable une Play List d’AC/DC. La mélodie de Back in Black se vit offrir un coup de cymbale imprévu quand l’outil responsable du cri tomba au sol dans un tintement métallique. Lexie fixa la paume de sa main gauche ornée d’une belle balafre transversale d’un air contrarié. D'habitude, elle usait de la technokinésie, au moins elle ne se blessait jamais quand elle agissait mentalement sur les mécanismes... La seule chose qu’elle pouvait éventuellement risquer était une migraine, et avec les années d’expérience qu’elle avait derrière elle, ce n’était plus véritablement un problème.

Abandonnant son œuvre l’espace d’un instant, elle évita la clé à molette au sol et fit quelque pas pour rejoindre le lavabo dans la salle à l’écart. C’était l’un des avantages de travailler en mécanique, avec toute la graisse et les tâches qu’on risquait de se faire, Lexie avait le droit à une pièce à part, où elle pouvait se débarbouiller – les moteurs avaient la sale manie de tâcher et d’en foutre partout – et aussi se changer. En temps normal, elle aurait dû travailler en équipe mais Lexie ne faisait pas très bon ménage avec trop de gens qui gravitaient autour d’elle. Et puis, elle trouvait toujours cela particulièrement agaçant de devoir expliquer ce qu’elle ressentait instinctivement, au travers de sa technokinésie. Lexie avait tendance à être un tantinet flemmarde, elle préférait attendre que les autres se plantent et constatent d’eux-mêmes qu’elle avait raison plutôt que de perdre son énergie à leur expliquer.

Et puis, il était assez... perturbant de travailler avec quelqu’un qui se contentait de poser sa main sur la machine et de modifier mentalement à la fois les plans sur l’ordinateur et la machine en elle-même. Alors si en plus elle devait expliquer à l’oral tout ce qu’elle faisait, elle n’avait pas fini. L’eau froide s’abattant sur sa paume meurtrie l’arracha de ses pensées et elle grimaça légèrement sous la légère gêne qu’elle ressentait. La coupure n’était pas profonde et ses nanites auraient tôt fait de guérir tout ça mais en attendant, il allait falloir désinfecter et mettre un pansement pour éviter de mettre du sang partout. Il lui fallut quelques minutes supplémentaires pour s’occuper de sa plaie et ressortir de la pièce, un bandage blanc autour de la main. Attrapant un chiffon, elle essuya machinalement les quelques gouttes de sang qu’elle avait fait tomber et s’attaqua ensuite à l’instrument coupable, resté sur le sol.

Elle soupira en regardant la voiture dernier cri sur laquelle elle devait travailler. Celle d’Avalanche en fait, un autre membre de l’Initiative qui lui avait gentiment demandé de transformer son bolide en quelque chose de plus... customisé. Elle s’était dépêchée de terminer ses autres projets pour se concentrer uniquement sur celui-là. Elle avait passé toute la nuit et la journée d’avant à modifier les plans et à tester différentes combinaisons possibles pour rendre le tout optimal. La première ébauche de la partie théorique était terminée, il lui fallait maintenant la mettre en œuvre et c’était pour cette raison qu’il fallait qu’elle démonte certaines parties de la voiture pour les modifier. Remettant l’instrument redevenu propre dans la poche prévue à cet effet à la ceinture de son jean, elle attrapa le skateboard appuyé contre le mur et l’utilisa pour se glisser sous le bolide et continuer son désassemblage.

Dans un coin non éloigné de la pièce, allongé paresseusement entre deux machines, Ghost montait sagement la garde. L’éclat rouge sanglant de ses yeux illuminait sa tête métallique, lui donnant un air encore plus dangereux. Comme s’il en avait besoin. Il faisait au bas mot un mètre trente au garrot et était armé jusqu’aux dents. La panthère n’était pas d’un naturel agressif – sauf si on s’en prenait clairement à Lexie – mais elle n’avait pas besoin de faire le moindre effort pour paraitre intimidante, la plupart des gens évitait de s’y frotter de trop près. Et donc, Ghost étant toujours collé aux basques de son propriétaire, ils évitaient également de croiser le chemin de Lexie ce qui l’arrangeait bien au fond. Elle n’était pas vraiment un modèle de sociabilité. A bien y réfléchir, c’était tout le contraire, Lexie fuyait les gens et la foule le plus possible, ne se sentant à l’aise que lorsqu’elle était entourée de machines et de robots.

La musique se suspendit un instant dans l’air, laissant mourir les derniers accords de Let There Be Rock. D’habitude, elle préférait recevoir directement la musique dans sa tête, seulement là elle avait décidé de délaisser les activités « secondaires » de son esprit pour se concentrer sur la voiture. Son casque anti-bruit demeurait donc autour de son cou, aux côtés de ses lunettes de protection. Passant une main dans ses cheveux elle observa par le dessous l’assemblage mécanique un instant avant de se remettre au boulot. Il était moins facile de travailler avec une main en moins, aussi Lexie dut faire appel plus souvent à sa technokinésie, désassemblant progressivement les pièces en faisant attention à où elle mettait les doigts. Une autre part de son esprit était occupée à éditer progressivement le modèle holographique qui semblait bouger de lui-même.

La mécanique avait ce don incroyable de lui faire perdre toute notion du temps. Perdue dans ce monde cybernétique, elle n’avait pour seul repère temporel que les chansons qui s’enchaînaient machinalement. Highway to Hell en était à ses débuts quand quelque chose se mit à lui tirailler l’esprit. Quelque chose d’éloigné, de diffus et d’étrange qu’elle n’avait jamais ressenti auparavant, mais qui restait très vague. Repoussant la sensation parasite au fond de son esprit, elle reprit son entreprise mettant cela sur le compte d’une nouvelle machine que l’on aurait fabriqué ou amené à la Tour Stark. Elle était habituée à avoir de nouveaux réseaux qui venaient perturber sa concentration. Pourtant, celui-ci sembla revenir à la charge et Lexie eut juste le temps d’extirper les dernières pièces avant de sortir de sa cachette. Fronçant les sourcils, elle chercha mentalement la source de la perturbation en question mais son esprit ne se referma que sur du vide. Sans doute était-ce trop loin. Ou alors trop... différent.

Cela ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait pu tester. Cela se rapprochait vaguement d’une intelligence artificielle incroyablement poussée, en plus... chaud. Plus humain. Elle ne savait pas exactement comment ou pourquoi, mais c’était ce qui y ressemblait le plus. Quelque chose auquel elle pourrait éventuellement se connecter, mais possédant une chaleur humaine. Elle soupira. Il se passait définitivement des trucs étranges dans la Tour Stark. Elle était ravie de travailler le plus souvent à l’héliport. Comme pour chasser la sensation étrangère, elle monta mentalement un peu le volume de la musique, les premiers accords de T.N.T. annonçant la chanson. Heureusement que la pièce était totalement insonorisée – une nécessité quand on travaille avec des grosses machines – et qu’elle travaillait seule.

Elle remit vaguement ses cheveux en place, sa crinière de feu retombant sur son tee-shirt à l’effigie d’Aerosmith. Ce n'était certes pas très professionnelle comme tenue, mais comme elle risquait de se tâcher, elle passait tout son temps en jean et en tee-shirt, ne se changeant pour avoir une tenue plus « professionnelle » que pour venir et repartir du boulot, ou éventuellement sortir dans les couloirs. Repartant sous la machine, elle fit de son mieux pour écarter son esprit de la présence inconnue qui se faisait de plus en plus tangible. Si c’était une nouvelle expérience, elle n’avait pas envie de la foutre en l’air à cause de sa curiosité. Dans son coin, Ghost s’agita quelque peu. Il n’était pas rassuré de savoir qu’une chose qu’il ne connaissait pas rodait dans les parages et menaçait la sécurité de la demoiselle. En alerte, il quitta son état de veille et se redressa, attentif à son environnement... et prêt à arracher le bras à la première chose un tant soit peu menaçante.
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MessageSujet: Re: To the Moon   Jeu 1 Nov - 5:33

Le jour agonisait en bronze et en rouge. Les derniers rayons de soleil, frustrés, s’en allaient caresser une dernière fois la cime des piliers de métaux avant de disparaitre. La nuit, que Tony avait surprise à jouer les sournoises dans des recoins de gratte-ciels, avait gagné de l’assurance et s’était glissée a pas de loup sur New-York. Rébarbatif le jour, ces hautes tours, pointant le ciel comme fourmilières, abritaient bien quelque fourmis travailleuses. Le ciel, en indigestion d’un début de ténèbres et d’effluves de pollution, prenait à présent un aspect bien plus sauvage et terrifiant encore. Les étoiles, il fallait plier les yeux d’une bien drôle de façon pour les voir, car encore naissantes, seraient de toutes évidences broyées par la brume toxique du monde des humains. Le PDG de Stark Internationales, assis à son bureau, avait bien du mal à montrer un réel intérêt a ce plafond naturel tout en guimauve, où des couleurs, chimériques, s’accoquinaient l’une à l’autre avec un authentique dégout. Dégout d’autant plus perceptible sur la frimousse de Tony.

La journée avait été longue. Tellement longue et frustrante. Des dossiers par ci, des dossiers par là et sa secrétaire qui n’était pas là, ou plutôt plus là. Encore quelque chose qui avait le don de l’irriter. Ça lui faisait mal au cœur d’être seul dans cette grande pièce moderne, aux allures plus gracieuses que bureautique. Il faut croire qu’il s’était plus ou moins habitué à avoir de la compagnie. Se faire remonter les bretelles n’était pas aussi désagréable qu’il le laissait prétendre. Une petite voix, mielleuse par moment, toujours là pour vous dire quoi faire. Oh il pouvait se débrouiller tout seul, juste que… Ça lui manquait. Il ne l’avouerait évidemment jamais , le grand Tony Stark, homme d’affaire solitaire, qui aime qu’on parle de lui avait trop bonne dose d’ego & de fierté pour se plaindre d’un manque de secrétaire. Rien ne l’empêchait de la remplacer. Ce n’était pas le nombre de demoiselles qui venaient chaque jour déposé leur CV dans ses cassiers qui manquaient. Il avait sincèrement l’embarra du choix. Brune, blonde, rousse, châtain, grande, élancée, bien en forme, charnel et délicates au niveau des hanches, des courbes félines et câlines en veux-tu en voilà. Il était clair qu’il trouverait son bonheur. Mais bien que ce manque « amicale » de compagnie lui titillait la solitude, il n’était pas prêt à réengager une nouvelle secrétaire à qui il faudrait tout réapprendre de A à Z. Perte de temps. Certes il perdait déjà quelques minutes à se repérer dans ses dossiers, a voguer dans les archives, cherchant comme fouine les secrets du SHIELD et de son entreprise. Niveau archives numérique il n’y avait bien sur aucun soucis, sa cyberpathie était une aide dont il ne pouvait désormais plus se passer. Tout allé si vite avec elle. Mais quand il s’agissait de dossiers « papiers » dont il se demandait pourquoi diantre ils existaient encore, ça lui donné un peu mal.

Confortablement installé dans son siège de bureau, cuir noir et repose pieds, Stark tournait sur ce dernier comme enfant dans l’ennuie. Il donnait de rapide coup d’œil à la grande bais vitrée dont il tournait normalement le dos et d’un coup d’un seul se redressa. Le fauteuil en pression de force continua de tourner jusqu’à ce que Tony se décide à sortir de son bureau et de fermer celui-ci à clé. Ni une, ni deux il se retrouva dans les couloirs légèrement éclairaient de petits néons. L’un d'eux étant défectueux, Tony d’un bon maniement de pensée, débrancha ce trouble-fête pour qu’il cesse dans ses clignotements agaçants d'emmerder la galerie. Le génie était plus ou moins près à rentrer chez lui. Veste en main, costard impeccable, il avait hâte de se dévêtir et de s’enrouler dans des vêtements plus ample & confortable. Pourtant, envieux de terminer sa journée le plus vite possible, quelque chose capta son attention, ou plutôt piqua sa curiosité.

Aujourd’hui, tôt dans la matinée, un homme plutôt de petite taille vint lui apporter un dossier, dossier dont il s’était déjà occupé. Cependant, en y jetant un rapide coup d’œil avec son incorrigible « lecture entre les lignes » il remarqua qu’une certaine Lexie Redfield dont il avait mainte fois lu le dossier pour ses prouesses en mécanique et qui par ailleurs possédait comme lui un pouvoir de cyberpathe, était en ce moment même entrain de bidouiller une voiture. Voiture qui sur le coup, ne lui disait absolument rien.

Il pourrait peut-être… Dans un excès de curiosité, se glisser dans la salle des tests. Ne serait-ce que pour brièvement superviser la mécanicienne et par la même occasion tenter de faire plus ample connaissance avec cette demoiselle qui partagé bien des points communs. Tony fit donc un pivotement disgracieux et en trainant légèrement la patte s’en alla à la rencontre de cette Lexie.

La salle où la jeune femme s’était réfugiée était presque, a quelque détail près, une pâle copie de son propre atelier. Évidemment toutes les nouvelles technologies y étaient intégrées, même une petite partie de Jarvis avait été mise à disposition. Comme quoi monsieur Stark ne faisait jamais les choses à moitié. En s’approchant de la dite salle, quelque chose troubla son esprit. Il y avait toutes ces ondes qui lui indiquait où il avait la possibilité de se connecter, mais cette sensation-là ne venait absolument pas d’une machine ou d’un quelconque processus informatique. Non là c’était… « Unique », oui unique était le mot. Il y avait cette drôle de chaleur, comme câble électrique, qui lui grillait momentanément le cerveau d’une horrible façon, puis plus rien… juste un petit battement de cœur, comme un tictac d’horloge. C’était frustrant d’être confronté à un pareil trouble. Tony n’avait jamais eu ce genre de répercutions et commençait à se demander si ce n’était pas ses migraines qui refaisaient surface. Non impossible. Il n’en avait plus eu depuis un bail maintenant. Ça devait être autre chose. Tony effaça cette abracadabrante idée qu’il lui était logiquement possible de se connecter, non seulement à des machines mais aussi a d’autres cyberpathes, d’un revers de la main. Mais après tout pourquoi pas ? Ce n’est pas comme si il n’avait pas déjà vue plus loufoque chez certain mutant.

D’un soupire a un autre, dans une triade de mimiques Starkienne, il s’aventura près de la salle et posa ses mains sur la vitre ainsi que son front pour essayer d’entrevoir entre les carcasses de métaux si cette Lexie était bel et bien présente. Une chose est sûre, il pouvait voir la voiture. Et quelle voiture ! Un bolide, un vrai ! Tony était comme un enfant devant une vitrine, dévorant la carrosserie gris métallisée du regard. Ses iris, fait de verre et de plastique, sauvages et troublants, avaient belle bougne de panthère. Ses flancs, lisses et bombés à certain endroit donné lieu à une meilleure pénétration dans l’air. Une merveille d’aérodynamisme. Cette voiture là était rapide, souple en virage, douce en ligne droite. La vitesse, on la sentait surement du bas du ventre remonter dans votre abdomen, serrant vos tripes d’un peu trop d’adrénaline quand le compteur dépassé les 180 km/h. Tant pis si mademoiselle Redfield n’était pas là, il se ferait une joie d’inspecter le véhicule par simple curiosité et surtout par envie. Car dieu sait que Tony Stark s’intéresse autant aux voitures de luxes et de sport qu’a ses propres armures.

L’homme ne se fit pas prier et titilla les touches du clavier holographique de la porte d’entrée pour y entrer son code. Une fois la porte ouverte en un faible « bip » AC/DC lui noya les oreilles, et de la plus douce des manières. «Hmm. Très bon gouts musicaux.» Se permit-il de chuchoter en pénétrant dans la dite pièce insonorisé. T.N.T venait de s’écouler de moitié. Divine mélodie, que Tony s’appliqua à chanter en mute. Puis vint le moment fatidique où il tomba nez à nez avec Ghost. Bien qu’il ignorait encore son « identité », faisant maintenant face à cette créature de métal, cet animal aux yeux luisant qui autant qu’un être vivant réussissait à abattre sur vous une pression de plus déroutante. Stark glissa son esprit a l’intérieure de la bestiole. Oh qu’il était beau ce mécanisme d’autonomie, du grand art vraiment. Il s’introduit ensuite dans les autres recoins de la bête, farfouillant dans ses moindres veines alimentés par une source d’électricité, non pas une batterie, c’était plus complexe, elle avait sans doute rarement besoin d’être rechargé. Ou du moins le pensait-il jusqu’à qu’un grognement lui fit perdre sa concentration. Tony s’entait d’avantage cette « unique » sensation et ne trouvait pas ça si désagréable. Il s’y était plus ou moins habitué à cette perturbante présence qui un moment auparavant avait eu don de lui retourner l’esprit. Il tenta de faire un pas sur le coté, mais la machine ne le laissa pas faire… Comme si elle attendait que quelqu’un ou quelque chose lui donne l’ordre de se replier dans son coin. Tony était donc immobile, devant la porte d’entrée, il coupa la musique par le seul bien fait de sa pensée et en un raclement de gorge lança simplement « Mademoiselle Redfield ? Si vous êtes là j’aurais besoin… comment dire, d’un petit coup de main. » Stark aurait put simplement désactiver la machine, mais trouva ça trop… « violent » pour une première entrée et il n’y avait nul doute là-dessus que ce semblant de panthère métallique n’était autre que la propriété de la mechano’. Affichant un sourire mi-figue mi-raisin, Tony tenta de ne faire aucun geste brusque et garda ses yeux fixés sur la créature, ainsi que son esprit pour prévoir une quelconque agitation de son système nerveux/électronique interne.
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Lexie A. Redfield
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MessageSujet: Re: To the Moon   Jeu 1 Nov - 14:53

Lexie commençait très franchement à trouver la présence inconnue un tantinet envahissante. Elle avait de plus en plus de mal à s’écarter pour l’esquiver et éviter ainsi tout contact. Elle s’agita sur sa planche, mal à l’aise. Elle était plus concentrée sur se faire toute petite que sur la voiture qu’elle devait bricoler. Elle fronça les sourcils et se retint de grommeler dans sa barbe. Elle ne savait pas ce qu’ils étaient en train de fabriquer mais elle allait très vite se replier dans l’héliport si cela devait se prolonger. Elle acheva de dégager le mécanisme sur lequel elle travaillait et coupa un instant la connexion avec la machine. Elle ne savait pas ce que c’était mais ça se rapprochait. Elle fit de son mieux pour repousser la présence parasite et repartit dans son bricolage... ne faisant pas attention à Ghost, qui commençait lui à comprendre un peu mieux ce qui était en train de se passer.

La panthère s’était mise debout dès qu’elle avait vu la silhouette se découper derrière la porte à demi transparente. Un grondement sourd et mécanique s’éleva de sa gorge alors que cette dernière coulissait paisiblement pour laisser entrer quelqu’un que même la machine reconnut automatiquement : Anthony Edward Stark, PDG de l’entreprise du même nom et également à la tête du SHIELD... ce qui en faisait le patron de Lexie. Ghost n’avait pas beaucoup de personne entrée directement dans sa base de données, mais Stark en faisait partie... accompagné de la grande mention en rouge « NE PAS TOUCHER ». Cela commençait bien. Il le dévisagea de son regard écarlate et l’analysa avec précaution. Les perturbations cybernéthiques que ressentait Lexie semblaient venir de lui. Il n’aimait pas vraiment ça. Il l’aima encore moins quand il se mit à se connecter à lui et à explorer sans hésitation son âme de robot.

Ghost verrouilla ses mécanismes pour se contraindre à l’immobilité. S’il n’y avait pas eu ce fichier Stark dans sa mémoire virtuelle, il lui aurait déjà sauté sur le dos et l’aurait blessé – à défaut de le tuer sur le coup. Il n’était pas une intelligence artificielle ou un quelconque programme comme on pouvait en trouver dans les autres machines, il était né d’un fragment de l’âme de Lexie était ainsi totalement indépendant. Vivant en quelques sortes, à la manière d’une machine certes, mais vivant tout de même. On ne pouvait pas le contrôler comme on pouvait contrôler Jarvis, ou n’importe quelle IA. Il n’était pas artificiel lui. Il laissa l’homme pénétrer dans son esprit sans trop rien dire au début. Il restait une machine, il ne ressentait pas l’intrusion comme aurait pu le ressentir un cyberpathe. Néanmoins dès que l’intru fit mine d’aller fouiner un peu plus loin, Ghost poussa un grondement sourd et menaçant. L’homme eut la bonne idée de se retirer de son esprit. Bonne initiative.

Par contre, après ce qu’il venait de se passer, il était hors de question qu’il approche Lexie. S’il était aussi délicat avec lui qu’il pourrait l’être avec elle, il allait devoir se passer de l’un de ses bras pour le reste de son existence. Il fit mine d’avancer, comme pour le contourner mais Ghost se redressa et bougea en même temps, lui bloquant le passage. Nop, c’était mort mon coco, toi, tu passes pas. La musique se coupa comme par magie, faisant sortir Lexie de sa concentration. Que se passait-il encore ? Tournant la tête, elle s’assura que personne n’avait touché la station. Nop, il n’y avait personne de ce côté. Ce fut en étendant son esprit pour vérifier que les hauts parleurs n’avaient rien qu’elle sentit enfin que quelque chose clochait. « Mademoiselle Redfield ? Si vous êtes là j’aurais besoin... comment dire, d’un petit coup de main. » Elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait qu’elle était curieusement dans de sérieux ennuis. Son esprit reprit contact avec Ghost pendant qu’elle s’extirpait rapidement de sous le véhicule, se redressant pour regarder autour d’elle et prendre conscience de la situation.

Ghost bloquait le passage à quelqu’un, et il était un tantinet énervé et méfiant. La musique s’était coupée comme par magie. La seule raison pour laquelle la personne était encore en un seul morceau après avoir agacé Ghost était parce que la personne en question n’était personne d’autre que son boss. Que faisait-il là ? Pourquoi ? Comment ? Dans quel but ? Il était venu chercher quelque chose ? Elle avait fait quelque chose de mal ? Elle s’était trompée quelque part ? Un événement la concernant s’était-il produit ? Peu importe, elle balaya ces questions de son esprit et se rapprocha mentalement de Ghost, retrouvant son unité. * Ghost. * souffla-t-elle mentalement. La panthère hésita et commença à se détendre sans toutefois vouloir bouger. Il ne lui fallut d’une fraction de seconde pour lui envoyer le rapport de ce qu’il venait de se produire. L’intrusion de Stark. La méfiance que cela lui inspirait. L’assurance que s’il recommençait cela, il allait falloir appeler l’équipe de nettoyage. Enveloppant la conscience de la machine avec la sienne pour l’apaiser, elle le rassura un instant et la panthère finit par reculer, laissant le passage à l’humain et alla se remettre dans son coin, gardant un œil sur les deux individus.

Voilà. Ils étaient tranquille maintenant, et sauf si Stark faisait mine de s’en prendre mentalement ou physiquement à la demoiselle, la panthère devrait les laisser tranquille. Lexie se tourna vers son supérieur hiérarchique, et toute l’assurance dont elle savait faire preuve avec ses machines ou avec Ghost fondit comme de la neige au Soleil. Les interactions humaines n’étaient pas vraiment son fort et son regard se riva immanquablement sur le sol devenu des plus intéressants. « Monsieur Stark ! Je... je suis désolée de l’attitude de Gh-... de ma machine. Je vous promets que cela ne se reproduira plus. » Si elle commençait par l’appeler Ghost, il n’allait pas vraiment voir de qui elle parlait. Elle sentit son cœur s’accélérer brutalement. Elle allait mourir, elle en était sûre. Elle s’agita un peu se balançant légèrement d’une jambe à l’autre, mal à l’aise.

La présence était beaucoup plus tangible maintenant. C’était chaud, brillant, attirant presque. Si au début cela avait été dérangeant, cela ne l’était plus maintenant, comme si l’esprit de Lexie s’y était déjà habitué. C’en était devenu presque agréable. Doux. Chantant. Il ne fallait pas être un génie pour deviner que cela provenait directement de Stark. Depuis qu’il était entré dans la pièce, il était impossible d’éviter les contacts avec l’étrange entité. Restait à découvrir d’où ça venait maintenant. Son réacteur ARK peut-être ? Hmmm, non, elle pouvait s’y connecter mais seulement par technokinésie et non par cyberpathie donc cela ne pouvait pas provenir de cela. Peut-être son portable ? Une version de Jarvis améliorée ? Elle ne savait pas trop. Timidement, elle remonta son regard vers lui, encore gênée que Ghost lui ait montré les crocs. Même s’il ne faisait que s’inquiéter pour elle, au fond.

Maintenant, cela ne lui disait pas ce qu’il faisait ici. Elle vérifia rapidement qu’elle n’avait rien oublié. Tous ses projets étaient dans les délais, elle n’avait fait aucune vague récemment et même, s’il y avait eu un problème avec son travail, ce n’était certainement pas le grand chef qui allait venir la sermonner. Elle avait des tas de supérieurs intermédiaires, alors que venait-il faire ici ? Lexie se passa une main dans ses cheveux en un geste nerveux, ne sachant plus vraiment où se mettre. « Je... Puis-je faire quelque chose pour vous Monsieur ? » Peut-être s’était-il trompé de salle ? Ou peut-être venait-il la voir elle après tout. Elle se demandait bien pour quoi mais bon, elle n’était pas dans la tête de son chef.
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MessageSujet: Re: To the Moon   Dim 4 Nov - 16:13

On causait fort, dans la gigantesque Stark Tower, même à toutes les heures, tardives ou matinales. Les corbeaux & les pies, pourtant spécialistes en piaillements, devaient jalouser les blablatages des humains. Mademoiselle Redfield était une merveilleuse mécanicienne que certain disait au même niveau que Tony. Si seulement cette information n’avait pas traversé les étages pour venir se fondre dans l’oreille du concerné. Soit, elle pouvait être intelligente et talentueuse, mais jamais Ô grand jamais elle ne lui serait supérieure. Du moins s’obstinait-il à le croire et ce, même avec une des créations de la demoiselle devant lui, lui bloquant le passage. Il fallait avouer, que dans toute cette magnificence de mécanismes bouillonnant de vie il y avait un certain génie, mais Stark pouvait très bien en faire autant, et d’ailleurs n’était-ce pas déjà ce qu’il avait fait à son génialissime Jarvis ? Intelligence artificiel crée à partir de certain trait de son caractère. Néanmoins, malgré son génie, il était tout de même intriguait par cette panthère carnassière qui sur l’instant n’avait nulle d'autre volonté dans son programme que de lui déchiquetait a petits crocs métalliques, l'un de ses bras. Il aurait fallu qu’il le voie, cet animal en superpuissance de domination, pour y prêter un quelconque intérêt. Car Tony avait déjà feuilleter le dossier de Lexie une bonne vingtaine de fois et s’en rappel plus ou moins bien, mais bizarrement, rien de tels n’avait accroché son attention dans la lecture de ce dernier. Avait-elle caché l’existence de cette machine dans son dossier ? Ou est-ce juste son laque de concentration qui lui avait fait sauter cette information capitale ? L’un ou l’autre était possible, bien que Tony, sur le moment, avouant sa faute, pencherait plus pour sa maudite lecture entre les lignes. Qu’à cela ne tienne, il avait maintenant le bestiau en face de lui et en pleine activité technologique.

Dans un tic d’éthique, Tony esquissa un fin sourire au robot, comme pour lui faire comprendre que ce n’était pas la peine de se montrer aussi agressif envers sa personne. Le big Boss eu alors l’envie de re-pénètrer l’entité, et engagea un combat spirituel cyberpathique tout en diablerie neuronale. Il avait bloqué l’accès le bougre. Fronçant légèrement les sourcils, mécontent, le PDG de sa toute divine industrie cracha un jurons avant de relever les yeux en direction de la fameuse, mais n’en déplaise délicieuse Lexie Redfield. Oh elle était mignonne sous ses boucles de feu. Adorable comme peu de de mécanicienne. Car oui Stark avait là, coincé dans sa cervelle, un bien grand nombre de clichés concernant les femmes et leurs métiers. Un mécanicienne/ingénieur, bref une demoiselle qui se frottait corps et âme a des machines huileuses était pour lui, l’image typique du bon vieux camionneur tout en graisse, autant sur ses vêtements qu’a l’intérieure. Mais cette Lexie avait tout point tout honneur à être une femme désirable. Joliette, avec son tee-shirt et son jean. Fine, docile, aux courbes câlines. C’est que Tony avait l’œil pour ce genre de chose. Bien qu’il lui était appétissante il s’en tient à son professionnalisme et munit de son presque impeccable costume accueillit la nouvelle venu à ses côtés. Avec un simple regard, ou plutôt pensée, la panthère se recula au semblant d’ordre de sa créatrice. Ses yeux rouges, brillant, menaçant, ne quittèrent cependant pas l’homme qu’il avait en visu. Ce n’était pas une machine, aussi sauvage semblait-elle être qui allait donner des sueurs froides au grand Tony Stark.

Il ignora donc la bête de métal et se focalisa uniquement sur la douce crinière enflammée de sa nouvelle interlocutrice. « Monsieur Stark ! Je... je suis désolée de l’attitude de Gh-... de ma machine. Je vous promets que cela ne se reproduira plus. » A ce moment, après qu’elle se soit timidement adressé à lui d’une petite voix presque inaudible, il sut que celle chaleur aux tics tacs d’horloge provenait a n’en pas douter d’elle. Il pouvait donc s'y connecter. Il le savait, il le sentait, au plus profond de ses nanites qui s’activaient d’une bien agréable façon. Le touché cybernétique de l’homme et de la machine était froid, glaciale même, mais Tony dans cet échange arrivait à ressentir une petite forme de vie, un peu de chaleur, un mécanisme qui pouvait être comparait à un cœur vivait dans chaque appareil électronique, dans chaque véhicule. Mais quel serait la sensation s’il venait à se connecter à un cyberpathe… ? Serait-ce douloureux ? Doux ? Ou peut-être bien indescriptible ? Il fallait qu’il essaye. S’était vraiment tentant de s’infiltrer ainsi dans la tête d’une personne aussi complexe que vous. Cette troublante chaleur avait sur lui l’effet d’un aimant. Sa curiosité le prenait de cour et bien que la panthère avait eu belle jugeote de lui apprendre à ne pas se glisser dans les plus intimes mécanismes d’une machine ou d’un humain sans son autorisation avec un roulement de boulot, Tony n’avait plus qu’une chose en tête se connecter à la demoiselle. Mais avant de se jeter comme lion sur proie, il la déshabilla du regard. L’observa avec attention dessina sur un coin de frimousse un petit sourire amusette. Son gêne, son paquet de nervosité qu’il ressentait sans même lui avoir ré-adressé la parole lui titiller la prestance. Fière et beau, il était en position de force et rien que de le savoir lui donné bien des avantages. Mais il ne s’amuserait pas avec cette souris rousse un peu trop dévoré par la timidité, Tony était venu en tant que pacifique et explorateur. Mais sachant maintenant qu’elle était devenu un tout nouveau point d’accès désireux de se faire visiter, la voiture, bien que magnifique, était passée en numéro deux. Lexie l’intriguait bien plus que le véhicule, mais chaque chose en son temps.
« Je... Puis-je faire quelque chose pour vous Monsieur ? » « Si vous saviez … »

Oh si elle savait tout ce qu’elle pouvait faire pour lui avec le simple faite qu’il puisse a n’en pas douter se connecter à elle et ainsi user de ses fonctions, autant sur le plan physique que mentale. Une aide des plus précieuses. Une nouvelle façon de communiquer, de partager des informations d’avoir une aide à distance en plus de son indispensable Jarvis. Sur ses mots qui pour la jeune femme n’avait surement aucun sens il traina les pieds jusqu’à la fameuse voiture d’une, s’il sa mémoire ne lui jouait pas des tours, certaine dénommée Avalanche Anderson. S’il l’avait déjà rencontré ? Aucun souvenir. Tony passa sa main sur la carrosserie métallisé. En petit clapotis d’ongles courts il tapota la carapace grise. Il examina brièvement, sans plus d’attention. Et quand finalement la curiosité fut trop grande, le génie s’adressa de nouveau à Lexie. « Mademoiselle Redfield… » Sans terminer sa phrase il se connecta sans vergogne a la mécanicienne. L’entrée fut brutale, un léger maux de tête lui arracha un grognement de surprise. « Puis-je ? »Soupira-t-il avec un fin sourire de sa composition, vicieux mélange d’ironie et de jeu, saupoudré d’un peu de malice. Tony fit totalement abstraction de la panthère, qui sur ce coup bas, n’hésiterait surement pas à se jeter violemment sur lui pour « protéger » sa créatrice de cette infraction. Il est plus facile de se faire pardonner que de demander pardon. Non ?
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Lexie A. Redfield
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MessageSujet: Re: To the Moon   Ven 9 Nov - 23:19

Lexie était d’un naturel très observateur. Elle devait cela à son père, après avoir appris à déchiffrer ses expressions quand il rentrait à la maison, saoul ou drogué. Apprendre à reconnaitre les signes qui disaient qu’il était trop mort pour pouvoir lever le bras assez haut, comme une loque, ou qu’il suffisamment enivré pour se débarrasser de sa ceinture et ne plus contrôler sa force, ou quand il n’avait pas assez eu d’argent pour acheter autant d’alcool qui lui en fallait pour être ivre et qu’il venait la chercher dans son lit, la nuit. Cependant, elle avait toujours craint ce qu’elle pouvait découvrir sur le visage des autres. Le monde virtuel avait toujours été synonyme de refuge. Aussi, elle avait lentement perdu l’habitude des rapports humains, tant physiques que sociaux. C’est pour cette raison que lorsqu’Anthony Stark souffla du bout de ses fines lèvres en la caressant du regard un faible « Si vous saviez... » elle ne sut pas exactement comment elle devait réagir. Braquant son regard bleu sur sa personne, elle pencha légèrement la tête sur le côté et se contenta de rester immobile.

Justement, elle ne le savait pas, et elle n’était pas sûre de pouvoir deviner. Ou peut-être était-ce ce qu’il lui demandait ? De deviner ? Elle ne voyait pas. Elle consulta mentalement l’heure. Il commençait à être tard, peut-être voulait-il qu’elle cesse de travailler. Ou peut-être était-il surpris de trouver quelqu’un encore dans le bâtiment. Elle ne savait pas. Lexie prit le risque d’étudier attentivement son visage l’espace d’un instant avant qu’il ne se détourne pour s’approcher de la voiture. Aux frontières de son esprit, Ghost était tendu, à l’affut, prêt à réagir. Il n’aimait pas qu’on tourne ainsi autour de la mécano en prétextant s’intéresser à autre chose. Ce n’était rien d’autre qu’une technique d’attaque. Son visage avait exactement la même expression qu’un tigre aurait avant de bondir sur sa proie. Ses cheveux bruns coiffés dans un n’importe quoi soigné et précisément calculé encadrait son visage dominant aux traits hypnotisant. La lumière était trop faible et il était trop loin pour qu’elle puisse discerner ses iris sombres de ses pupilles, lui donnant un regard très noir.

Sa démarche était souple et presque féline, ses longs doigts pianotant sans rythme sur la carrosserie métallique. Elle tiqua légèrement à la caresse qu’il réserva au capot de la voiture, geste qu’elle faisait instinctivement sur toutes les machines, qui se réveillaient lentement sous son toucher. Ses pouvoirs lui permettaient de se connecter à n’importe quelle machine, à les ressentir jusque dans ses tripes. En se concentrant, elle pouvait presque deviner la personnalité de chacune d’elles si elles étaient en vie, si Lexie concédait à leur accorder ne serait-ce qu’un petit fragment de son âme. Mais elle ne le faisait jamais, et les machines s’éteignaient paisiblement dès que le contact était rompu. Cette intimité avec les machines, elle n’avait jamais été capable de la partager – Ghost et Aya ne comptaient pas, ils étaient eux-mêmes des robots et ils étaient une partie entière de Lexie – et même quand elle avait tenté de mettre des mots dessus, la conversation avait fini par un silence lourd et gênant. Lexie n’avait jamais été très douée pour exprimer ses émotions, alors tenter d’expliquer quelque chose que les autres ne pouvaient pas ressentir...

Son esprit était l’une des seules choses qui restaient inviolés chez elle. Elle avait dû subir les pires sévices au cours de sa vie, et s’il lui était déjà arrivé de se briser, son âme n’avait jamais été bafouée. Même lorsque l’on avait implanté des nanites dans son corps, il n’avait fait que brider ses capacités et lui voler le contrôle de son corps. Rien n’avait jamais réussi à l’empêcher de penser. Lexie fit de son mieux pour rester immobile, laissant son chef observer vaguement la machine. Peut-être était-il là pour vérifier son avancement sur ce projet en particulier. Même si elle n’avait pas l’impression qu’il fut particulièrement concentré sur ses vérifications. Décidemment, les humains étaient des êtres bien trop compliqués pour l’ordinateur qui lui servait de cerveau. « Mademoiselle Redfield... » Elle eut à peine le temps de redresser légèrement la tête qu’une violente douleur la déchira de l’intérieur.

Lexie n’était pas du genre chochotte. Mais il y avait des limites à ne pas dépasser. Elle ne savait pas exactement comment décrire cette sensation. La chose qui s’en rapprochait le plus était un viol. Une pénétration brutale et sans préparation qui laissa son esprit en charpie. La chaleur qui avait réussi à devenir douce et agréable avait pris soudainement la même température qu’un volcan et faisait flamber son âme de l’intérieur, cautérisant sans pitié la blessure fraichement ouverte. Une lame incandescente que l’on enfoncerait dans la chair, avant de la retourner sans hésitation aucune. L’espace d’un instant, la douleur avait envahi chacun de ses sens et son esprit tout entier, bloquant jusqu’à sa capacité même de penser. Son esprit fut soumis, dominé, brisé sans scrupule, laissé totalement ouvert à la portée de n’importe qui de venir bafouer ses souvenirs, ses émotions, son intégrité mentale.

S’il rajouta quelque chose après son nom, elle ne l’entendit pas, trop occupée à chanceler et à reculer par réflexe. La violation de son esprit alla jusqu’à atteindre Ghost qui poussa un long feulement mécanique, mélange de douleur et de fureur pure. La violence que cette attaque déclencha dans l’esprit de sa créature acheva de balayer Lexie et elle ne sut pas se rattraper en basculant en arrière. Ghost avait bondi, toutes mitraillettes sorties et braquées sur l’agresseur en s’interposant pour protéger sa créatrice. Heureusement pour lui et son intégrité physique, la panthère était suffisamment sonnée et inquiète pour Lexie pour ne pas faire feu immédiatement. Il faisait peut-être le malin dans son armure, mais elle avait largement le temps de lui arracher les membres une bonne dizaine de fois avant qu’il ait eu le temps de l’appeler. La demoiselle eut le réflexe de resserrer son emprise sur l’esprit de Ghost, de la même manière que l’on serre instinctivement la main dans la sienne sous le coup de la surprise ou de la douleur.

Cela suffit à rappeler la panthère autour de l’esprit de la demoiselle et détourna son attention du PDG de Stark Industries. Il se referma mentalement autour d’elle comme un bandage solide ou une attelle. Un bandage avec des dents. Il n’y aurait pas de seconde fois, s’il faisait mine de s’approcher de trop près par cyberpathie de la mécano, Ghost allait lui réduire son esprit en charpie. Grondant d’un air menaçant, son regard ne quittait pas l’homme. Si ce dernier s’en était sorti avec un léger mal de crâne et un grondement vaguement mécontent, Lexie elle, n’était pas dans le meilleur des états. Ses oreilles bourdonnaient, elle avait porté sa main à son crâne en un réflexe stupide pour se protéger et son visage était crispé en une expression de douleur. Elle avait chancelé, mais elle était appuyée contre quelque chose à présent. Elle n’était pas en mesure de déterminer si c’était la table, Ghost, la voiture ou toute autre chose mais elle ne gisait pas par terre. Bon point. Il lui fallut un moment d’une durée indéterminée avant de pouvoir rouvrir les yeux et regarder autour d’elle. Que venait-il de se passer ? Elle sentait l’esprit de Ghost, tendu et protecteur, autour du sien, réparant comme il le pouvait les dégâts. Aya était plus douée dans ce genre de chose que lui. En revanche, lui était doué pour dépecer vivants les gêneurs.
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MessageSujet: Re: To the Moon   Mar 1 Avr - 22:46

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